Cyclisme en Limousin

Archives cyclistes du Limousin depuis le début du 20ème siècle.

Daniel Samy

Daniel Samy est né le 8 novembre 1943 à Beaune Les Mines.

1961 – Des débuts en Junior.

Le 27 août 1961 il participe à une de ses premières courses à Grammont. Cette épreuve est ouverte aux coureurs de 4ème catégorie de moins de 20 ans. Sur ce difficile circuit qui comporte 2 montées de Sauvagnat depuis le lieu-dit du Vistrat et une montée de Saint Sylvestre depuis Ambazac, Daniel Samy qui porte les couleurs du Cyclo Racing Club Limousin, obtient une honorable 11ème place.

1962 – Les premiers Top 10.

Durant la période hivernale 1961-1962, Daniel Samy participe à plusieurs cyclo cross sans parvenir à rentrer dans le Top 10. En mars 1962, toujours sous les couleurs du CRCL, il débute une seconde saison sur route et ce n’est qu’à partir du mois d’août qu’il commence à glaner quelques places dans les 10 premiers avec, notamment une 2ème place, le 7 octobre,  au 11ème Prix de Peyrilhac.

Cette seconde place encourageante le conduit à retrouver les sous bois au cours de l’hiver 1962. Le 11 novembre, il est la révélation du 1er cyclo cross de Sauviat qu’il termine en 3ème position derrière les deux spécialistes André Dufraisse et Yves Viécelli. Il confirme huit jours plus tard en obtenant le même résultat au cyclo cross de Compreignac. Continuant sur sa lancée, le 3 décembre, il obtient son premier bouquet au cyclo cross de Montmidi, quartier situé à l’ouest de Poitiers.

1964 – Les premières victoires.

Si 1963 est une saison blanche pour  Daniel Samy, en raison du service militaire qu’il a effectué à Colmar puis à Limoges,  1964 marque véritablement le début d’une carrière impressionnante.  Le 28 juin au Prix des Halles à Saint Junien, il rattrape dans l’avant dernier tour le local Alain Poingt, échappé en solitaire depuis une dizaine de tours. Il s’impose nettement au sprint.  Le 10 août, à Troche, Daniel Samy prend le départ du 9ème Prix de Troche, cher au speaker international Jean Tamain. Ils sont 71 à en découdre. Deux coureurs vont rapidement prendre la clé des champs. A l’approche de la ligne d’arrivée, ils possèdent 3′ d’avance sur leurs poursuivants. Daniel Samy s’impose devant Francis Duteil. Le 30 août à Rancon, dès le 2ème des 7 tours à accomplir, Jacques Guillot (CRCL)  et Camille Ducouret (UVL)  se portent en tête. Ils sont repris au 3ème tour par deux autres coureurs du CRCL, Daniel Samy et Georges Aymard. Les quatre hommes portent leur avance à 4′. Dans le dernier tour Daniel Samy et Jacques Guillot foncent vers la victoire laquelle revient, au sprint, à Daniel Samy. Le 5 septembre, en terre corrézienne, à Saint Cyr La Roche, sur un difficile circuit, Daniel Samy place un démarrage irrésistible auquel seul Guy Mazet (Libos) est capable de résister. Au sprint, Daniel Samy va chercher un nouveau succès. Il récidive dès le lendemain, en Charente, à Suris.

Au total, Daniel Samy va remporter une bonne quinzaine de succès durant la saison 1964. C’est ainsi qu’il s’est imposé aux Cars, à Saint Vaury, à Laurière, à Saint Sulpice Les Feuilles, à Fresselines et à Ahun. En fin de saison, il finit en beauté en remportant, à Condat sur Vienne, le traditionnel Championnat du CRCL.

1965 – La confirmation en 1 ère catégorie.

Le 14 mars 1965, à Isle, lors de la 2ème épreuve de classement du CRCL, Daniel Samy prend sa revanche sur l’enfant du pays, Roger Desport qui l’avait devancé huit jours plus tôt lors de la 1ère épreuve disputée à Cognac Le Froid. Le 28 mars, Daniel Samy prend le départ du 56ème Limoges Saint Léonard et retour. Sous un soleil printanier, une foule nombreuse s’est rendue plaine de Fargeas pour encourager les 75 participants, tous du Cyclo Racing Club Limousin. Malgré le vent violent, les coureurs atteignent Saint Léonard en un temps record qui laisse prévoir que le record de Maurice Réjasse va être battu.  Après deux tours de boulevard, sur le chemin du retour, avec le vent dans le dos, Daniel Samy prend le large. En toute puissance, il va résister au contre lancé à sa poursuite par Jacques Pradaud et Albert Peter. Avec 20 secondes d’avance, il passe la ligne en vainqueur après avoir bouclé les 44 kilomètres en 58′ 17 ». Le record que détenait Maurice Réjasse depuis sa victoire de 1957 est pulvérisé.

Daniel Samy et Jean Claude Daunat après l'arrivée de Limoges Saint Léonard et retour.

Le 20 juin 1965, Daniel Samy qui désormais est classé 1ère catégorie, fait partie de l’équipe du CRCL au départ du Championnat du Poitou des sociétés. Il a à ses côtés, Albert Peter, Hubert Parinet, Jean Claude Daunat et Jacques Pradaud. L’épreuve se déroule à Limoges avec départ et arrivée devant le stade municipal de Beaublanc. 85 kilomètres sont à parcourir en passant par Texonnieras, Le Breuil, La Barre, Les 4 Pavillons,  Saint Junien, Le Pont à la Planche, Le Chêne Pinier, Javerdat, Chamborêt, Conore, Couzeix. Les hommes du Président Puymirat ont bien préparé cette épreuve qui leur échappait depuis 1958. Le CRCL remporte le titre mais cela n’a pas été facile. Daniel Samy, Albert Peter et Jacques Pradaud ont couvert les 85 kilomètres en 2h 2′ 18″ soit à 42 de moyenne. Ces trois coureurs ont pratiquement roulé seuls durant les deux tiers du parcours. Jean Claude Daunat n’a pas pu soutenir le train imposé dès les 4 Pavillons et Hubert Parinet a subi le même sort dans le long faux plat conduisant au Chêne Pignier.

L'équipe du CRCL championne du Poitou des Sociétés.

Huit jours plus tard à Archiac, Daniel Samy remporte un 2ème titre de Champion du Poitou. Le Comité du Limousin n’existe plus depuis 1963. Rattachés au Poitou, les coureurs Limousins vont avoir une belle occasion de faire parler d’eux. Daniel Samy et Jean Claude Daunat font partie des vingt coureurs qui restent en course à l’amorce des derniers tours de circuit. Les deux limougeauds vont parvenir à creuser le trou dans les derniers kilomètres. Daniel Samy  devance au sprint Jean Claude Daunat.  C’est un magnifique doublé pour les deux coureurs de l’ex comité du Limousin.  En récompense de ses deux titres obtenus en huit jours, Daniel Samy se verra remettre la Coupe Martini offerte par le Populaire du Centre à l’issue d’une réception organisée au siège de son constructeur M Fretz Agent Peugeot, à Limoges.

Le 25 juillet 1965, Daniel Samy, et ses camarades du CRCL, Albert Peter, Jean Pierre Sénamaud, Jean Claude Daunat et Jacques Pradaud obtiennent une très honorable 6ème place au Championnat de France des Sociétés disputé à Bully Les Mines en contre la montre par équipe sur 96 kilomètres. Cette performance est d’autant plus remarquable lorsque l’on sait qu’Albert Peter a été victime d’un bris de cadre.  Daniel Samy était passé tout prêt de l’exploit lors du Championnat de France individuel disputé quatre jours plus tôt. Comme il l’explique, la chance ce jour là n’était pas de son côté : J’étais vraiment en bonne condition avec Jean Claude Daunat. L’arrivée se rapprochait et à 15 kilomètres de Bully, Labourdette d’Oléron est passé à l’attaque. J’ai sauté dans sa roue et après 5 kilomètres nous avons creusé un écart de 30 secondes. J’entrevoyais alors les choses avec sérénité mais nous étions entourés de motards qui en voulant trop bien nous protéger, nous gênaient et sur ces routes étroites, l’un deux a fait un écart. J’ai voulu l’éviter et mon guidon a accroché celui de la moto. Ce titre, je le voyais, je savourais peut être un peu trop tôt la victoire  et en quelques secondes tout s’est envolé. Je me suis retrouvé après une superbe cabriole, les bras en croix sur la route. 

Le 2 août 1965, Daniel Samy lève à nouveau les bras lors du Grand Prix de Saillat où, échappé en compagnie du Poitevin Joël Thomas, il déborde ce dernier lors d’un sprint sans appel.

Déjà vainqueur à deux reprises en cours de saison, en Auvergne à Nohanent et à Condat en Combrailles, Daniel Samy obtient un nouveau succès dans cette région qu’il affectionne, le 8 août, à Billom.  Il récidive, dès le lendemain, à Neuvic d’Ussel. Après 30 kilomètres de course, il se retrouve à l’avant en compagnie du Royanais Maurice Laforest. Malheureusement au 70ème kilomètre, ce dernier est victime d’une crevaison et Daniel Samy se retrouve seul. Alors que beaucoup pensent que tout est à refaire, Daniel Samy va repartir de plus belle et à 20 kilomètres du but il a porté son avantage à plus de 2′. Malgré une réaction des poursuivants, il conserve sur la ligne une avance de 1′ 30″.

Le 24 août, à Sardent, Daniel Samy et son compère Jean Claude Daunat s’échappe dès le 3ème tour. Personne ne les reverra avant l’arrivée. Daniel Samy s’impose avec deux longueurs d’avance. Le 3ème, Hubert Fraisseix accuse un retard de 2′ 10″.

Le 29 août, c’est dans la Vienne que Daniel va chercher un nouveau succès au Grand Prix de Cenon. Au 3ème des sept tours de circuit de 18 kilomètres, Daniel Samy s’échappe en compagnie de Claude Franchineau de Parthenay. Les deux vont unir leurs efforts et vont porter leur avance à 2′. Au cours du dernier tour, Daniel Samy profite de la côte du Fou pour décramponner son compagnon de route qui sera repris par le peloton. Il n’en sera pas de même pour Daniel Samy qui passe la ligne en solitaire avec un avantage de 1′ 30″.

Second la veille, au Palais sur Vienne, derrière Jean Claude Daunat, Daniel Samy glane un nouveau bouquet, le 5 septembre, à Guéret lors de la 2 ème Ronde des 4 Ponts. La pluie va considérablement gêner les coureurs sauf un, Daniel Samy. Ce dernier s’échappe au 30ème des 70 tours et va s’offrir une nouvelle victoire en solitaire.

Le 19 septembre, à Limoges, à l’occasion du Prix de la Cité du Mas Neuf, les deux poulains des cycles Peugeot, vont réaliser un très beau doublé. Sur un circuit sélectif avec l’ascension de la côte de l’usine du Palais et l’avenue des Coutures, Jean Claude Daunat fausse compagnie au peloton dès les premiers kilomètres. A mi course, il compte 1′ 30″ d’avance. Ce n’est que dans le final que Daniel Samy va revenir sur son coéquipier à la fois de marque et de club. Lançant le sprint de très loin, Daniel Samy signe une nouvelle victoire. Cette victoire il la voulait absolument sur ses routes d’entraînement.

M Fretz et ses deux poulains des cycles Peugeot après le doublé du Prix du Mas Neuf

A l’heure du bilan de cette saison 1965, Daniel Samy totalise une quinzaine de victoires en première catégorie. Mi octobre, une bonne nouvelle arrive chez les dépositaires des cycles Peugeot à Limoges, M et Mme Fretz. Gaston Plaud leur a annoncé que Daniel Samy va faire partie, en 1966, de l’équipe nationale amateur des Cycles Peugeot.

1966 – Les débuts chez les grands.

Début 1966, Daniel Samy renoue avec le cyclo cross en prenant le départ du Championnat du Limousin à Thouron.  Une page est tournée, André Dufraisse et Yves Viecelli, les deux grands spécialistes limousins qui ont dominé durant plusieurs saisons sont désormais à la retraite et la voie est libre pour la jeune vague pressée de les imiter. La victoire va revenir à Albert Peter  licencié maintenant à l’UC Saint Léonard. Daniel Samy, après une très belle course, échoue au pied du podium.

Daniel Samy débute la saison sur route 1966 par deux victoires aux courses de classement du CRCL.  A Isle, échappé en compagnie de Roger Demartin, il dépose ce dernier dans le final. A Condat sur Vienne,  il bat au sprint Jacques Pradaud. Ce début de saison a été marqué par la disparition brutale du Président du CRCL, Marcel Puymirat, décédé suite à un accident de la route.

Sous son nouveau statut de membre de l’équipe Peugeot, Daniel Samy va participer à plusieurs épreuves hors du Limousin. C’est ainsi qu’il participe à la classique du début de saison Paris Ezy qui voit la victoire de Claude Guyot. Il termine au 18ème rang dans le même temps que le 5ème.

Avec son club, il participe du 1er au 3 avril au 7 ème Tour du Loir et Cher. L’équipe du CRCL composée de Daniel Samy, Jacques Pradaud, Jean Pierre Sénamaud, Roger Desport, Roger Demartin, Jacques Guillot et Charles Vallet est dirigée par l’ancien coureur François Chaput. Au classement final, Jacques Pradaud occupe la 17ème place, Daniel Samy la 21ème.  Dès le lendemain, 4 avril, Daniel Samy participe avec 98 concurrents au Prix des Fours à Chaux de Montluçon. Il va prouver qu’il a de bonnes capacités de récupération. Il y a cinq tours d’un circuit difficile à effectuer avec la côte de la Quinssaines. Au cours du 3ème tour il profite de cette montée pour placer une attaque. Le Lyonnais Francis Rigon et Albert Peter réussissent  à sauter dans sa roue.  La victoire va se jouer entre eux. Daniel Samy s’impose facilement au sprint.

 

L'équipe du CRCL au départ du Tour du Loir et Cher avec Daniel Samy.

Daniel Samy enchaîne les victoires. Le 10 avril, il ajoute à son palmarès le Grand Prix de Trémolat. Echappé en solitaire durant plus de 50 kilomètres, il se fait reprendre à l’approche de l’arrivée  par un groupe de neuf coureurs. Il va tout de même trouver les ressources nécessaires pour s’imposer au sprint.  Le 16 et le 17 avril, au sein de l’équipe Peugeot, il participe  au 13ème Prix de la ville de Valence disputé en deux étapes sur les routes Dromoises et Ardéchoises. Lors de la première étape, la pluie va provoquer de nombreuses chutes dans la descente du col de l’Escrinet. En fin de parcours, malgré le col du Devet, la sélection ne s’opère pas et ce sont 47 coureurs qui se présentent au sprint. Daniel Samy se montre le plus véloce. Le lendemain, il fait partie du groupe de tête fort de 30 unités mais, dans l’ascension  du col des Limouches, il va craquer dans les dernières rampes et perdre plus de onze minutes. 24 heures plus tard, Daniel Samy a retrouvé tout son punch, lors du 34 ème Circuit Boussaquin. Il secoue  le peloton lors de la première montée sur Toulx Sainte Croix mais tout rentre dans l’ordre sur le chemin du retour vers Boussac où quinze tours sont à accomplir. Au 8ème tour, Daniel Samy et Albert Peter prennent le large. Ils sont repris par Claude Perrotin de Poitiers., Georges Sapin de Lyon et Robert Bideau de Chatellerault. Les cinq hommes quittent Boussac pour aborder la seconde montée de Toulx Sainte Croix avec 1′ 35″ d’avance sur le peloton. Albert Peter multiplie les attaques mais, à chaque fois, Claude Perrotin et Daniel Samy bouchent le trou. Au sommet de Toulx, Daniel Samy enlève la prime et les échappés qui ont perdu Robert Bideau n’ont plus qu’à foncer vers Boussac. En lançant le sprint aux 300 m Daniel Samy surprend ses compagnons et franchit la ligne avec une longueur d’avance.

 

Après avoir triomphé hors du comité du Limousin à 2 reprises à Villeneuve sur Lot où il a battu Francis Campaner et à Levroux où il s’est imposé en solitaire, Daniel Samy prend le départ du 39 ème Tour de la Corrèze le 14 mai 1966. Il a autour de lui une solide équipe du CRCL composée de Jean Claude Daunat, Jacques Pradaud, Charles Vallet, Jacques Guillot, Jean Pierre Sénamaud, Roger Desport, Roger Demartin, Daniel Gauthier, Georges Nadalie et Henri Rabaute. Les hommes du Président Perrier vont être de toutes les attaques lors de la 1 ère étape Tulle Treignac. Quatre hommes se disputent au sprint la victoire à Treignac. Daniel Samy s’impose devant son coéquipier Jean Claude Daunat, Michel Leblanc des Girondins de Bordeaux et Raffault de Joué Les Tours. Le lendemain matin, la 2 ème étape Tulle Treignac est remportée par Claude Perrotin qui réalise l’exploit de repousser le peloton à plus de 6 minutes. Daniel Samy qui termine en 6ème position perd alors  son maillot de leader. L’après midi, le contre la montre Tulle Sainte Fortunade voit une nouvelle victoire de Claude Perrotin. Daniel Samy réalise le 5ème temps ce qui lui permet d’occuper la 2ème place du classement général final.

 

Daniel Samy après sa victoire à Treignac.

Après ce début de saison tonitruant, Daniel Samy va connaître un léger passage à vide. Il ne va reprendre la compétition que le 12 juin à la Finale des Trophées Peugeot épreuve internationale de 175 km qui se dispute à Valentigney. Il va retrouver à ses côtés Jean Pierre Sénamaud et Jean Claude Daunat. Seul ce dernier va obtenir un bon résultat en prenant la 7ème place à moins d’une minute du vainqueur Jean Pierre Ducasse de l’US Créteil. Mais ce retour à la compétition aura tout de même permis à Daniel Samy de retrouver le coup de pédale comme il va le prouver, le 26 juin, à Bellegarde en Marche, à l’occasion du Championnat du Limousin organisé par le VC Aubusson sur un circuit de 10 km à parcourir 15 fois. Une côte longue de plus de 2 km avec un raidillon propice au démarrage est censée faire la sélection. Sous un ciel couvert mais avec une température idéale, 19 coureurs se présentent au départ. Dès le 2ème tour, profitant de la très rude côte du circuit, Jean Claude Daunat prend les devants. Daniel Samy attend sagement le 3ème tour pour se lancer à sa poursuite et malgré une chute, il opère rapidement la jonction. Cette double attaque a déjà fait éclater le peloton. Au 5ème tour les deux coureurs du CRCL possèdent une minute d’avance. L’écart monte à 1′ 40″ d’avance au 8ème tour. Au 10ème tour, Daniel Samy et Jean Claude Daunat mettent le turbo et l’écart grimpe à plus de 5′. Au 12ème tour, il n’y a que onze coureurs en course et certains sont déjà doublés. C’est avec plus de 9 minutes d’avance que se présentent les deux coureurs de tête pour se disputer la victoire. Daniel Samy se montre le plus véloce. Il ajoute ainsi un titre de Champion du Limousin à son palmarès, un an après celui du Poitou. Après avoir quitté ses compagnons de route dans les derniers kilomètres, Georges Nadalie complète le succès du CRCL en allant chercher la 3ème place.

Nullement marqué par ses efforts, Daniel Samy s’impose, dès le lendemain, à Aigre.

Du 9 au 11 juillet, Daniel Samy et Jean Claude Daunat participent au Tour du Béarn. Lors de la 1ère étape, à 35 km du but, Daniel Samy fait partie du groupe de tête lorsqu’il est victime d’une crevaison. Il change lui même de boyau mais ses chances de victoire se sont envolées. Pire encore, 5 km plus loin, il est victime d’une seconde crevaison. Précautionneux il a, avec lui, un 2ème boyau de rechange ce qui lui permet de faire la réparation. Le coup de grâce arrive à 5 bornes du final avec une 3ème crevaison. Il va devoir s’arrêter pour regonfler plusieurs fois avant de regagner la ligne d’arrivée. Pendant ce temps, Jean Claude Daunat  a terminé à la 9ème place. Le lendemain, Jean Claude Daunat termine 7ème de l’étape. Daniel Samy plus éprouvé prend la 19ème place. Enfin, le dernier jour, lors du contre la montre matinal, Jean Claude Daunat prend la 5ème place alors que Daniel Samy est à nouveau victime d’ennui mécanique.  Dès le départ de la dernière étape Jean Claude Daunat et Luis Ocana s’échappent. Ils vont faire un véritable festival alors qu’à l’arrière, Daniel Samy joue admirablement bien son travail d’équipier. L’avance des leaders grimpe à 7′. Jean Claude Daunat est battu au sprint par Luis Ocana mais il remporte le classement général final.

En vue de préparer le Championnat de France qui doit se dérouler le 22 juillet au Havre, Daniel Samy et Jean Claude Daunat vont participer à de nombreuses épreuves en commun. L’entente entre les deux coureurs  est parfaite. Très souvent ils réalisent des doublés  comme à Chaniers, le 14 juillet et à Lafat, le 17.  Le jour J au Havre, ils vont être parmi les principaux animateurs. Au 140ème kilomètre, Daniel Samy fait partie d’un groupe de quatre coureurs au sein duquel figure le futur vainqueur, Jean Claude Lancien.  Malheureusement, il ne peut pas suivre le rythme et il est repris par le groupe de contre à l’approche de l’arrivée. Jean Claude Daunat qui faisait partie aussi de ce groupe de contre réussit à s’extirper  dans les derniers kilomètres. Il ne peut cependant pas revenir sur la tête. Il va échouer au pied du podium. Daniel Samy  prend une honorable 12ème place.

Daniel Samy et Jean Claude Daunat fixent leurs vélos sur le toit de leur véhicule avant le départ pour Le Havre

Si Jean Claude Daunat va rejoindre le milieu pro pour les dernières courses de la saison 1966, Daniel Samy continue de cumuler les victoires sur le plan régional. C’est ainsi qu’il s’impose successivement à Lagraulière, Royat, Meisseix, Saint Laurent sur Gorre, Vayres Les Roses, à la Ronde des 4 Ponts à Guéret, à Piégut Pluviers et à Saint Mathieu.  Au total, Daniel Samy a levé les bras plus de 20 fois au cours de la saison 1966.

Daniel Samy au micro de Jean Tamain après sa victoire à Piégut Pluviers (Photo Dordogne Cyclisme)

1967 – Une dernière saison chez les amateurs.

En 1967, Daniel Samy porte les couleurs de l’Union Vélocipédique Limousine. Gaston Plaud lui a maintenu sa confiance en le conservant au sein de l’équipe Nationale Amateur Peugeot. Début février, accompagné par Yves Rault et Jean Pierre Sénamaud il quitte le Limousin pour aller se préparer sur la Côte d’Azur. Il va ainsi rouler avec les pros et notamment avec Jean Claude Daunat.

Contrairement à la saison précédente, Daniel Samy démarre sa saison en douceur. Il obtient un premier résultat significatif début mai en remportant la 4 ème étape du Tour des Combrailles et du même coup le classement général final. Suite à ce résultat, il obtient sa qualification pour participer avec l’équipe Peugeot à la 18ème Route des Vins. Jean Pierre Sénamaud est aussi du voyage. Dans cette épreuve disputée en quatre étapes autour de Narbonne, Daniel Samy va jouer le rôle de fidèle équipier. C’est ainsi qu’il va favoriser la fugue de son coéquipier, Raymond Gay lors de la 2ème étape particulièrement montagneuse. Lors de la dernière étape, le maillot jaune de Raymond Gay est menacé. Daniel Samy va prendre le taureau par les cornes pour réduire l’écart et offrir ainsi la victoire finale à celui qui, quelques semaines plus tôt, lui avait été d’un grand secours au Tour des Combrailles.

Fin mai, toujours avec l’équipe Peugeot dirigée par Gaston Plaud, Daniel Samy, Jean Pierre Sénamaud et Yves Rault participent à la Route de France qui se déroule en Corse. Daniel Samy va très bien s’y comporter. Lors de la première journée, il termine 3ème de la 2ème demi étape à Bastia. A Cateraggio, terme de la 2ème étape il prend la 7ème place. Le lendemain à Solenzara, il rentre à nouveau dans le Top 10 en prenant la 10ème place. Le 5ème jour, lors de l’étape Porto Vecchio Bonifacio longue de 165 km, Daniel Samy lève enfin les bras en devançant au sprint son compagnon d’échappé, le Niçois Chabran. En terminant 6ème de la 6ème et dernière étape, Bonifacio Propriano, Daniel Samy accède à la 3ème marche du podium final.

Rault - Sénamaud - Samy devant le magasin de M Fretz avant le départ pour la Route de France

Dès le retour en Limousin le 11 juin, Daniel Samy pose le maillot à damiers pour revêtir celui de l’UVL afin de participer au Championnat du Limousin des Sociétés. La commune de Bussière Galant va accueillir les meilleures formations du Limousin qui vont s’affronter sur deux tours de 50 kilomètres. L’UVL outre Daniel Samy compte dans ses rangs, Yves Rault,  Claude Savignat, Alain Villachou et  Jean Pierre Guitard. Comme prévu l’UVL va répondre présent. Les hommes du Président Germaneau vont dominer les débats puisque dès la fin du premier tour, avec 3 ‘ 40″ d’avance sur le CRCL, ils ont déjà le titre dans la poche. Daniel Samy, Yves Rault et Jean Pierre Guitard n’ont pas déçu leurs supporters. Claude Savignat, après un très bon travail durant les 25 premiers kilomètres, a dû laisser filer ses compagnons vers Les Places. Alain Villachou a fait de même dans le final mais tous les deux ont contribué au succès de l’équipe.

15 jours plus tard, l’UC Brive est chargée d’organiser, à Brive, le championnat du Limousin individuel. Les coureurs vont parcourir 153 km sur les routes Corréziennes. 24 coureurs se présentent sur la ligne de départ. Le temps est lourd et orageux et les coureurs vont lutter contre un fort vent de face. A l’approche de Pompadour, la première attaque sérieuse est l’oeuvre de Claude Savignat. Son escapade va prendre fin 40 km plus loin, à Allassac. Entre temps, deux des favoris ont été victimes de crevaisons, Daniel Samy et André Laroudie. La manière avec laquelle ils sont rentrés au sein du peloton a permis de constater leur excellente condition. A 40 km de l’arrivée, quatre hommes se retrouvent à l’avant, Daniel Samy et Yves Rault pour l’UVL, André Laroudie et Roger Demartin pour le CRCL. C’est à 6 km de l’arrivée que la course se joue. Yves Rault prend les devants. Daniel Samy brise le rythme en protégeant son coéquipier et dans la difficile côte de Dampniat, il dépose, avec une facilité déconcertante, ses adversaires. La victoire va se jouer entre Uvélistes. Daniel Samy laisse Yves Rault à deux longueurs et devient Champion du Limousin pour la 2ème fois consécutive.

Daniel Samy après sa victoire à Brive.

Les résultats de Daniel Samy lors de la Route de France ne sont pas passés inaperçus, Robert Oubron, le sélectionneur national, annonce la sélection de Daniel Samy au Tour de l’Avenir qui doit se dérouler du 13 au 23 juillet. Afin de peaufiner sa préparation pour cette épreuve prestigieuse, du 16 au 18 juin, Daniel Samy va participer à Paris Saint Pourçain, une épreuve disputée en 3 étapes. Il s’y comporte honorablement en terminant 4ème de la 2ème étape, Sancerre-Lormes et en prenant la 10ème place du classement général.

Le 6 juillet, Daniel Samy quitte Limoges pour rallier Paris et l’INS où il va retrouver les sept autres tricolores du Tour de l’Avenir pour une ultime préparation avant de prendre le départ, le 13 juillet à Nimes. Le 17 juillet, à Luchon, Daniel Samy obtient une honorable 15ème place après avoir épaulé ses deux leaders, Christian Robini et Cyrille Guimard. Le 20 juillet, le Tour de l’Avenir tout comme le Tour de France fait étape à Limoges. Daniel Samy en parfait équipier ne peut défendre personnellement ses chances. Globalement, les tricolores vont dominer ce 7ème Tour de l’Avenir. Le Niçois, Christian Robini va revêtir le maillot jaune à Paris alors que Cyrille Guimard endosse le maillot vert. L’équipe de France remporte également le classement par équipe. Daniel Samy va perdre des places lors de la dernière étape. Il souffre d’une tendinite. Lâché, il termine ce Tour en 37ème position en ayant toutefois apporter un grand soutien à ses leaders.

Cette tendinite va malheureusement obliger Daniel Samy à déclarer forfait pour le Championnat de France qui était pour lui un des objectifs de la saison.

Après une timide reprise au Bol d’Or des Monédières, Daniel Samy va progressivement retrouver le coup de pédale pour la dernière partie de la saison. Il va s’imposer successivement à Cressat, à Saint Laurent sur Gorre, au Prix internationnal de Lubersac, à Feniers, au Puy et à Nevers.

Tous ses brillants résultats vont lui ouvrir la porte du milieu pro. Paris Tours Amateur sera une de ses dernières épreuves sous le maillot Peugeot en tant qu’amateur. Gaston Plaud lui a fait savoir qu’il l’incorpore au sein de l’équipe Pro pour la saison 1968. Ainsi, en 3 ans, M Fretz ahent Peugeot à Limoges aura vu trois de ses poulains, avec Jean Claude Daunat, Henri Rabaute et maintenant Daniel Samy rejoindre le monde des pros.

 

1968 – Avec les pros.

Fidèle à son habitude prise 3 ans auparavant, Gaston Plaud réunit les lionceaux de Peugeot, du 7 au 20 janvier 1969, à la station de ski de Saint Gervais. Une quinzaine de champions sont conviés à ce stage de préparation et d’oxygénation. Daniel Samy y retrouve Roger Pingeon, Gerben Karstens,  Jean Claude Daunat, Désiré Letort, Ferdinand Bracke, Raymond Delisle, Henri Rabaute, André Zimmermann, Hendrick Nijdam etc… Tout ce petit monde va ensuite prendre la direction de Bar sur Loup pour les courses de début de saison sur la Côte d’Azur.

La première grande épreuve pro à laquelle va participer Daniel Samy est le 37ème Critérium National de la Route sur le circuit de Rouen Les Essarts. Outre Daniel Samy, le Limousin est représenté par trois autres coureurs pros, Raymond Poulidor, Jean Claude Daunat et Henri Rabaute. Raymond Poulidor se montre le meilleur en enlevant la première place, Jean Claude Daunat  termine à une honorable 12ème place. Henri Rabaute et Daniel Samy ne figurent pas dans les premières places. Ils n’ont pas pris le départ de cette épreuve sous les meilleures conditions. Suite à des ennuis de route alors qu’ils se rendaient ensemble à Rouen, ils ne sont arrivés que très tard dans la nuit ce qui n’était pas l’idéal pour prendre le départ à 9 h.

Gaston Plaud a prévu un programme chargé de début de saison pour Daniel Samy. Tour des Flandres, le 30 mars, puis le lendemain, Grand Prix de La Trimouille, le Tour de Belgique du 2 au 6 avril et enfin Paris Roubaix le 7 avril.

Daniel Samy est de retour en Limousin, le 14 avril, où il dispute, sous la pluie, le Critérium International de Chateauneuf La Forêt remporté par Raymond Poulidor. Daniel Samy termine en 10ème position. Le lendemain, il termine 11ème du Critérium de Saint Claud remporté par Jacques Anquetil.

Jean Stablinki - Daniel Samy - Francis Ducreux au Critérium de Saint Claud

Fin avril, Daniel Samy est l’un des principaux animateurs, avec Georges Chappe, du Grand Prix du Petit Varois La Marseillaise. Leurs multiples attaques vont provoquer la sélection au sein du peloton. 17 hommes se présentent ensemble sur la piste en cendrée d’Aubagne. Jacques Anquetil se montre le plus habile. Daniel Samy termine au 12ème rang.

Tout au long de la saison, Daniel Samy poursuit ses classes avec les Pros. Du 21 mai au 12 juin, il participe au Tour d’Italie remporté par Eddy Merckx. Il va boucler son premier grand tour au 76ème rang.

Le 28 Juillet il va retrouver ses fans au 16ème Prix de la Renaissance d’Oradour sur Glane. Sous un chaud soleil et devant un nombreux public malgré l’absence de l’enfant chéri Raymond Poulidor, cette 16ème édition est une réussite. Daniel Samy qui vient de disputer plusieurs critériums en Bretagne a l’audace de lancer la bonne échappée dès le 30ème kilomètre. Sur la fin, il va avoir du mal à rester dans la roue de Bernard Guyot et de Michel Grain mais il va conserver suffisamment de ressources pour franchir la ligne en 3ème position.

Le 6 août Daniel Samy prend le départ du 18ème Prix international d’Ussel. Comme à Oradour sur Glane, il va être l’un des principaux  animateurs. Au 11ème passage, il est en 3ème position mais l’escalade de l’avenue Léon Blum lui est fatale. Il met la flèche à 13 km de l’arrivée après être resté en tête durant plus de 60 km.

Le 15 août, Daniel Samy retrouve le chemin de la victoire en s’imposant au 40ème Prix d’Egletons une épreuve ouverte aux pros et aux amateurs.

Durant la saison hivernale, Daniel Samy va retrouver les sous bois et il démontre encore de bonnes dispositions pour cette discipline. C’est ainsi que le 11 novembre il obtient une belle 3ème place au cyclo cross de Rancon derrière Michel Pelchat et Raymond Poulidor.

 

Raymond Poulidor - Michel Pelchat - Daniel Samy après l'arrivée du cyclo cross de Rancon

1969 – Une seconde saison parmi les Pros.

Après une année d’apprentissage, Daniel Samy voit son contrat pro renouvelé pour 1969. Il retrouve au sein de l’équipe des lionceaux de Peugeot, Raymond Delisle, Roger Pingeon, Ferdinand Bracke, Gerben Karstens, Jean Claude Daunat, Henri Rabaute, Désiré Letort, Pierre Martelozzo, Christian Raymond, Georges Van Coningsloo etc… En février, Gaston Plaud fidèle à ses habitudes retrouve tous ses poulains pour un stage en altitude à Saint Gervais. Jean Pierre Guitard fait également parti des stagiaires.

Ferdinand Bracke lance Daniel Samy sur la neige.

Malheureusement cette saison 1969 va être une année blanche pour Daniel Samy. Il va cependant obtenir quelques Top 10 à l’occasion de différents critériums mais, pour le reste, ses résultats ne vont pas convaincre Gaston Plaud qui va devoir se séparer de lui à la fin de la saison 1969.

 

1970 – Le retour chez les amateurs.

Daniel Samy retrouve donc la catégorie amateur au début de l’année 1970. Son compagnon d’entraînement Yves Rault ayant signé à Saint Eloy Les Mines, Daniel Samy va le rejoindre pour entamer une deuxième carrière chez les amateurs. Sous ces nouvelles couleurs Daniel Samy va, à nouveau, participer à de nombreuses épreuves en Limousin mais il a trouvé aussi un terrain à sa convenance en Auvergne. A cette époque, les ex pros étaient reclassés hors catégorie. Ils n’étaient pas toujours les bienvenus sur les épreuves amateurs. De nombreuses courses de premières catégories n’étaient pas ouvertes aux hors catégorie. Ils ne pouvaient pas non plus disputer les championnats régionaux.

Sous son nouveau statut, Daniel Samy est contraint d’effectuer de plus longs déplacements pour prendre le départ des épreuves. Le 1er mai, il s’impose en Charente Maritime à Arthenac et deux jours plus tard en Haute Loire à Chassignolles. Le 24 mai,  Daniel Samy  obtient un nouveau succès à Egletons. Le premier week end de juillet, Daniel Samy s’impose coup sur coup à Chevanceaux en Charente Martime et à Lusigny, le lendemain dans l’Allier. Le jour de la fête nationale, Daniel Samy lève les bras à La Rochefoucauld.

Le 8 août, Daniel Samy remporte au sprint le 21 ème Prix de Lussac Les Eglises.  Avec de nouveaux succès à La Forêt Montboucher le 23 août, à Lépaud le 27 septembre et à Gannat, le 11 octobre, Daniel Samy aura glané une bonne dizaine de bouquets durant la saison 1970.

1971 – Une belle saison avec le maillot Peugeot et celui de Saint Eloy Les Mines.

Le 18 avril 1971, Daniel Samy prouve qu’il est toujours un grand coureur car il fallait être un homme en super forme pour franchir en vainqueur la ligne d’arrivée sur un circuit aussi difficile que le Prix Eco Therm à Brive. A Pompadour, au 60ème km, cinq hommes se détachent. A Uzerche, ils sont rejoints par trois autres coureurs. Parmi eux, on retrouve alors en tête, les deux coureurs de Saint Eloy Les Mines, Yves Rault et Daniel Samy. A la sortie d’Uzerche,  ils n’ont plus dans leurs roues que Claude Hue (CC Périgueux), Jean Marc Lamoure (VC Ussel), Jean Servières (UC Corrézienne) et Norbert Montlaron (Pédale Marchoise). A 15 bornes du but, dans les difficiles côtes entre Venarsal et Sainte Ferréole, Daniel Samy attaque de nouveau et seul Claude Hue parvient à le suivre. Le rythme est cependant trop élevé, le Périgourdin doit se résigner à laisser filer vers la victoire Daniel Samy qui passe la ligne d’arrivée avec plus d’une minute d’avance.

Début mai, Daniel Samy participe au Tour de Saône et Loire sous le maillot Peugeot. Il confirme son excellente condition en remportant la 3ème et 4ème étape. Dans la foulée, il enchaîne par le Tour du Gard où il termine 4ème de la première étape remportée par Alain Bernard devant Jacques Esclassan. La victoire finale va revenir à son équipier Claude Mazeaud. Au Tour des Combrailles, Daniel Samy figure au 6ème rang du classement final remporté par Marcel Boishardy. Fin mai, Daniel Samy, participe au Tour du Livradois au sein de l’équipe de Saint Eloy Les Mines. Son équipier Guy Mazet remporter la 1ère étape. Jean Pierre Guitard venu renforcer l’équipe remporte la 2ème étape. Daniel Samy achève le travail en remportant la dernière étape et le classement général.

Le 13 juillet à Guéret, en nocturne sur les 50 tours du circuit des 4 Ponts, Daniel Samy va réaliser un véritable festival. Au 13ème tour André Laroudie (CRCL) et Michel Jacquier (AC Annonay) se sauvent et augmentent rapidement leur avance. Au 18ème tour Daniel Samy sentant le danger parvient à boucher seul le trou.  Poursuivant son effort il parvient à décramponner ses compagnons de route au 23ème tour et c’est en solitaire qu’il met un tour au peloton au 30ème passage. André Laroudie et Michel Jacquier parviennent à 10 tours du final à revenir, eux aussi,  dans les roues du peloton. Daniel Samy en profite aussitôt pour ressortir à nouveau et boucler les 10 derniers tours en solitaire.

Daniel Samy au micro du speaker Desfougères.

Daniel Samy en temps qu’ex pro a la possibilité de participer aux critériums. Le 25 juillet il est l’un des principaux animateurs du 19 ème Critérium de la Renaissance d’Oradour sur Glane. Pierre Martelozzo bien connu des Limousins va dynamiter la course. Il se retrouve seul en tête dans le final. Lucien Aimar, le futur vainqueur, au prix d’un bel effort, parvient à rentrer sur le Carcassonnais. Battu au sprint par Pierre Ghisellini et Mariano Martinez, Daniel Samy termine en 5ème position sous les applaudissements d’un public record venu pour encourager leur favori Raymond Poulidor qui doit se contenter de la 16ème place.

En s’imposant le 12 septembre à Marsac et le 10 octobre à Riom es Montagne, Daniel Samy clôture la saison 1971 avec une dizaine de victoires supplémentaires. A Marsac, cinq hommes font la différence au 7ème des 11 tours de circuit : Daniel Samy, Tony Lebourg, André Laroudie, Alain De Carvalho et Michel Roudier.  Seuls Daniel Samy et Tony Lebourg vont résister au retour du peloton. Au sprint Daniel Samy s’impose facilement devant Tony Lebourg qui termine relevé.

 

1972 – Une saison en demi teinte.

En 1972, Daniel Samy éprouve le besoin de souffler après 10 ans de compétitions.  Le 21 mai, il participe avec les pros au 4ème Critérium International de La Souterraine. Il réussit à se glisser dans la bonne échappée qui prend forme au 31ème des 45 tours. 11 hommes se retrouvent à l’avant, Daniel Samy en fait partie. Le peloton accuse un retard de 2 minutes. Bernard Thevenet s’impose devant Joop Zoetemelk. Daniel Samy termine 11ème juste derrière Luis Ocana.

Le 17 juin à Aubusson lors de la 5ème nocturne du quartier Saint Jean, Daniel Samy s’échappe en compagnie du jeune Daniel Ceulemans et de Daniel Savary. A mi course les trois hommes doublent la majorité des concurrents. Daniel Ceulemans est le premier à décrocher puis ce sera le tour de Daniel Savary. 13 coureurs seulement vont terminer l’épreuve. Daniel Samy s’impose avec 1′ 10″ sur Daniel Savary.

Le 9 juillet à Reterre Daniel Samy est échappé avec Jean Chassang (Saint Pourçain) et Osmont (Moulin). Il parvient dans les derniers tours à se débarrasser de ses adversaires pour l’emporter en solitaire.

 

1973 – Une de ses plus belles saisons.

En 1973, Daniel Samy est à nouveau motivé. Il attaque la saison plein pot. Le 23 avril, deux limousins vont s’illustrer dans la Vienne au Grand Prix de Saint Savin. André Laroudie et Daniel Samy s’échappent dès le premier des 12 tours de circuit. Sous la pluie et la grêle ils vont porter leur avance à 3′ 30″ ce qui va complètement décourager leurs adversaires. A l’issue des 120 km de course, les deux hommes se disputent la victoire au sprint. Daniel Samy est le plus véloce.

Fin avril, Daniel Samy s’aligne au départ du 41 ème Circuit Boussaquin. Cette épreuve a acquis ses lettres de noblesse au fil des années. Le parcours est complet et sélectif avec sa double montée à Toulx Sainte Croix avec  la sortie de Pradeau où la route s’élève brusquement mais aussi le long faux plat entre Boussac Bourg et Boussac Gare, long de 2 km qu’il faut gravir à 15 reprises. Rien qu’en consultant la liste des vainqueurs, on se rend vite compte qu’il n’ y a pas de place pour les sans grades. Raphaël Géminiani en 1950 et 1952, Louison Bobet en 1955, Miguel Poblet en 1956, Seamus Elliott en 1957, Michel Dejouhannet en 1959, François Mahé en 1960, Daniel Samy en 1966, Yves Hézard en 1968, Jean Claude Meunier en 1970, Jacky Hélion en 1971, Alain Meunier en 1972.  La première ascension de Toulx provoque une première sélection. Les tours de circuit de Boussac permettent à Daniel Savary, à Christian Basile, à Daniel Ceulemans et à Bernard Riauté de prendre quelques longueurs d’avance. Daniel Samy ne tarde pas à rejoindre les échappés. Avec Daniel Savary il va être un des plus actifs du groupe de tête. La seconde montée sur Toulx va une nouvelle fois éclaircir la situation. Christian Basile et Daniel Ceulemans sont très vite être lachés mais de l’arrière Jean Chassang va faire un formidable retour. Au sommet de Toulx, Daniel Savary, Daniel Samy, Jean Chassang et Bernard ont semble t’il course gagnée. Le retour vers Boussac avec ses longs faux plats va être fatal à Daniel Savary trop prodigue de ses efforts. Au sprint, Daniel Samy se montre le plus rapide. Il inscrit son nom pour la 2 ème fois au palmarès du Circuit Boussaquin rejoignant ainsi Marcel Dussault et Raphaël Géminiani.

Le 26 mai, 52 coureurs s’alignent au départ du 6 ème Tour du Limousin. Parmi ceux ci figure Daniel Samy au sein de l’équipe Peugeot à laquelle il est resté toujours fidèle depuis ses débuts. Dans cette équipe on retrouve des éléments de valeur avec Daniel Ceulemans, Michel Fédrigo, Jacky Troyard et Pierre Raymond Villemiane. Dès la première demi étape, l’équipe Peugeot annonce la couleur en remportant l’étape contre la montre par équipe Limoges Chateauneuf La Forêt. Les coureurs au maillot à damiers vont au fil des étapes largement dominer les débats.

Pierre Raymond Villemiane remporte l’étape Chateauneuf La Forêt Peyrat Le Chateau, Alain Germain termine 4ème.  Sur l’étape Peyrat Le Château Brive Pierre Raymond Villemiane termine second, Michel Fedrigo 3ème et Daniel Samy 4ème. Sur l’étape Brive Tulle Daniel Samy prend la 8ème place. Pierre Raymond Villemiane remporte une seconde étape entre Tulle et Ussel, Alain Germain termine second et Daniel Samy 4ème. De Ussel à Guéret, les Peugeots sont encore présents avec Pierre Raymond Villemiane second et Michel Fedrigo 3ème. A la veille de l’arrivée à Limoges Pierre Raymond Villemiane occupe la seconde place du classement général à 1′ 6″ du leader Jean François Mainguenaud. Daniel Samy est 3ème à 2′ 32″.  L’avant dernière étape Guéret Limoges va connaître connaître un dénouement surprenant. C’est finalement Francis Dubreuil qui prend la tête du classement général alors qu’au départ à Guéret il accusait un retard de 6′ 7″.  L’équipe Peugeot qui était idéalement placée pour l’emporter a loupé le coche et à l’arrivée Daniel Samy ne décolère pas. Je ne comprends pas, le matin au départ de Guéret on était tous d’accord pour attaquer. Villemiane lui même m’a dit de partir à la poursuite des échappés et qu’il s’occupait du peloton. Malgré les efforts fournis je n’ai pas reçu d’aide. Je suis revenu à une minute du groupe de tête et mon directeur sportif n’a même pas voulu faire relever François Fordialisi. Je ne sais pas ce qu’il a pensé. Il aurait voulu m’enfoncer dans les profondeurs du classement qu’il n’aurait pas mieux fait. Sa colère est d’autant plus justifié qu’il va être victime d’une erreur de parcours dans le final qui va lui faire perdre plus de deux minutes. Daniel Samy se retrouve 8ème au classement général, place qu’il va conserver à l’issue du contre la montre final.

 

Passage à Dournazac. Daniel Samy conduit l'échappée devant Francis Duteil.
A Brive Francis Dubreuil devance au sprint les 3 Peugeots Pierre Raymond Villemiane - Michel Fédrigo - Daniel Samy

24 heures après l’arrivée du Tour du Limousin, Daniel Samy, revanchard remporte avec brio, à Limoges,  la 19ème Ronde du Vigenal.

Le 3 juin, Daniel Samy participe à la 6 ème épreuve des 10 jours du Cyclo Racing Club Limousin. Le vieux club limougeaud organise 10 épreuves en 10 jours pour fêter son 70ème anniversaire. Pris par le Tour du Limousin, Daniel Samy n’a pas pu participer aux premières épreuves qui se sont déroulées toutes à Limoges ou dans sa banlieue. C’est à Feytiat qu’a lieu cette 6ème épreuve. Jacky Hélion (VC Le Blanc) et Daniel Samy réussissent, dans le final, à distancer leurs adversaires. Le sprint va être tumultueux. Par deux fois, Jacky Hélion va se rabattre vers le trottoir pour barrer la route à Daniel Samy. Bloqué à chaque fois, Daniel Samy va  tout de même trouver assez de ressources pour déborder le Blancois sur la ligne et l’emporter avec un quart de roue d’avance.

A Feytiat, Daniel Samy se montre le plus rapide face à Jacky Hélion.

A Reterre, le 8 juillet, c’est sous l’orage que Daniel Samy va chercher un nouveau succès. Daniel Ceulemans (CSM Puteaux) s’enfuit dès les premiers kilomètres avec dans sa roue Daniel Samy. Les deux fuyards font toute la course en tête et à 20 bornes du but Daniel Samy dépose son compagnon de route pour l’emporter avec 2 minutes d’avance.

Le 14 juillet, sur les terres de son club, à Saint Eloy Les Mines Daniel Samy s’impose devant deux autres coureurs de Saint Eloy : Guy Mazet et Patrick Gavalda.

Le 18 juillet, nouvelle victoire pour Daniel Samy dans le Cantal à Glénat. La victoire se joue entre quatre échappés : Daniel Samy et Patrick Gavalda de Saint Eloy Les Mines, Michel Guiraudie de Capdenac et le coureur de Villeneuve Allizié. La pluie a accompagné les coureurs durant toute l’épreuve. Le sprint très houleux va mettre dans l’embarras les commissaires qui classent ex aequo Daniel Samy et le coureur de Villeneuve lequel pourtant n’a pas gardé sa ligne dans les derniers mètres.

Après avoir remporté, le 15 août, le Prix de Super Besse, Daniel Samy s’aligne au départ du Prix de Marcillac La Croisille le 27 août. Bernard Léna son coéquipier de Saint Eloy Les Mines lance la course en compagnie du Rennais Bernard Viel. Daniel Savary (CSM Putreaux) est le premier à rejoindre les fuyards au moment où Daniel Samy est victime d’une crevaison. Il ne va pas renoncer pour autant et au terme d’une chasse effrénée il parvient, lui aussi, à rentrer sur la tête de course. Dans le final, un second Rennais, Daniel Berthelot parvient, à son tour, à faire le jump. Les cinq hommes se présentent ensemble dans la dernière ligne droite et sous les encouragements d’un public très nombreux, Daniel Samy met tout le monde d’accord.

Le 11 septembre, le Grand Prix de Piégut Pluviers, une des plus importantes épreuves de fin de saison, a attiré le gratin du cyclisme régional auquel se sont ajoutés des coureurs de l’Ile de France, des Pyrénées, d’Auvergne, du Poitou et de l’Orléanais. Au 11ème tour, Daniel Samy s’échappe et augmente rapidement son avance. Au terme des 120 km de course, il franchit la ligne avec 2′ 30″ sur l’avant garde du peloton.

 

Daniel Samy après sa victoire de Piégut Pluviers (Photo Dordogne Cyclisme)

Le 19 septembre, 10000 spectateurs se sont déplacés pour assister la nocturne de Montluçon. Sur un circuit très sélectif qu’il faut boucler à 50 reprises, Daniel Samy s’enfuit à 12 tours du final. Il va réussir à conserver 20 secondes d’avance sur le Lyonnais Guttierez lancé à sa poursuite.

 

1974 – Jean Claude Courteix rejoint Daniel Samy à Saint Eloy.

En 1974, Daniel Samy est toujours licencié à Saint Eloy Les Mines. Il a toujours auprès de lui, un autre limousin Yves Rault et il va en voir arriver un 3ème en la personne de Jean Claude Courteix jusqu’alors licencié à l’UVL.

Le 30 mars 1974, le CRCL organise le traditionnel Limoges Saint Léonard et retour. Cette épreuve qui est restée très longtemps ouverte aux seuls coureurs du CRCL accueille désormais les coureurs des autres clubs. Les meilleurs coureurs du Sud Ouest sont au départ. C’est le signe que cette épreuve est devenue une épreuve de prestige. Gagner Limoges Saint Léonard et retour reste un objectif pour tous les coureurs qui ont sérieusement préparé la nouvelle saison. A l’aller, les attaques sont toujours aussi nombreuses.  Les lignes de primes très rapprochées provoquent accélérations et cassures. Après les deux tours de boulevard de Saint Léonard, Daniel Samy et Francis Duteil sont les premiers à s’élancer dans la longue descente à la sortie du bourg. Ces deux gros bras vont recevoir le soutien de Francis Dubreuil, d’André Laroudie, de Daniel Raymondaud, de Christian Thimonnier et du jeune espoir du CRCL, Yves Nicolas.  Malgré l’allure très rapide cinq hommes parviennent à faire le jump. A douze devant, la course semble pliée mais Christian Bordier et Alain Buffière vont réussir à ramener tout le peloton à 10 kilomètres de l’arrivée. C’est le moment que choisit Jean Claude Courteix pour placer un contre fulgurant. Couché sur son vélo, le nouveau sociétaire de l’UV Saint Eloy parvient à conserver son avance jusqu’à cinq kilomètres de la ligne. Difficile de lutter contre un peloton lancé à pleine vitesse. André Laroudie tente le tout pour le tout à deux kilomètres du but mais il est lui aussi très vite avalé par le peloton qui se présente groupé dans la ligne droite de la Plaine de Fargeas. Le sprint est de toute beauté. A 30 ans Daniel Samy inscrit pour la 2ème fois son nom au palmarès de l’épreuve.

 

Le sprint victorieux de Daniel Samy.
Daniel Samy au micro de Jean Louis Gauthier avec ses coéquipiers Yves Rault et Jean Claude Courteix après sa victoire à Limoges Saint Léonard et retour (Photo Dordogne Cyclisme)

 

Une autre épreuve incontournable du début de saison, le 25 ème Prix de Cénac Saint Julien se déroule le 8 avril. Le plateau est d’une rare qualité avec 95 engagés de valeur. C’est au 6ème des 10 tours de circuit que  se forme la première échappée sérieuse avec entre autre Daniel Samy et  Michel Fedrigo (Tonneins). Ils sont alors six en tête, suivis à 40 secondes par un groupe de contre de cinq hommes dans lequel figurent Daniel Barjolin, Jean Louis Labat, Daniel Armengaud.  La jonction s’opère à l’avant dernier passage. Daniel Samy repart de plus belle et entraîne avec lui Daniel Armengaud. La victoire se joue au sprint entre ces deux hommes. Daniel Samy l’emporte très facilement.

Le 14 avril, Daniel Samy prend le départ du Prix de Confolens. Echappé à la mi course en compagnie de Serge Besse, Guy Trainaud, Claude Denis et de son coéquipier Guy Mazet, il va porter une ultime attaque dans le dernier tour en entraînant avec lui le Périgourdin Claude Denis. Le sprint n’est qu’une formalité pour Daniel Samy qui laisse Claude Denis à plusieurs longueurs.

Le 22 avril, ils sont une centaine à s’élancer au départ du 42 ème Circuit Boussaquin. Il faut attendre le 95ème kilomètre pour assister à l’éclatement du peloton constitué alors d’une cinquantaine d’unités. Michel Grain, en grande forme, relance l’allure dans la dernière montée sur Toulx. Daniel Samy riposte immédiatement. Christian Contarin (Chateauroux), Carpy (Tours), Ramel (Romorantin) se mêlent à la fête. Jean Claude Courteix réussit lui aussi à prendre les roues. Le retour sur Boussac se fait à vive allure. Il n’y a plus de peloton mais seulement de nombreux petits groupes espacés de quelques centaines de mètres. Michel Grain parait le plus costaud  mais il est handicapé par le bris de trois rayons. Il tente le tout pour le tout en lançant le sprint de très loin. Il résiste jusqu’aux 200 mètres mais dans un dernier coude à coude, il s’avoue vaincu par un Daniel Samy qui s’offre le luxe d’ajouter un 3ème Circuit Boussaquin à son palmarès.

C’est avec un esprit de revanche que Daniel Samy prend le départ le 26 avril du 7ème Tour du Limousin. Pour l’occasion, il a de nouveau revêtu le maillot à damiers Peugeot. Michel Fedrigo, Jean Claude Courteix, Jacky Troyard, François Fordialisi, Jean Marie Valade et Guy Courtois sont à ses côtés. La présence des équipes étrangères a sérieusement réhaussé le niveau par rapport aux éditions précédentes. Lors de la 1ère étape, l’équipe Peugeot doit se contenter de la 7ème place sur le contre la montre par équipe Couzeix Bessines remportée par les Russes devant les Polonais. Malheureusement pour Daniel Samy, une bronchite va le contraindre à l’abandon lors de la 4ème étape Brive Tulle.

Le 26 mai, toute l’équipe de Saint Eloy Les Mines prend le départ des Monts du Livradois qui se déroule le week-end en trois étapes. Le samedi, lors de la première étape longue de 130 km, les deux limousins de Saint Eloy enlèvent les deux premières places. Jean Claude Courteix devance Daniel Samy. Dominique Stellmacker complète le succès de l’équipe en enlevant la 5ème place. Nouveau doublé lors de la 2ème étape contre la montre de 8 km. Jean Claude Courteix devance à nouveau Daniel Samy. Avec Guy Mazet et Dominique Stellmacker respectivement 6ème et 7ème. Le dimanche, la dernière étape longue de 120 km sourit à nouveau aux coureurs de Saint Eloy. Guy Mazet l’emporte devant Jean Claude Courteix. Au classement général final, la victoire revient à Jean Claude Courteix. Daniel Samy est sur la 2ème marche du podium. Dominique Stellmacker termine à la 4ème place.

Le 7 juin, lors de la 2ème étape du Tour du Nivernais Morvan, on retrouve à nouveau les deux compères de Saint Eloy Les Mines aux deux premières places. Au classement final Daniel Samy occupe la 3ème place et Jean Claude Courteix la 7ème.

1975 – Le duo Samy – Courteix.

1975, est l’année de la catégorie unique.  La dotation des épreuves est censée répartir les coureurs suivant leur niveau de valeur. Le 30 mars avec l’ouverture officielle de la saison à La Forêt Montboucher, Daniel Samy ne fait pas dans le détail. C’est avec plus de 4 minutes d’avance qu’il enlève l’épreuve chère aux dirigeants de la Pédale Marchoise. C’est à nouveau en solitaire qu’il récidive le lendemain à Forgevieille. Après être revenu sur l’échappée composée de Jean Michel Richefort (VC La Souterraine), André Laroudie (CRCL) et Claude Aumenier (ASPTT Guéret), Daniel Samy repart aussitôt pour creuser un écart  qui va s’accentuer au fil des tours pour atteindre 6 minutes à l’arrivée.

Le 5 avril, Daniel Samy prend le départ du 66ème Limoges Saint Léonard de Noblat et retour avec la ferme intention de renouveler son succès de 1974 et de battre à nouveau le record de l’épreuve.  C’est un peloton fort d’une quarantaine d’unités qui se présente à la flamme rouge. L’Aubussonnais Denis Priouret lance le sprint de très loin et résiste au retour de Daniel Samy. Denis Priouret qui avait terminé second en 1974 prend ainsi une très belle revanche.

 

Daniel Samy termine à 2 longueurs de Denis Priouret

Le 1er juin, à Montpon, le Bergeracois Christian Jourdan caracole en tête durant les trois quarts de l’épreuve.  Dans le final, le coureur de Tonneins Baldy contre attaque violemment  mais Daniel Samy saute dans sa roue. Les deux hommes se disputent la victoire au sprint. Daniel Samy ne laisse aucune chance à son compagnon de fugue.

Le 14 juin, Jean Claude Courteix et Daniel Samy dominent tous leurs rivaux à la Ronde des Coutures à Limoges. Ils se sont enfuit du peloton au 25ème des cinquante tours et malgré une réaction d’André Laroudie, ils ne seront plus inquiétés. Jean Claude Courteix devance au sprint son mentor Daniel Samy. Le lendemain de cette nocturne,  aux Quatre Route de Mériguet, Daniel Samy a totalement récupéré de ses efforts de la veille. Sur les 30 tours tours de circuit 50 coureurs vont se disputer la victoire. Après un round d’observation après le premier quart de la course, Jean Pierre Sénamaud et Christian Pierrillas prennent le large jusqu’au 12ème passage. Ils sont rejoints par Daniel Samy, Philippe Barraud et Gérard Malinvaud. Au 19ème tour, Claude Aumenier et Jean Pierre Debord parviennent à faire le jump. Christian Pierrillas ayant été éliminé sur ennui mécanique, les cinq hommes de tête se disputent la victoire au sprint et une nouvelle fois Daniel Samy est le plus rapide.

Le 28 juin, la 3ème Nocturne de Panazol qui se déroule dans le cadre de la frairie des Massottes va connaître un grand succès populaire et sportif. Les nombreuses primes vont secouer le peloton sur les 50 tours du circuit. Dès le départ, André Laroudie, Daniel Raymondaud, Jean François Rebeyrat et Daniel Savary imposent un rythme soutenu. Bien avant la mi-course la moitié des concurrents a regagné les vestiaires. Après trois quarts d’heure de course, Lucien Sautier et André Laroudie lancent la bonne échappée. Daniel Samy et Jean Claude Courteix sentant le danger vont très vite réagir en entraînant avec eux Alain Simon. Les cinq hommes regroupés vont augmenter régulièrement leur avance et finir par doubler tous les autres rescapés. Décroché dans le final, Alain Simon ne participe pas au sprint lequel une nouvelle fois est remporté par Daniel Samy.

Daniel Samy vainqueur de la 3 ème nocturne de Panazol

Malgré un nombre restreint d’engagés, un nombreux public s’est déplacé à Cussac, le 2 août pour assister à la nocturne organisée par le Comité des Fêtes et le CRCL. La côte du bourg à gravir à 50 reprises va faire terriblement mal aux jambes. Tour à tour, Daniel Samy, André Laroudie, Jean Claude Senelle et Jacky Troyard se portent au commandement. Dans les derniers tours, Jacky Troyard, André Laroudie et Daniel Samy vont unir leurs efforts pour se mettre hors de portée du peloton. Daniel Samy ne va pas attendre le sprint et c’est en solitaire qu’il passe la ligne d’arrivée avec 50″ sur Jacky Troyard et André Laroudie.

1976 –  Daniel Samy toujours aussi performant.

En 1976, après une année de test avec la catégorie unique, la FFC recrée deux catégories de coureurs les A et les B.  Daniel Samy est naturellement classé en catégorie A. Il porte toujours avec Jean Claude Courteix les couleurs de l’UV Saint Eloy Les Mines.

Fin avril, il ajoute à son palmarès le Prix de Bussière Galant.  Echappé en compagnie d’André Laroudie ces deux hommes ont dominé la course de bout en bout malgré la présence au départ des coureurs chevronnés que sont Francis Duteil et Christian Bordier.

Le 2 mai, les auvergnats d’adoption Jean Claude Courteix et Daniel Samy réalisent le doublé à Saint Eloy Les Mines. Huit jours plus tard ils sont de retour sur les routes limousines pour participer à la 1 ère épreuve des Boucles de la Haute Vienne organisée par l’UVL à l’occasion de son centenaire. L’épreuve se dispute en ligne sur 140 km avec départ et arrivée à Limoges et la célèbre montée du Bois des Echelles  en venant de Bersac. L’ex pro Jean Pierre Parenteau va dominer l’épreuve. Daniel Samy est le premier attaquant à la sortie de Vayrac. Rejoint par Michel Dupuytren et Jean Michel Richefort, le trio est repris à la sortie de Saint Jouvent. A la sortie de Peyrilhac André Laroudie, Jacques Ballot et Jean Pierre Parenteau prennent les devants. L’ascension du Bois des Echelles livre son verdict. Au sommet Jean Pierre Parenteau passe avec une minute d’avance sur André Laroudie, deux minutes sur Francis Duteil et Alain De Carvalho, trois minutes sur Michel Dupuytren, Daniel Ceulemans, Christian Thimonnier, Daniel Raymondaud, Jean Claude Courteix et Daniel Samy. A Limoges Jean Pierre Parenteau conserve 1′ 35″ d’avance sur Daniel Ceulemans et près de 2 minutes sur le reste des poursuivants. Daniel Samy termine à la 6ème place.

Le 15 mai, lors de la 2 ème épreuve qui se déroule à Aixe sur Vienne, les Auvergnats vont prendre une éclatante revanche. Daniel Samy avant le départ s’était confié à la presse : Jean Pierre Parenteau nous a mené la vie dure durant la première journée. Il est costaud, il l’a prouvé encore dimanche et lundi dernier mais aujourd’hui nous allons l’emporter. Nous devrions arriver à le surprendre, il ne pourra pas courir après tous les coups. La suite va lui donner raison. Dans la montée vers Séreilhac, Claude Denis et Bernard Viroulaud faussent compagnie au peloton. A Chéronnac (72 ème km) ils sont repris par Jean Claude Courteix, Jean Michel Richefort, Jacky Troyard et Fernand Farges. Au 100ème km tout rentre dans l’ordre mais Jean Claude Courteix continue le travail de sape en s’enfuyant à nouveau avec Fernand Farges et Jacky Troyard. A Cognac Le Froid, Daniel Samy flanqué de Gérard Pradin parvient à revenir sur la tête de course. Les cinq hommes se présentent ensemble sur la ligne d’arrivée et les deux coureurs de Saint Eloy Les Mines réalisent un magnifique doublé. Au classement général si Jean Pierre Parenteau conserve sa place de leader, Daniel Samy et Jean Claude Courteix sont en embuscade en 2ème et 3ème position. Daniel Raymondaud occupe le 4ème rang.

 

Daniel Samy et Jean Claude Courteix auteur d'un beau doublé à Aixe sur Vienne

Le 22 mai, à Condat sur Vienne, en l’absence de Jean Pierre Parenteau, la presse écrit : Daniel Samy devra se méfier de Daniel Raymondaud lors de la 3ème étape des Boucles de la Haute Vienne. Si votre serviteur en est très honoré, il n’en est pas moins conscient que ce pronostic est quelque peu présomptueux. C’est André Laroudie qui va lancer la bonne échappée à la sortie de Flavignac. Il entraîne avec lui Alain De Carvalho, Claude Denis, Jean Claude Courteix, Fernand Farges et Christian Thimonnier. A Bussière Galant, le Clermontois André Chirat, Daniel Samy, Michel Dupuytren et Daniel Ceulemans se joignent au groupe de tête, derrière c’est la débandade. A Nexon, la course semble jouée. A Magnac Bourg un passage à niveau fermé va provoquer la neutralisation de l’épreuve mais il n’y aura pas d’incidence sur le résultat. A Saint Hilaire Bonneval (110ème km) Daniel Ceulemans et Jean Claude Courteix relancent à nouveau la course. Ils ne seront plus revus. Daniel Ceulemans remporte l’épreuve devant Jean Claude Courteix qui prend la tête du classement général. Daniel Samy termine en 4ème position. Les deux auvergnats occupent les deux premières places du classement général. Christian Thimonnier est 3ème à 5′ et Daniel Raymondaud 4ème à 9′.

Jean Claude Courteix et Daniel Ceulemans en route pour la victoire à Condat sur Vienne.

Le 29 mai, c’est à Limoges que se déroule la 4 ème étape de ces premières Boucles de La Haute Vienne. Un long périple par Le Pont du Dognon, Bujaleuf, Eymoutiers attends les coureurs. Tout va se jouer dans la longue montée d’Eymoutiers en direction de Sussac. Daniel Ceulemans porte une violente attaque. André Laroudie, Daniel Samy, Christian Thimonnier, Michel Dupuytren et Marc Durant parviennent à prendre sa roue. Jean Claude Courteix  connait un coup de moins bien et il doit laisser filer les six échappés au grand dam de son mentor Daniel Samy qui se trouve coincé à l’avant comme il le dira à l’arrivée : Je ne voulais pas rouler. Jean Claude est plus jeune, il aurait mérité cette victoire. Je n’ai pas compris, il paraissait bien et lorsque nous nous sommes retrouvés à 6 à l’avant, j’ai pensé qu’il reviendrait. Christian Thimonnier était avec nous, il était encore dangereux pour le classement général. Je ne pouvais pas le laisser partir. Daniel Samy va donc assurer le travail et lorsque Michel Dupuytren va démarrer à 11 km de l’arrivée, Daniel Samy est le seul à prendre sa roue. Michel Dupuytren s’impose au sprint devant Daniel Samy qui remporte cette 1 ère édition des Boucles de la Haute Vienne devant son co équipier Jean Claude Courteix.

Daniel Samy vainqueur final des Boucles de la Haute Vienne. Michel Dupuytren vainqueur de la dernière étape. Jean Claude Savary meilleur jeune.

Dans la 2 ème partie de la saison, Daniel Samy en s’imposant à Château Garnier le 20 juin et au Lardin le 9 août ajoute deux nouveaux succès à son palmarès.

 

1977 – Une dernière saison à Saint Eloy Les Mines.

1977 sera la dernière saison sous les couleurs auvergnates pour Daniel Samy.  Le 22 mai, à Saint Martial de Valette Daniel Samy saute dans la roue de Daniel Savary qui attaque dès le 1er des 13 tours de circuit. Conjuguant parfaitement leurs efforts les deux hommes creusent rapidement les écarts. Daniel Samy termine en solitaire avec 45″ d’avance sur Daniel Savary et 5′ sur Francis Duteil porteur du maillot de Champion de France.

Le 16 juillet à Ussel, ils sont 36 à en découdre. Daniel Samy va faire partie d’un groupe de quatre coureurs qui va  mener la course durant les 30 premiers tours de circuit. Le peloton va réagir et tout est à refaire dans le final. A l’approche de l’arrivée Daniel Samy fausse à nouveau compagnie au peloton Fernand Farges et Marc Durant parviennent à filer le train de l’Auvergnat d’adoption. Le plus rapide au sprint est une nouvelle fois Daniel Samy.

Le 6 août, à Cussac, on retrouve le duo Samy-Courteix. Sur les 17 tours d’un circuit de 6 km, il faut attendre la mi-course pour voir se développer la bonne échappée avec Daniel Savary, Daniel Samy et Jean Claude Courteix. Malgré une tentative d’Yves Nicolas, le trio de tête ne sera jamais repris. Dans les derniers kilomètres, Daniel Samy va chercher un nouveau succès. Avec Jean Claude Courteix qui prend la seconde place c’est encore un magnifique doublé pour les coureurs Auvergnats.

 

1978 – Retour en Limousin et dernière saison au haut niveau.

1978 est la dernière saison au haut niveau pour Daniel Samy qui désormais va porter les couleurs de l’AC Limoges Bussière Poitevine après huit saisons en terre auvergnate. Au sein de l’ACLBP, Daniel Samy va avoir pour partenaire Jean Claude Courteix, Michel Dupuytren Yves Nicolas et Frédéric Brun.  Il retrouve une seconde jeunesse avec cette équipe en participant en début de saison à des épreuves de haut niveau comme le Circuit de la Vallée Noire et le Tour du Lot et Garonne où il va contribuer au succès de son nouvel équipier Yves Nicolas.

L’équipe de l’ACLBP va d’ailleurs être omniprésente tout au long de la saison. C’est ainsi que le 15 mai à Saint Yrieix La Perche, on retrouve quatre coureurs de l’ACLBP aux quatre premières places du célèbre Prix de la Place de la Nation. Dans l’ordre, Michel Dupuytren, Frédéric Brun, Daniel Samy et Yves Nicolas ont laissé leurs suivants immédiats à 2′ 45″.

 

 

Michel Dupuytren après sa victoire à Saint Yrieix La Perche en compagnie de Daniel Savary, Frédéric Brun et Daniel Samy.

Courant mai, l’ACLBP va dominer la 2 ème édition des Boucles de la Haute Vienne. Deux victoires d’étapes pour Yves Nicolas à Roussac et à Eymoutiers, une pour Frédéric Brun à Château Chervix et pour couronner le tout un très beau doublé au classement général final avec Yves Nicolas premier et Daniel Samy second.

Le 3 juin, les premières Boucles du Bandiat vont permettre à Daniel Samy d’être récompensé de ses efforts du début de saison. Les 45 concurrents ne vont pas lésiner sur les 135 km du parcours sur les routes sinueuses et vallonnées du Nontronnais et ceci malgré une chaleur orageuse. Dans la traversée de Varaignes, au 80ème kilomètre, onze coureurs se retrouvent en tête et parmi ceux ceux ci figurent les deux coureurs de l’ACLBP, Michel Dupuytren et Daniel Samy. A Saint Martial de Valette, à 20 kilomètres de l’arrivée, le groupe de tête explose. Daniel Samy, Michel Dupuytren, le champion d’Aquitaine Francis Lopez et le jeune charentais Michel Larpe déposent leurs adversaires et se dirigent à toutes pédales vers la ligne d’arrivée. Le sprint final jugé au sommet du boulevard Anatole France à Nontron permet à Daniel Samy de s’imposer devant son coéquipier Michel Dupuytren.

 

1979 – Daniel Samy Cyclo Sportif.

En 1979, Daniel Samy continue de prendre le départ des compétitions mais il ne participe plus qu’à des épreuves réservées aux cyclo sportifs ce qui lui permet de s’imposer le 15 août au Buis et l’année suivante, sous les couleurs de l’UC Saint Léonard,  à Chaumeil lors Critérium Régional des Cyclo Sportifs.

Fin 1981, il repend une première fois le vélo au clou mais en 1987 on le retrouve dans les pelotons aux côtés de son fils alors licencié en juniors. Il participe ainsi à plusieurs courses en 3 et 4 jusqu’en 1989.

 

Daniel Samy aura marqué son époque. Venu tardivement au cyclisme puisqu’il n’a débuté qu’en junior, après des débuts modestes, il a très rapidement gravi tous les échelons. Son passage chez les Pros n’a pas été à la hauteur de ses espérances. Il faut dans ce milieu avoir, certes des capacités mais il faut aussi avoir une part de chance et une santé exceptionnelle. Après ce semi échec, beaucoup à sa place auraient pendu définitivement le vélo. Daniel Samy a fait tout le contraire et il s’est ainsi construit un palmarès qui le fait entrer dans le groupe des tous meilleurs coureurs  Limousins. Au cours de sa carrière, il a toujours su s’entourer de bons compagnons de route.  Jean Claude Daunat, Yves Rault et Jean Claude Courteix ont tour à tour constitué, avec lui,  des duos redoutables, ce n’est pas le fait du hasard c’est le signe d’un très bon esprit de camaraderie.

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