Cyclisme en Limousin

Archives cyclistes du Limousin depuis le début du 20ème siècle.

Luc LEBLANC

Luc LEBLANC

Luc Leblanc est né le 4 août 1966, à Limoges.

Ses clubs amateurs :

Luc Leblanc a débuté sa carrière en 1980, dans la catégorie des minimes,  sous le maillot de l’Union Vélocipédique Limousine.  Il va porter ce maillot jusqu’en 1985.

En 1986, il signe sa licence au Cyclo Racing Club Limousin.

Son parcours professionnel :

En 1987 et en 1988 Luc Leblanc porte le maillot de l’équipe Toshiba Look dirigée, en 1987, par Paul Koechli et Maurice Le Guilloux. En 1988, l’équipe est dirigée par Yves Hézard et Maurice Le Guilloux.

Durant cette période, Luc Leblanc a comme équipiers : Vincent Barteau, Charly Bérard, Jean François Bernard, Philippe Chevalier, Pascal Dubois, Dominique Gaigne, Dominique Garde, Jean Claude Garde, Frédéric Garnier, Christian Jourdan, Jean Claude Leclercq, Philippe Leleu, Kim Andersen, Steve Bauer, Othmar Haefliger, Heinz Imboden, Andréas Kappes, Roy Knickman, Janus Kuum, Johan Lammerts, Greg Lemond, Pascal Richard, Niki Ruttiman, Guido Winterberg, Dominique Arnould, Laurent Biondi, Martial Gayant, Patrick Gay, Marc Madiot, Yvon Madiot, Pascal Poisson, Fabrice Philipot, Pierangelo Bincoletto, Bjarn Riis.

En 1989, Luc Leblanc rejoint l’équipe Histor Sigma dirigée conjointement par Willy Teirlinck, Frans Van Looy et Rudy Pevenage.

Il a alors pour équipiers : Armando Ceci, Robert Dhondt, Herman Frison, Paul Haaghedooren, Jean Pierre Heynderickx, Roger Illegems, Marc Mertens, Yvan Messelis, André Meeuwissen,  Jan Nevens, Rudy Patry, Wilfried Peeters, Marc Seynaeve, Serge Seynaeve, Luc Roosen, Willem Wijnant, Rik Van Slijcke, Philippe Chevallier, Dominique Gaigne, Rob Harmeling, Soren Lilholt, Frank Pirard, Brian Holm Sorensen, Didier Virvaleix, Etienne De Wilde.

De 1990 à 1993 Luc Leblanc porte le maillot de l’équipe Castorama dirigée conjointement par Cyrille Guimard, Bernard Quilfen, Jacques Cadiou  et Pascal Dubois.

Durant ces quatre années, il a pour partenaires, Dominique Arnould, Vincent Barteau, Yves Bonnamour, Pascal Dubois, Jacky Durand, Laurent Fignon, Dominique Garde,  Christophe Lavaine, Yvon Ledanois, Thierry Marie, Frédéric Moncassin, Fabrice Philipot, Eric Pichon, Jean Philippe Rouxel, Gérard Rué, Pascal Simon, Bjarne Riis, Jean Claude Bagot, Jean Cyril Robin, François Simon, Didier Thueux, Frédéric Vichot, Thierry Bourguignon, Philippe Bouvatier, Laurent Brochard, Thomas Davy, Roland Leclerc, Laurent Madouas, Hans Kindberg, Gilles Delion, Laurent Desbiens, Emmanuel Magnein, Danté Rezze, Bruno Thibout, Heinrich Trumheller.

En 1994, Luc Leblanc porte les couleurs de l’équipe Festina Lotus dirigée par Bruno Roussel.

Durant cette saison, il a comme équipiers : Jean Claude Bagot, Arunas Cepele, Carlo Finco, Stéphane Goubert, Pascal Hervé, Stephen Hodge, Jans Koerts, Roberto Lezaun, Pascal Lino, Harald Maier, Xavier Perez, Fernando Pinero, Francisque Teyssier, Roberto Torres, Jean Paul Van Poppel, Michel Vermotte, Richard Virenque.

En 1995, Luc Leblanc endosse le maillot de l’équipe du Groupement dirigée par Patrick Valcke et Vincent Lacressonnière

Il a comme équipiers : Ronan Pensec, Jean Paul Van Poppel, Pascal Lino, Robert Millar, Marcel Wust, Dominique Arnould, Stéphane Hennebert, Michel Vermotte, Thierry Bourguignon, Oleg Kozlitine, Philippe Bouvatier, Hervé Garel, Jérôme Chiotti, Dominique Bozzi, Laurent Davion,  David Derique, Frédéric Guesdon, Emmanuel Hubert, Anthony Rokia.

De 1996 à 1998, Luc Leblanc porte les couleurs de l’équipe Italienne Polti dirigée par Vittorio Algeri  et Gianluigi Stanga.

Durant ces trois années, il a pour équipiers : Mauro Gianetti, Davide Rebellin, Giovani Lombardi, Serguei Outchakov, Georg Totschnig, Giuseppe Guerini, Gianluca Pianegonda, Rossano BrasiGerrit De Vries, Simone Rebellin, Inigo Chaureau Bernandez, Mirco Gualdi, Mirco Crepaldi, Dirk Baldinger, Daisuke Imanaka, Frédéric Guesdon, Mirko Celestino, Ivan Quaranta, Axel Merckx, Jorg Jaksche, Enrico Cassani, Gian Luca Valoti, Fabio Sacchi, Cristiano Colleoni,  Daniel Atienza Urendez, Romains Vainsteins, Paolo Ferronato, Fabrizio Guidi, Silvio Martinello, Cristian Salvato, Leonardo Guidi, Mauro Zinetti.

 

1980 – Une première saison dans la catégorie des minimes.

Luc Leblanc effectue ses premiers tours de roues, en compétition, en 1980, dans la catégorie des minimes. Il obtient quelques top 10 et il se montre le meilleur, le 5 octobre, à Saint Symphorien, où il remporte, dans sa catégorie, le championnat de son club, l’Union Vélocipédique Limousine.

Luc Leblanc à 14 ans avec son club l'Union Vélocipédique Limousine. (2ème accroupi en partant de la gauche).

1981 – 1982 – Les premiers succès en cadets.

Pour sa première saison dans la catégorie des cadets, Luc Leblanc, privilégiant ses études, n’obtient de bons résultats qu’à partir du mois de juin. Il remporte cependant la course de classement  organisée par son club, le 29 mars, à Banèche, près de Peyrilhac où il devance Wilfried Thurette et Fabrice Faure.

L’année suivante, il s’impose à plusieurs reprises.

Le 11 avril, il évolue sur ses terres à Nieul. Echappé au 3ème tour, il passe la ligne d’arrivée avec 2′ 35″ d’avance sur son camarade de club, Stéphane Petit qui devance, au sprint, le coureur de l’AC Rilhac Rancon, Bruno Rousseau.

Huit jours plus tard, à Nantiat, il remporte, en solitaire, le 10ème prix des Espoirs. Parti dès le 2ème des huit tours de circuit, au sommet de la côte Fregeaigue, il profite du sprint du classement du meilleur grimpeur pour prendre les devants. Protégé par ses équipiers de l’Union Vélocipédique Limousine,  il va creuser régulièrement les écarts, pour finalement l’emporter avec 4′ 02″ d’avance sur son camarade de club, Philippe Chaloppin.

Le 9 mai, à Naillat, Luc Leblanc doit se contenter de la 12ème place au Championnat du Limousin Cadets que remporte Bruno Rousseau.

Le 16 mai, Luc Leblanc s’impose à Blanzac. Il s’échappe au 3ème tour entraînant avec lui le coureur du Blanc, Emmanuel Maurousset. Les deux hommes s’entendent bien et portent leur avance rapidement à une minute. Dans le final, le local, Pierre Jany, du CS Bellac tente un rapproché mais il va échouer pour 25 secondes. Au sprint, Luc Leblanc laisse Emmanuel Maurousset à deux longueurs.

Le 8 août, à Villevarlanges, il devance ces deux camarades de club, Hervé Barraud et Fabrice Faure.

Le 22 août, à Bosmoreau Les Mines, il remporte une nouvelle victoire, en solitaire, en devançant le coureur de l’AC Bourganeuf, Didier Savidan, de 1′ 40″.

1983 – Première année avec les juniors.

En 1983, pour sa première année de junior, Luc Leblanc continue de privilégier ses études mais les succès reviennent dès l’été.

Le 3 juillet, à Saint Sulpice Laurière, il remporte, en solitaire le Prix Galataud, une course réservée aux coureurs de 3ème catégorie.

Le 31 juillet, à Rilhac Treignac, il s’impose devant Philippe Morin de Naintré et Bernard Tavernier du VC Pontcarré.

Le 14 août, à Troche, Luc Leblanc devance Michel Deshoulières,  de Confolens et Denis Renaudie, de Mantes La Ville.

Le 25 septembre, il se présente au départ du 2ème Prix Marc Latié qui se dispute, tout près de chez lui, à Saint Jouvent.  L’épreuve compte douze tours de sept kilomètres. Dès le 3ème tour, Luc Leblanc s’échappe.  Il porte son avance à près de 2 minutes mais, il va faiblir sur la fin pour franchir la ligne d’arrivée avec seulement 15 secondes d’avance sur le Briviste, Jean Claude Dintras.

1984 – Deuxième année  avec les juniors et les premiers tests au niveau national.

Le 27 mai, l’AC Bourganeuf organise, à Masbaraud Mérignat, le Championnat du Limousin Juniors.  Un contre la montre matinal et une épreuve en ligne, l’après midi, attendent les 63 coureurs engagés. Le Briviste, Pascal Peyramaure, en couvrant les 12 kilomètres en 17′ 30″ réalise le meilleur chrono. Il devance de 27 secondes Luc Leblanc et de 59 secondes Christian Gissler de Gouzon. L’après midi, une échappée lancée par Laurent Champeil , de l’UC Brive, et Hervé Barraud, de l’Union Vélocipédique Limousine, va semer le doute dans la tête des leaders puisque les fuyards vont porter leur avance à 2′ 50″.  A la mi-course le peloton commence, toutefois, sa remontée et tout est à refaire à l’amorce de l’avant dernier tour.  Le peloton va alors rester groupé et c’est, au sprint, que le coureur du Cyclo Racing Club Limousin, Philippe Babule, s’impose devant Frédéric Lacelle, du VC La Souterraine et Didier Boursaut, de l’ASPTT Guéret.  Les trois leaders du matin se trouvant au sein du peloton, on les retrouve, tous les trois, sur les trois marches du podium. Pascal Peyramaure remporte le titre. Luc Leblanc termine second et Christian Gissler troisième.

Le 3 juin, Luc Leblanc s’impose à Tersannes. Sur cette épreuve réservée aux juniors, Christophe Cherbeix passe en tête dès le premier passage mais, il est contré par le Périgourdin, Didier Virvaleix et par les deux Uvélistes, Michel Concaud et Luc Leblanc. Ce trio se dispute la gagne au sprint. Luc Leblanc se montre le meilleur.

Le 10 juin, Luc Leblanc récidive à Salagnac. Dès le premier des 16 tours de circuit, il se porte en tête. Il faut attendre la mi-course pour voir Bernard Campos, Dominique Desforges et Didier Boursaut rejoindre le fuyard. A deux tours de l’arrivée, dans la côte du pont, Luc Leblanc démarre, à nouveau, et avec beaucoup d’aisance, il file vers l’arrivée sans être inquiété.  Sur la ligne, il précède de 1′ 10″ le Gouzonnais, Bernard Campos.

Le 16 juin, Luc Leblanc se rend à Marmande pour disputer le Championnat de France des Juniors. Pascal Peyramaure l’accompagne. Luc Leblanc se classe 8ème du chrono de 10 kilomètres couru sous la canicule, à 28 secondes du Picard, Didier Thueux. Le dimanche, sur l’épreuve en ligne de 120 kilomètres, il va manquer la bonne échappée de 15 coureurs.  Il termine légèrement attardé après une chute intervenue dans l’emballage final. Au général, il occupe la 52ème place, à 3′ 10″ du vainqueur,  le Nordiste, William Pérard.

Championnat de France Juniors Marmande 1984 - Luc Leblanc conduit le peloton

Le 24 juin, Luc Leblanc se montre le plus fort à Saint Setier. Echappé en compagnie de Marc Chazette, de Jean Jacques Bouchet, et de Bernard Gaillard, dès le 2ème tour, Luc Leblanc démarre sèchement, à la mi-course, et l’emporte avec un demi tour d’avance.

Le 1er juillet, sur les 12 tours de circuit de 8 kilomètres, à Saint Auvent, Luc Leblanc s’échappe dès le premier tour en entraînant avec lui un groupe de coureurs qui va se réduire, au fil des tours, dans la montée de la côte des Terrasses. A mi-course, il n’est plus que seul en tête. Poursuivant son effort, il passe la ligne d’arrivée avec 43 secondes d’avance sur son camarade de club Alain Riffaud.

Début juillet, Luc Leblanc apprend qu’il est retenu pour participer à un stage, du 14 au 20 juillet, à Mur de Bretagne, afin de préparer les championnats du monde Juniors qui doivent se dérouler, en Normandie, du 12 au 19 août.  Pascal Peyramaure  l’accompagnera.

Pascal Peyramaure et Luc Leblanc en partance pour un stage national juniors en vue du Championnat de Monde.

Luc Leblanc et Pascal Peyramaure effectuent un deuxième stage de sélection, du 28 juillet au 5 août, à Saint Aven.

Lors de ce second stage, en remportant, le 4 août, à Plouguernevel,  le Prix Tri Horn, Luc Leblanc obtient sa sélection pour le championnat du monde. Sur cette épreuve qui regroupait 65 coureurs toutes catégories, il s’impose après une échappée solitaire de 30 kilomètres. Il précède de 1′ 30″ Loic Le Flohic de Vannes.

Le 20 août, à Beuvron sur Auge, la chaleur va jouer son rôle  sur le championnat du Monde.Juniors. Les coureurs Soviétiques et les Allemands de l’Est, qui sont les grands favoris, vont en être victimes.  Côté Français, Luc Leblanc et Pascal Peyramaure sont au départ. Si Pascal Peyramaure abandonne, Luc Leblanc parvient à se glisser dans la bonne échappée qui a pris forme, à 40 kilomètres du but. Pas avare de ses efforts, il va payer la note dans le final en ne pouvant pas répondre à l’attaque du Hollandais Tom Cordes qui termine en solitaire avec 1′ 30″ d’avance. Luc Leblanc prend, tout de même, une très belle 11ème place à 3 minutes du vainqueur.  Le CTR du Comité du Limousin, Claude Louis analyse la course de Luc : Luc a commis les mêmes erreurs qu’au championnat de France. Alors que, visiblement, il était l’un des plus costauds de la course. Il a été trop prodigue de ses efforts au sein du groupe de tête. Alors que Luc se défonçait, le futur vainqueur le Hollandais, Tom Cordes,  en gardait sous la pédale et, dans la bosse, il a planté tout le monde.

Le 28 août, Luc Leblanc exerce son talent aux Billanges. 42 coureurs sont au départ. Luc Leblanc se promène. Il lâche son compagnon d’échappée, Michel Brard de l’UC saint Léonard  au 3ème tour, et passe la ligne d’arrivée avec 3 minutes d’avance sur ses poursuivants.

Le 2 septembre, L’Union Vélocipédique Limousine effectue un déplacement à Nay, dans les Pyrénées afin de disputer le Prix Henri Bernard. Luc Leblanc est du voyage. Il est accompagné de Michel Concaud, Stéphane Petit, Philippe Chaloppin, Laurent Jeandillon et Philippe Parvery. Sur cette épreuve ouverte aux 3ème et 4ème catégories et aux juniors, les coureurs doivent escalader le Soulor puis l’Aubisque.  Au pied du Soulor, quatre coureurs possèdent trois minutes d’avance. Déchaîné, Luc Leblanc passe à l’offensive. Il comble son retard dans l’ascension de 13 kilomètres couverts en 39 minutes, battant ainsi le record de la montée.  Au sommet, il compte 1′ 30″ d’avance sur ses suivants immédiats. Au sommet de l’Aubisque, il a porté son avantage à 5 minutes.  Poursuivant sur le même rythme, il passe la ligne d’arrivée, à Nay, avec 6′ 35″ d’avance sur le coureur de Loire Atlantique, Didier Pasgrimaud.

Le 16 septembre, le difficile circuit de Bersac cause une impitoyable sélection. Sur les 60 partants, 19 seulement vont rallier la ligne d’arrivée, A la mi-course Luc Leblanc sort du peloton en compagnie de Jean Claude Dintras. Mais, ce dernier ne pourra accrocher la roue que durant trois tours.  Luc Leblanc triomphe avec 40 secondes d’avance sur le coureur du Cyclo Racing Club Limousin, Alain Simon.

Le 23 septembre, Luc Leblanc s’impose à Saint Sylvain Bas le Roc où il devance Jean Pierre Rucart, de la Bourboule, et Guy Barlet, de Chamalières.

Le 30 septembre, Luc Leblanc ajoute à son palmarès le Prix de Saint Jouvent.  La course avait pourtant mal commencé pour lui. Victime d’une crevaison, il compte trois minutes de retard au premier passage. Au 4ème tour, il est déjà revenu au sein du peloton. Deux tours plus tard, il place une attaque décisive. Il franchit la ligne avec 45 secondes d’avance sur l’Uzerchois, Michel Masdupuy, remportant ainsi, l’épreuve pour la deuxième année consécutive.

 

1985 – Une incroyable ascension. En 2ème catégorie en début de saison, il côtoie les pros au mois d’août.

Luc Leblanc débute la saison 1985 en 2ème catégorie.

D’entrée, il se montre performant en s’imposant, le 3 mars, à la course de classement de l’Union Vélocipédique Limousine, à Verneuil Moustiers, plus précisément au hameau de Cruet. Il passe à l’attaque au cours du 3ème tour en amenant avec lui Francis Brun et Franck Gauthier. Dans le final, il se débarrasse de ses compagnons de route pour aller chercher sa première victoire de la saison. Jean Morange prend la 2ème place, à 23 secondes.

Le 21 avril, Luc Leblanc remporte le traditionnel Prix de la Quasimodo, à Saint Léonard de Noblat. Echappé dès le 2ème tour, en compagnie du coureur de Fontenay, Xavier Charbonneau, les deux hommes vont creuser régulièrement les écarts. Luc Leblanc se débarrasse de son compagnon de route dans les derniers kilomètres pour franchir la ligne d’arrivée avec 15 secondes d’avance.

Fin avril, début mai, Luc Leblanc participe à un stage avec le Bataillon de Joinville comme présélectionné pour les championnats du monde amateurs. Au cours de ce stage, le 5 mai, il prend le départ de Paris-Rouen qu’il termine au 14ème rang.

Les 18 et 19 mai, le 45ème Tour de la Corrèze  voit la domination des jeunes coureurs et notamment de Luc Leblanc. Lors de la 1ère étape, il provoque la décision dans la difficile ascension de Saint Martin La Méanne ce qui lui permet d’endosser le maillot du meilleur grimpeur. En terminant 3ème de la 1ère étape, 7ème de la 2ème étape et 9ème de la 3ème étape, il se classe 2ème du classement général final, à 7 secondes du vainqueur, Patrick Jérémie, de l’UC Sayat. Cette excellente performance  lui permet d’endosser le maillot du meilleur jeune.

Le 25 mai, Luc Leblanc termine second de la Flèche Charente Limousine derrière le coureur de l’UC Chateauneuf, Gérard Simonnot.

Le 1er juin, Luc Leblanc s’aligne au départ du Circuit des Monts et Barrages organisé par l’UC Saint Léonard, à Saint Bonnet Briance.  Le matin, lors de l’épreuve en ligne, il attaque dans la montée de Saint Léonard de Noblat en entrainant avec lui Jean Pierre Roumilhac licencié à Vannes. Les deux fuyards augmentent leur avance  et possèdent,  à Auphelle, 2′ 30″ d’avance sur l’avant garde du peloton.  A l’entrée d’Eymoutiers, alors que Jean Pierre Roumilhac est victime d’une crevaison, Luc Leblanc est mal aiguillé. De retour sur le bon itinéraire, il se retrouve derrière le groupe de tête. La montée sur Saint Anne lui permet de refaire son retard. Au sommet, la sélection est faite. Neuf coureurs ouvrent la route et ils vont se disputer la victoire au sprint. Alain Ruiz de l’UC Pelussin s’impose devant Michel Besse du Cyclo Racing Club Limousin. Luc Leblanc prend la 9ème place.  L’après midi, lors du chrono, Luc Leblanc prend sa revanche en réalisant le meilleur temps sur les 12 kilomètres qu’il couvre en 15′ 18″. Il laisse l’expérimenté, Jean Pinault, à 28 secondes. On retrouve les deux mêmes coureurs au deux premières place du classement général final.

Luc Leblanc - Monts et Barrages 1985

Le 9 juin, l’UC Saint Léonard organise le Championnat du Limousin, à Bujaleuf. Le circuit est difficile avec la montée au village de Breix et celle qui conduit à la ligne d’arrivée en partant du lac de Bujaleuf. 16 tours de 9,7 kilomètres sont à effectuer. La veille du championnat, le Populaire du Centre titre : Des jeunes ambitieux, des anciens toujours là. Le décor est planté. Deux générations vont effectivement s’affronter à Bujaleuf. Les anciens avec Francis Duteil, Michel Dupuytren, Jean Claude Laskowski, Gilbert Berron. Les jeunes avec Michel Commergnat, Luc Leblanc, Gérard Caudoux, Pascal Crouzille, Dominique Brégaint. Au 12ème kilomètre,  Dominique Brégaint, de l’UC Saint Léonard, se porte en tête. Luc Leblanc ne tarde pas à le rejoindre. Les deux hommes bouclent le second et le troisième tour ensemble. Au cours du 4ème tour, Dominique Bregaint doit laisser partir Luc Leblanc mais revenu de l’arrière, Michel Besse le remplace au commandement. Ce nouveau duo va caracoler en tête jusqu’à la mi course. On assiste alors au retour d’un groupe comprenant, Michel Dupuytren, Jean Claude Laskowski, François Vérinaud, Pascal Peyramaure, Alain Cuisinaud, Gérard Caudoux et Daniel Puychaffray. Luc Leblanc ne se résigne pas, il va continuer d’attaquer. Après plusieurs attaques, sans succès, Luc Leblanc se dresse sur les pédales et seul Michel Dupuytren et Jean Claude Laskowski vont réussir à prendre sa roue. Ces trois hommes vont accomplir les derniers tours ensemble. Tous les trois coopèrent mais, Luc Leblanc n’a qu’une seule obsession, décramponner ses rivaux. Il continue de multiplier les attaques et à chaque fois, à tour de rôle, Michel Dupuytren ou Jean Claude Laskowski saute dans sa roue. A l’amorce du dernier tour, sur le bord de la route, l’ambiance monte d’un cran. Une partie des spectateurs voit dans l’attitude des anciens une forme de coalition. Voir ce jeune de 18 ans tenir tête aux vieux briscards déchaîne les passions. Le dernier tour ne va rien changer. Dans la montée finale, Luc Leblanc porte une ultime attaque. Michel Dupuytren et le premier à rendre les armes mais Jean Claude Laskowski parvient à déborder Luc Leblanc, 50 mètres avant la ligne. Luc Leblanc, en pleurs, passe la ligne en seconde position. Les poings se lèvent et les sifflets fusent lorsque Michel Dupuytren arrive à son tour. Luc Leblanc était peut être le plus fort mais il a commis une erreur de jeunesse en attaquant dès le début de course.

Le 16 juin, Luc Leblanc termine 8ème de la classique Bourg Oyonnax Bourg. Il remporte, du même coup, le classement du meilleur grimpeur.

Le 6 juillet, à  Chailley dans l’Yonne, Luc Leblanc et Jean Claude Laskowski représentent le Comité du Limousin au championnat de France. Le circuit est difficile mais le vent va escamoter les difficultés. Luc Leblanc termine en 23ème position dans le groupe de contre attaque.

Le 21 juillet,  il termine 8ème de Paris-Bagnoles de l’Orne.

Le 29 juillet, il prend la 2ème place du Prix de l’Evre, à Montrevault.

Le 3 août,  les coureurs amateurs du Comité du Limousin sont en nombre au départ du 20ème Bol d’Or des Monédières. Outre les pros, Frédéric Brun et Marc Durant, ont été sélectionnés les meilleurs amateurs Limousins : Dominique Bregaint, Michel  Commergnat, Jean Claude Laskowski, Alain Cessat, Michel Dupuytren, Gérard Caudoux, Franck Gauthier et Luc Leblanc pour qui c’est une première confrontation avec les pros. Il prend le départ avec l’ambition de tenter un grand coup en visant notamment le classement du meilleur grimpeur. Après un bon départ et une 3ème place, lors d’un point chaud, il va cependant devoir rentrer dans le rang.

Le 7 août, lors de la 8ème édition du Bol d’Or des Amateurs qui se dispute à Saint Gervais Videix, Luc Leblanc va découvrir que faire sa place parmi les meilleurs amateurs n’est pas une chose aisée. Au sixième tour, 13 hommes se portent en tête et tout le monde comprend que la bonne échappée est en train de prendre forme. Durant trois tours à 42 de moyenne, les 13 hommes vont creuser les écarts et porter leur avance à près de 2 minutes. Les spectateurs pensent alors que la course est jouée alors que l’on a pas encore passé la mi-course. Mais, c’est sans compter sur Luc Leblanc qui n’a pas pris les bonnes roues et qui multiplie les démarrages pour s’extirper du peloton. Il y parvient enfin lors du 10ème tour. En solitaire, il effectue un retour éblouissant sur le groupe de tête au point qu’à l’amorce du 11ème tour il n’a plus que onze secondes de retard. Quelques hectomètres plus loin de 13, le groupe de tête compte désormais 14 redoutables rouleurs. A peine rentré, Luc Leblanc poursuit son travail de sape. Il continue d’attaquer mais ses adversaires s’organisent et le ramènent à la raison. Bien qu’il reste une dizaine de tours à accomplir, Luc Leblanc insiste mais cela à pour conséquence  de faire baisser le rythme du groupe de tête. A l’arrière la chasse s’est organisée et alors que Luc Leblanc continue de malmener ses compagnons de route, 10 nouveaux coureurs parviennent à rentrer sur la tête de course. A 23, Luc Leblanc ne se résigne pas. Il continue d’enchaîner attaques sur attaques. A un tour de l’arrivée, il met toutes ses forces dans la bataille mais René Bajan, Richard Tremblay, et Philippe Louviot ramènent le reste de la troupe. Au sprint, Richard Tremblay s’impose et Luc Leblanc, épuisé ne peut prendre que la 19ème place. Amère, il déclare à l’arrivée : J’ai tout fait mais, ils ont tout défait afin que je ne gagne pas. Le vainqueur Richard Tremblay dira de lui : Luc Leblanc c’est un sacré bonhomme. Il était le plus fort aujourd’hui mais il n »a pas su doser ses efforts.

Le 22 août, Luc Leblanc est sélectionné au sein de l’équipe de France pour participer au 18ème Tour du Limousin. Il aborde cette compétition plein d’optimisme  : Je vais essayer de me faire remarquer. C’est la première fois que je vais faire une course par étapes aussi longue. Je crois que les autres amateurs, au départ, me sont un peu supérieurs et sur quatre étapes ce sera dur. Je verrai bien si j’ai la cadence, de toute façon je ferais de mon mieux. Je suis plus fort que l’année dernière. J’ai gagné en puissance. J’aime toujours les bosses et j’ai beaucoup travaillé le plat. Au soir de la première étape qui a conduit les coureurs de Limoges à Brive, Luc Leblanc tire le bilan : Qu’est ce que çà roule vite ! Les pros relancent toujours la mécanique. Ils vont plus vite dans les bosses. Ils trainent un développement supérieur. Quand je pense que demain ce sera encore plus dur. Ce que j’appréhende le plus ce sont les deux dernières étapes, elles vont aller encore plus vite. Lors de la deuxième étape entre Brive et Ussel, Luc Leblanc est souvent pointé en tête du peloton. Victime d une crevaison à 35 kilomètres de l’arrivée, il connait une première grande frayeur  : J’ai bien cru que je ne reviendrai pas, d’autant plus que personne ne m’a attendu. Pour rentrer j’en ai vraiment bavé. Dans les courses par étapes, c’est souvent comme cela. Le premier jour, je suis mal et ensuite je suis mieux. Aujourd’hui, j’avais décidé de me glisser dans les bons coups et sur le premier quand on est parti à une quinzaine, j’y croyais, mais, il y avait peut être trop de monde et puis derrière, la Vie Claire et les Fagor ont roulé. Sur les deux dernières étapes, Luc Leblanc va terminer au sein du peloton. Il termine ce Tour du Limousin à la 34ème place à 16′ 17″ du vainqueur Thierry Marie. Il se montre toutefois satisfait de cette première expérience sur une course par étapes avec les pros : C’est très dur, mais je suis content d’avoir terminé. Cà roule beaucoup plus fort qu’en amateur mais, j’ai suivi dans toutes les étapes. J’ai même tenté des trucs vendredi et samedi. C’est une expérience enrichissante. Elle permet de juger sa valeur. Je regrette peut être un peu qu’il n’y ait pas eu plus d’entente dans l’équipe. Je ne suis pas déçu de ne pas être retenu pour le Tour de l’Avenir. Je n’y comptais d’ailleurs pas trop. Ce n’est que ma première année avec les seniors. Pour être sélectionné, il faut avoir un autre programme que celui que j’ai suivi. Il faut se confronter aux gars des autres comités histoire de se faire remarquer. 

Le 8 septembre, Luc Leblanc dispute Manche Océan. Il se classe 2ème de la première étape, disputée à Locminé. Après avoir remporté l’épreuve contre la montre, il prend la 4ème place du classement général final.

Fin 1985, Luc Leblanc prend la décision de quitter son club d’origine, l’Union Vélocipédique Limousine, pour rejoindre le Cyclo Racing Club Limousin.

1986 – Une dernière saison avec les amateurs.

Luc Leblanc attaque la saison 1986 dès le mois de février. En stage avec l’équipe de France, dirigée par Yves Hézard, il participe, le 21 février, à la Pyrénéenne, le 22 aux Boucles Catalanes et le 23, au Grand Prix de l’indépendant où il prend la 3ème place derrière Marc Meilleur et Serge Polloni. Cette épreuve était découpée en deux tronçons. Dans le contre la montre matinal,  Luc Leblanc prend la 4ème place, à 4 secondes du vainqueur, Vincent Thorey du CC Wasquehal. L’après midi, il termine 10ème.

Le 9 mars, Luc Leblanc  se présente au départ du Prix Pinel, à Montastruc. Il va chercher une belle 3ème place en revenant sur les deux hommes de tête dans le dernier tour. Pascal Andorra du CC Béarnais remporte l’épreuve devant Eric Fouix de UC Sayat.

Le 15 mars, Luc Leblanc termine 6ème du Circuit du Printemps Nivernais, à 23 secondes du coureur de Grenoble,  Jean Claude Colotti.

Le 22 mars, il s’aligne au départ de Paris-Troyes. Les 172 kilomètres sont couverts à plus de 40 km/h de moyenne. Luc Leblanc fait un sensationnel rapproché dans le final en compagnie de l’Auxerrois, Franck Petiteau. Il prend la 4ème place, à 30 secondes du vainqueur, le Belge, Benjamin Van Itterbeck.

Le 29 mars, il prend la 2ème place du Grand Prix de Saint Etienne, à 18 secondes du vainqueur, Gilles Delion, licencié à La Motte Servolex.

Le 13 avril, il termine 5ème de Royan-Blaye, battu au sprint, après avoir déclenché la grande bagarre au 100ème kilomètre.

Du 16 au 19 avril, Luc Leblanc participe au Circuit de la Sarthe. Durant cette épreuve Open, il côtoie les pros mais aussi les coureurs talentueux des Pays de l’Est. Luc Leblanc remporte la 2ème étape La Flèche-Mayet à l’issue d’un sprint à trois. Il devance son coéquipier de l’équipe de France, Denis Jusseau et le Tchèque, Vladimir Vavra.  Au classement général final, il termine à la 4ème place,  à 21 secondes du vainqueur, Didier Garcia (Peugeot).

A peine rentré dans son Limousin,  Luc Leblanc livre ses impressions dans les colonnes du Populaire du Centre : Pendant les trois jours de l’épreuve, je me suis épaté,  notamment lors de ma victoire dans la deuxième étape. Je suis d’abord revenu avec un Tchèque sur les deux échappés, un Hollandais et un Français et ensuite, il a fallu rouler très fort pour éviter le retour du peloton. Enfin, à l’arrivée, j’ai lancé le sprint de très loin et je me suis retrouvé tout seul alors que le sprint ce n’est justement pas mon point fort. Résultat, j’ai gagné ! Il y avait une telle ambiance dans notre équipe que je n’ai pas vu le temps passé. Je me suis vraiment bien amusé.  Et de rajouter alors qu’il s’apprête à s’envoler avec l’équipe de France pour participer au Tour des Régions Italiennes : Ce qui m’ennuie, c’est que c’est la première fois que je vais prendre l’avion !

Du 26 avril au 1er mai, Luc Leblanc dispute avec l’équipe de France, le Tour des régions italiennes. Luc Leblanc termine 4ème de la 3ème étape à Chiusi Della Verna.  Le lendemain, il provoque la sélection dans un col mais, dans la descente, un coureur Allemand chute devant lui et il ne peut pas l’éviter. Victime d’un traumatisme crânien, il doit abandonner. Cela ne va, toutefois, pas l’empêcher de participer à un stage, à  Font Romeu, avec l’équipe de France.

De retour du stage, il se présente, le 17 mai, au départ du Tour de la Corrèze.  Il y retrouve ses partenaires de club du Cyclo Racing Club Limousin : Martial Charre, Francis Duteil,  Jean François Dupuy et Jean Luc Bacle. La première étape se déroule sous un soleil de plomb et sur des routes  particulièrement escarpées si bien qu’au terme des 161 kilomètres de course, ils ne sont que cinq à pouvoir envisager la victoire finale. Le Bordelais, Eric Dutrouilh et le Lyonnais, Gilles Faury, avaient mis le feu aux poudres dès la traversée de Treignac. Luc Leblanc, Jean Claude Laskowski et Gérard Guazini profitent des Monédières pour se lancer à leurs trousses. Gilles Faury est repris le premier puis, Eric Dutrouilh connait le même sort, peu avant Vimbelle. La victoire se joue au sprint entre les cinq hommes. Gérard Guazinni l’emporte sans discussion. Luc Leblanc prend la 2ème place. Le lendemain matin, lors du chrono disputé entre Tulle et Vimbelle, Luc Leblanc réalise le meilleur temps en devançant Jean Claude Laskowski de 27 secondes. Dès le 6ème kilomètre, il avait rattrapé Eric Dutrouilh, parti une minute avant lui et au bout des 15 kilomètres de course, il avait le Lyonnais Gilles Faury en point de mire.  L’après midi dans la dernière étape, Michel Dupuytren lance l’offensive en entrainant avec lui, Jean Claude Annaert, William Perard, Serge Savelli et Stephen Delaney. Derrière, tout le monde se regarde jusqu’au moment où Luc Leblanc décide de passer à l’action. Seuls Vincent Comby et Michel Commergnat réussissent à prendre sa roue et dès le 25ème kilomètre, les trois hommes rentrent sur la tête de course. La montée de Fleygnac  est fatale à Jean Claude Annaert, Serge Savelli et Stephen Delaney. A Argentat, le peloton est à deux minutes. Dans la difficile ascension de la Méchaussie, Michel Dupuytren tente en vain de s’isoler mais c’est William Pérard  qui, à un kilomètre du sommet, place la bonne attaque. A Tulle, il précède Michel Commergnat de 1′ 3″. Luc Leblanc prend la 3ème place et du même coup, il remporte le classement général final en précédant Jean Claude Laskowski de 54 secondes et le Lyonnais Gilles Faury de 2′ 14″. Quelques semaines plus tard, Jean Claude Laskowski disparaitra des classements suite à un contrôle anti dopage positif. Après la course, c’est un Luc Leblanc très heureux qui se confie  à Bernard Verret, journaliste du Populaire du Centre : Je rentrais  tout juste d’un stage à Font Romeu. Je me demandais ce que cela allait donner. Je risquais fort de manquer de compétitions parce que je n’avais pas couru depuis ma chute dans le Tour des Régions Italiennes. Au départ, j’étais inquiet. Je me suis étonné moi même. C’est la première fois que je bat Jean Claude Laskowski contre la montre. Je me demande si je ne vais pas ressentir le contre coup du stage de Font Romeu dans quelques jours. Je cours à la Poulidor. Je le connais bien, j’aime discuter avec lui et je sais qu’il suit ma carrière avec attention. Je suis sûr que ma victoire lui fera plaisir. 

Le 24 mai, l’UC Brive organise, à Brive, la Route Limousine, une épreuve disputée en trois étapes et qui a pour originalité de n’établir, pour le classement général final, qu’un classement par équipes de clubs. Une nouvelle fois, Luc Leblanc va dominer les débats. Sur les 113 kilomètres de la première étape, il règle, au sprint, un groupe de 13 coureurs. Malheureusement pour le Cyclo Racing Club Limousin aucun autre coureurs verts et rouges ne figure  dans le groupe de tête et la victoire finale semble impossible à obtenir pour les hommes du président Bouyer. Cela se confirme, le lendemain matin, lors du chrono par équipe où, comble de malchance, le Cyclo Racing Club Limousin est victime d’une erreur de parcours qui l’écarte définitivement du top 10. Cette erreur va avoir une conséquence sur l’attitude de Luc Leblanc au moment d’aborder la dernière étape en ligne  : Je suis sûr que l’on aurait terminé dans les trois premiers, ce matin, sans cette erreur de parcours. Un truc comme çà,  çà doit se payer. 500 mètres après le départ d’Allassac, Alain Cessat (UC Brive) démarre en entraînant avec lui, Christian Jany (CS Bellac). Luc Leblanc ne tarde pas à rappliquer et comme il prend le guidon par en dessous, l’écart grandit  : 45 secondes à Voutezac, 1′ 20″ à Objat et 2′ 36″ à Pompadour. Au 60ème kilomètre, après Troche, Christian  Jany, asphyxié, lâche prise. A 4 kilomètres de l’arrivée,  Luc Leblanc place un démarrage foudroyant dans la côte de Saint Antoine les Plantades laissant Alain Cessat littéralement sur place. Il passe la ligne d’arrivée avec 36 secondes d’avance sur son dernier compagnon de route.

Le 1er juin, Luc Leblanc ajoute à son palmarès le Tour du Périgord, une épreuve comptant pour la 4ème Coupe de France Mavic. C’est au 40ème kilomètre d’une épreuve qui en comptait 161 que l’échappée décisive prend corps avec Marc Le BotStéphane Loumagne, Didier Virvaleix, Pascal Andorra, Francis Duteil, André Perrier, Andrew Bradley et Thierry Ferrer. A 3 kilomètres de l’arrivée, Luc Leblanc laisse tout le monde sur place et passe la ligne avec 1′ 12″ d’avance.

Du 4 au 8 juin, Luc Leblanc est sélectionné pour disputer le Tour du Luxembourg avec les pros. Au sein de l’équipe de France, il est accompagné par Claude Carlin, Marc Meilleur (Ile de France), Dante Rezze (Lyonnais), Jean Claude Colotti (Dauphiné), Laurent Bezault (Orléanais). Il termine 51ème, à 15′ 10″ du vainqueur, le Hollandais, Steven Rooks.

Le 20 juin sur le circuit de Chateaulin se déroule le Championnat de France des amateurs. Malgré des conditions atmosphériques épouvantables, ce championnat est très disputé. La course se décante au 9ème tour,  Laurent Masson (Ile de France), Jean Jacques Lamour et Gérard  Rué (Bretagne) prennent 45 secondes d’avance. Au 12ème tour, ils sont rejoints par Luc Leblanc, Gérard Guazzini, Claude Seguy, Gilles Sanders, Claude Carlin, Hervé Desriac et Gilles Bernard. Gérard Guazzini démarre aussitôt avec Gérard Rué et Claude Carlin. Luc Leblanc fait, en vain,  l’essentiel du travail pour essayer de rentrer.  Claude Carlin et Gérard Rué se disputent la victoire au sprint. Claude Carlin est le nouveau champion de France,  Luc Leblanc termine à la 6ème place, à 34 secondes.

Du 8 au 16 Juillet, Luc Leblanc est, à nouveau, sélectionné  au sein de l’équipe de France, pour disputer le Tour de Rhénanie avec Gilles Sanders, Philippe Goubin, Claude Carlin, Yves Bonnamour, William Perard. Luc Leblanc termine trois fois dans le top 10 des étapes, 8ème, 2ème et 10ème du chrono.  Au classement général final, il termine en 12ème position en étant le premier Français. Thomas Barth remporte l’épreuve devant son compatriote Allemand,  Olaf Ludwig.

Après un nouveau stage à Font Romeu, Luc Leblanc  retourne en Limousin mais, il n’a pas les résultats escomptés. Au Bol d’Or des Amateurs de Saint Gervais, le 6 août, il ne peut faire mieux que 21ème. J’étais seul contre quinze gars qui étaient dans le coup. Alors il n’y avait rien à faire. Dès que je bougeais le petit doigt, il y en avait deux ou trois qui sautaient dans ma roue. D’autres en revanche, parce qu’ils avaient des amis, avaient toute latitude pour s’en aller. Je ne pouvais pas tout de même colmater tous les trous ! 

Le 7 août, Luc Leblanc n’a pas retrouvé ses bonnes sensations au Bol d’Or des Monédières. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Au premier tour, ça allait bien, j’ai même attaqué. Ensuite, inexplicablement, cela c’est gâté et j’ai fini par exploser. Cette petite contre performance ne l’empêche pas de rester serein pour l’avenir. Après tout, ce n’est pas maintenant qu’il faut être en condition. Je suis retenu pour disputer le championnat du Monde au Colorado, le 7 septembre. C’est ce jour là qu’il faut être au mieux de sa forme.  Pour le reste, j’ai reçu des propositions de plusieurs équipes pour passer pro, de Cyrille Guimard, de la Vie Claire et de Fagor mais, c’est  Cyrille Guimard qui sort le plus de coureurs, c’est donc, en principe vers lui que j’irai. Lorsqu’on lui demande s’il n’a pas peur de la difficulté du métier de coureur cycliste,  il répond spontanément en se souvenant de son passage pendant trois ans dans les cuisines d’un resto chic de la banlieue de Limoges  : Quand on a bossé de 8 heures du matin jusqu’à minuit et que tu as été contraint d’obéir aux ordres que l’on te donnait, tu trouves ensuite le vélo moins dur. C’est pour cela que je veux réussir dans le cyclisme.

Mi août, Luc Leblanc s’envole pour les Etats Unis pour disputer les championnats du monde amateur.  Il va subir un entraînement très poussé au point qu’il va perdre cinq kilos. Sur place, il obtient une 5ème place lors d’une épreuve de préparation  Open remportée par Alex Grewal et où Charlet Mottet termine en 3ème position. Le jour J, le 9 septembre, il fait un temps exécrable et les spectateurs sont quasiment inexistants. Luc Leblanc ne peut faire mieux que terminer dans le premier peloton à la 53ème place, à 34 secondes de l’Allemand, Uwe Ampler. Tout le peloton s’est présenté pour la 2ème place. Mais il y a eu une petite cassure et j’ai été compté à 34 secondes. En fait, le circuit était trop roulant.  et il n’était pas possible de faire la différence. C’est ce qui s’est passé aussi chez les pros. Seule, Jeannie Longo était au dessus du lot et elle a gagné, à l’aise. S’il avait fait chaud, il y aurait, peut être, eu quelques dégâts et une chance à saisir. 

Fin septembre, la nouvelle tombe.  Luc Leblanc a signé un contrat de deux ans avec La Vie Claire, l’équipe de Bernard Tapie managée par le Suisse, Paul Koechli : Certes les Jeux Olympiques de Séoul étaient tentants mais pas leur échéance par contre. Deux ans d’attente avant de passer pro, c’est trop. D’autre part, il n’aurait pas été prouvé que j’accomplisse chez les amateurs une saison 87 aussi bonne que celle là. Alors comme j’ai reçu une proposition très sérieuse de la Vie Claire, je n’ai pas hésité.  Côtoyer des garçons comme Lemond, Anderson, Bernard est très stimulant d’autant qu’en la personne de Paul Koechli, l’équipe bénéficie d’un technicien très avisé en matière de préparation. 

Le 14 septembre, Luc Leblanc termine 5ème du Grand Prix de la Tomate, à Marmande, dans le même temps que Gérard Ianotto de Mérignac.

Le 4 octobre, Luc Leblanc participe à Paris-Connerre après avoir été un des grands animateurs de l’épreuve, il prend la 11ème place, à 18 secondes du vainqueur, Hervé Desriac.

Le 9 octobre Luc Leblanc prend le départ du 25ème Tour d’Ampurdan. Outre Luc Leblanc, l’équipe du Limousin est composée de : Gérard Caudoux, Alain Cessat, Michel Dupuytren, Vincent Comby, Sylvain Bolay et Jean Morange. Lors de la 1ère étape Figueras-La Jonquera, Luc Leblanc s’échappe à 30 kilomètres de l’arrivée, dans l’ascension du 2ème col de la journée, en compagnie du Hollandais, Janval Lenhout. Il dépose ce dernier avant l’arrivée et passe la ligne avec 1’10″ d’avance.  Le lendemain, les coureurs Limousins sont aux avants postes. Vincent Comby et Alain Cessat se glissent dans une échappée de dix coureurs. Ils ne sont repris qu’après 100 kilomètres de course. Gérard Caudoux contre, à l’attaque du premier col, en entraînant avec lui, le Hollandais Johannes Draaijer. Cinq coureurs vont rentrer sur eux dont Luc Leblanc. Dans les derniers kilomètres, Luc Leblanc repasse à l’attaque, Johannes Draaiser saute dans sa roue et va se montrer le meilleur au sprint. Luc Leblanc confirme sa première place au général avec 1′ 26″ d’avance sur Janval Lenhout. Gérard Caudoux a pris la 3ème place de l’étape. L’avant dernière journée est découpée en deux demi étapes. Le matin sur l’étape en ligne, Luc Leblanc se classe 6ème dans le même temps que le vainqueur. L’après midi, sur le chrono par équipes, les coureurs Limousins terminent 5ème et avec le jeu  des bonifications, les coureurs Hollandais reprennent 40 secondes. Au départ de la dernière étape Luc Leblanc est toujours leader avec 35 secondes d’avance,  malheureusement, deux chutes et un bris de dérailleur vont causer sa perte. Il prend finalement la 2ème place du classement général final derrière le Hollandais John Van Den Akker. Ce sera sa dernière course avec les amateurs.

1987 – Première saison pro – Une entrée remarquée avec une 2ème place au championnat de France.

Luc Leblanc, membre de l’équipe Toshiba Look fait désormais partie du monde professionnel.  A l’aube de la saison, il se livre à quelques confidences dans les colonnes de Miroir du Cyclisme : Je rêve d’être bientôt classé parmi les 10 ou 5 coureurs mondiaux. A mon âge, on peut et on doit, avoir quelques ambitions. Je sais très bien que cela sera très dur. Mais, autant placé bien haut ses rêves qui ne sont, après tout, que l’expression de nos passions. Ma vraie passion, c’est la cuisine. J’ai un CAP de cuisinier. Aussi, je rêve de posséder, un jour, un grand restaurant gastronomique, dans mon Limousin. Evidemment, je serai derrière les fourneaux !

A l’Etoile de Bessèges, qui se dispute du 5 au 8 février, Luc Leblanc termine  6ème du  classement général, à 12 secondes du vainqueur Ronan Pensec. Il a également pris la 9ème place de l’avant dernière étape.

Après un périple sur les routes Espagnoles, Luc Leblanc enchaîne par le Tour du Haut Var  puis par le Grand Prix de Cannes qu’il termine en 16ème position.

Le 22 mars, Luc Leblanc dispute la classique  Mauléon-Moulins. Il  se glisse dans une échappée. Pour lui, c’est une première avec les pros. Après être rentré dans le rang, il accomplit son travail d’équipier et termine au sein du peloton.

Du 28 au 30 mars, il se présente au départ du  Critérium International de la Route.  Lors de la première étape, une chute provoque une cassure  projetant 50 coureurs à l’avant. Luc Leblanc parvient à rentrer seul sur la tête de course après 40 kilomètres de poursuite ce qui lui fera dire : Je crois avoir étonné pas mal de monde.  Lors du chrono,  pour la première fois, il chevauche un vélo à cadre plongeant équipé de roues lenticulaires. C’est pour lui une découverte : Impressionnant et efficace.  Luc Leblanc prend la 15ème place, à 6 secondes des meilleurs spécialistes. Au classement général final, il occupe également la 15ème place, à 5′ 30″ de Sean Kelly.  Malgré ces bons résultats, Luc Leblanc refuse de faire passer la charrue avant les boeufs : La saison est longue et on ne peut être bien pendant neuf mois, donc prudence. J’ai seulement 20 ans, il faut que je gagne en résistance. 

Après avoir participé au Grand Prix de Rennes, Luc Leblanc termine 27ème et premier jeune du Tour du Vaucluse qui s’est déroulé de 9 au 13 avril.

Le 15 avril, il dispute la Flèche Wallonne, sa première grande classique.

Le 21 avril, Luc Leblanc termine 7ème de  Paris – Camembert, dans le même temps que le vainqueur, le coureur Hollandais, Mathieu Hermans. Il a imposé le rythme dans la côte de Roiville  provoquant une première sélection puis, il est le seul à accompagner Marc  Madiot à trois kilomètres de l’arrivée. Tous deux sont repris à la flamme rouge.

Le 1er mai, Luc Leblanc participe à Châteauroux –  Limoges. Il déclenche la bagarre dans la redoutable ascension du Bois des Echelles, peu après Saint Sulpice Laurière. 23 hommes se retrouvent en tête. Un autre Limousin, Frédéric Brun est de ceux là mais, à l’entrée de Saint Léonard de Noblat, à court de compétition, il est décroché. Peu après Saint Martin Terressus, le groupe de tête se scinde en deux. Luc Leblanc  ne peut pas prendre le bon wagon. Il termine en 20ème position, à 3′ 31″ du vainqueur, Chaly Mottet.

Le 2 mai, lors du Trophée des Grimpeurs, Luc Leblanc est très présent tout au long de l’épreuve profitant des côtes de Maurecourt et de Chanteloup pour hausser le ton. Mais, c’est Charly Bérard qui s’impose en démarrant à quatre kilomètres de l’arrivée. Luc Leblanc prend la 4ème place à 1′ 13″.

Après le Tour de l’Oise du 15 au 17 mai, Luc Leblanc dispute le Critérium du Dauphiné Libéré, du 25 mai au 1er juin. Il prend la 9ème place de la 5ème étape disputée entre Chambéry et Modane. Le coureur Colombien Henry  Cardenas s’impose. Charly Mottet remporte le classement général final. Luc Leblanc termine à la 8ème place.

Du 18 au 24 juin,  Luc Leblanc participe au Midi Libre. Il termine 2ème de la 4ème étape Rodez – Béziers,  à 4 secondes du Britannique, Adrian Timmis. Au classement général final, il occupe la 6ème place, à 54 secondes de Patrice Esnault.

Le 26 juin 1987, Luc Leblanc prend le départ, à Lugny, près de Mâcon, de son premier Championnat de France avec les professionnels. Le circuit long de 22,400 kilomètres n’est pas très accidenté. Ils sont 90 à espérer revêtir le maillot tricolore. Les protégés de Cyril Guimard vont être à la pointe du combat durant toute la journée. Pascal Poisson, Martial Gayant et Laurent Fignon sont les plus entreprenants. Une première échappée de 18 coureurs prend forme au 90ème kilomètre. Parmi ceux-ci, on retrouve  : Marc Madiot, Pascal Simon, Gilbert Duclos-Lassalle, Jean René Bernaudeau, Bernard Vallet, Régis Clère et Vincent Lavenu. Malgré la présence à l’avant de Pascal Dubois et de Dominique Garde, les coureurs de l’équipe Toshiba se mettent à rouler. Tout est à refaire au 200ème kilomètre.  Les attaques se multiplient mais, à l’amorce du dernier tour, ils sont encore une soixantaine à rêver du titre. Une cassure dans la côte de Peronne permet à 14 coureurs de se détacher. On retrouve à l’avant : Marc Madiot, Martial Gayant (Système U),  Pascal Dubois et Luc Leblanc (Toshiba), Bruno Wojtinek (Z Peugeot), Francis Castaing (ADR MBK), Jean Claude Colotti et Bernard Vallet (RMO), Jacques Decrion (Kas), François Lemarchand (Fagor), Franck Pineau et Dominique Arnaud (Reynolds), Bernard Chesneau et Guy Gallopin (ANC Alfords). Dans le final, Martial Gayant place la bonne attaque. Son coéquipier Marc Madiot l’accompagne, Luc Leblanc se joint à eux. Aux 500 mètres, Marc Madiot relance l’allure. Luc Leblanc s’accroche mais, aux abords de l’arrivée, trop heureux d’être en si bonne compagnie, Luc Leblanc ne dispute pas vraiment le sprint et termine à six secondes du nouveau champion de France, Marc Madiot qui succède à son frère Yvon. En terminant à 34 secondes Martial Gayant complète le podium.

Championnat de France 1987. Lugny - Luc Leblanc 2ème - Marc Madiot 1er - Martial Gayant 3ème -

Du 3 au 5 juillet, Luc Leblanc participe au Tour de la Vienne. Il termine 6ème de la 1ère étape  après être rentré seul sur les sept échappés en comblant un trou de 40 secondes de retard. Son coéquipier, Pascal Dubois, remporte l’étape. Le lendemain, Luc Leblanc remporte l’étape contre la montre en couvrant les 12 kilomètres, entre Lencloître et Mirebeau, en 14′ 52″. Au classement général final, il termine en 6ème position, à 46 secondes de Pascal Dubois.

Le 8 août, Luc Leblanc prend la 5ème place du Critérium de Meymac remporté par Régis Clère.

Le 12 août, il termine 30ème de la Classique San Sébastien, à 1′ 12″ de l’Espagnol, Marino Lejarreta.

De retour sur les routes Limousines, Luc Leblanc dispute le Tour du Limousin du 20 au 23 août.  Il se distingue dès la première étape, entre Limoges et Saint Junien. Après avoir lancé la bonne échappée, avec Bruno Cornillet, Marc Gomez et Charly Mottet, il prend la 3ème place, à deux secondes de Charly Mottet.  La ligne d’arrivée franchie, il livre ses premières impressions : Dans  la côte de Montbrun, Charly Mottet a monté la bosse à fond. Je me suis mis dans sa roue. Au sommet, je me suis aperçu que le peloton faisait l’élastique, c’était le moment. J’avais vraiment mal mais, je me suis dit que les autres étaient au même point. Alors je suis parti. Comme c’est souvent le cas, dans le Tour du Limousin, cette première étape est décisive. On retrouve les quatre échappés du premier jour aux quatre premières places du classement général final. Charly Mottet remporte cette 20ème édition. Luc Leblanc termine à la 4ème place au classement général final.

Du 28 au 29 août, Luc Leblanc participe à Paris-Bourges. C’est l’occasion pour le Directeur Technique National, Lucien Bailly, de désigner les derniers sélectionnés pour les championnats du monde. Tout se joue lors de la 2ème étape. Six hommes se sont échappés et sont arrivés avec plus d’un quart d’heure d’avance. L’équipier de Luc Leblanc, Kim Andersen remporte l’étape.  Il s’impose, à nouveau, lors du chrono où Luc Leblanc termine à la 4ème place, ex-aequo avec Laurent Fignon, à 17 secondes du vainqueur.  Au classement général final, Luc Leblanc termine au 10ème rang, à 19′ 33″ de son coéquipier, Kim Andersen. Malgré ce bon résultat, Luc Leblanc n’ira pas au championnat du monde.

Du 8 au 20 septembre, il dispute le Tour de la Communauté Européenne aussi appelé Tour de l’Avenir.  Ce Tour de la CEE débute par un fiasco,  à Rome, où le prologue  contre la montre par équipe est disputé dans une totale insécurité au milieu des véhicules.  Dans ce contexte, l’équipe Toshiba de Luc Leblanc prend la 2ème place derrière l’équipe Système U. Par la suite, Luc Leblanc termine 10ème de la 7ème étape , disputée entre  Sindelfingen et Strasbourg. Au classement général final, il termine 26ème, à 18′ 01″ de Marc Madiot.

Le 4 octobre, Luc Leblanc prend la 55ème place du  Tour d’Emilie, en Italie, à 33 secondes de Jean François Bernard.

Toujours en Italie, le 7 octobre, ilc termine 8ème de la Coppa Sabatini, à 54 secondes de Gianni Bugno.

Après une première saison aves les Pros, Luc Leblanc dresse un premier bilan dans les colonne de Miroir du Cyclisme : Le rythme exceptionnel des épreuves pros ne m’a pas vraiment impressionné. Il faut dire que durant tout l’hiver précédent, j’ai énormément travaillé. Je ne pouvais pas raté mon entrée dans le milieu. J’avais surtout très peur de ne pas être accepté avec mon bon palmarès amateur. Mais, cela c’est fait au mieux. Et dans l’ensemble, je trouve l’ambiance des pros plutôt plus sympa que celle qui plane chez les amateurs. Sans doute, suis-je tombé dans une bonne équipe où l’on a su me protéger et me conseiller. De toute façon, je crois que dans une équipe pro, on est condamné à bien s’entendre sinon, cela ne va pas. Je n’ai pas vu passer cette saison. Au championnat de France, quand Marc Madiot a roulé devant moi dans la dernière ligne droite, je n’ai vraiment pas eu l’idée d’aller le chercher et d’attaquer. Ce championnat de France, je l’ai vu et revu au magnétoscope et dans ma tête, j’étais tellement heureux d’être là, derrière Marc Madiot, si fort ce jour là, que j’étais comblé. Il fait un meilleur champion de France que moi qui ne suis que néo pro. Mais pour 1988, il en sera tout autrement car j’ai besoin d’y voir un peu plus clair. Malgré cette 2ème place et mon 8ème rang au Dauphiné, j’estime qu’à mon âge, c’est dans la défaite que l’on forge un caractère et que l’on se construit un palmarès. Ainsi du Tour de l’Avenir où, comme on dit, j’étais en travers, pas bon, j’en ai appris autant que tout le reste de la saison. Au départ, beaucoup de gens venaient vers moi, me demandaient des autographes et puis, peu à peu, au fur et à mesure que je plongeais dans les profondeurs du classement, le vide s’est installé autour de moi. Je suis redevenu un anonyme. A cet instant, j’ai compris que le métier de coureur cycliste n’était pas facile. 

1988 – Une deuxième saison honorable avec les pros.

Toujours sous le maillot Toshiba, Luc Leblanc débute la saison 1988  au Trophée Luis Puig, à Benidorm, en Espagne. Il termine à la 8ème place, dans le même temps que le Portugais,  Acacio Da Silva.

Du 17 au 21 février, il participe au  Tour Méditerranéen. Il se distingue lors de la 3ème étape disputée entre Beaucaire et Marignane. Peu avant Valbonne, Charly Mottet lance la bonne échappée. Quatre coureurs seulement peuvent prendre sa roue : Luc Leblanc,  le Danois Per Pedersen et les Belges Edwig Van Hooydonck et Jan Nevens. Tous profitent de la descente sinueuse sur Antibes pour creuser un important écart. Sur le vieux port, ils ont deux minutes d’avance. Edwig Van Hooydonck est le plus rapide, Luc Leblanc prend la 5ème place. Luc Leblanc termine également 6ème du chrono disputé lors de la 5ème étape entre La Valette et le sommet du Mont Faron. Il termine à 33 secondes du vainqueur Tony Rominger. Au classement général final, Luc Leblanc monte sur la 3ème marche du podium devancé par Jan Nevens et Charly Mottet.

Le 27 février, Luc Leblanc prend la 4ème place du Tour du Haut Var, disputé entre Sainte Maxime et Grimaud,  dans le même temps, que le vainqueur, le Belge Luc Roosen.

Le 8 mars, à Paris, l’équipe Toshiba composée de Luc Leblanc, Jean François Bernard, Fabrice Philippot, Frédéric Garnier, Martial Gayant, Andreas Kappes, Yvon Madiot, Pascal Poisson et Bjarn Riis débute très bien Paris – Nice en remportant le chrono par équipe, long de 10,6 kilomètres. Luc Leblanc prend la 6ème place de la 3ème étape, Salon de Provence – Sommet du Mont Faron, à 47 secondes du vainqueur Andrew Hampsten. Il termine également 7ème de la 6ème étape Nice – Col d’Eze disputée en contre la montre. Il concède 48 secondes au vainqueur Sean Kelly. Au classement général final, Luc Leblanc termine au 6ème rang, à 2′ 46″ de Sean Kelly.

Le 19 mars, Luc Leblanc termine 87ème de Milan – San Remo, à 2′ 25″ de Laurent Fignon.

Du 13 au 16 avril, il participe au Circuit de la Sarthe. Il prend la 16ème place, à 1′ 11″ de Thierry Marie.

Le 30 avril, Luc Leblanc se rend à Chanteloup pour disputer le Trophée des Grimpeurs. La course se décante à deux tours de l’arrivée. Fabrice Philippot, équipier de Luc Leblanc, et Stefan Morjean, équipier de Claude Criquiélion parviennent à s’échapper. L’espagnol Pedro Delgado et Charly Mottet  font le forcing pour boucher le trou mais ils sont perturbés par la présence dans le groupe de contre de Luc Leblanc et de Martial Gayant, équipiers de Fabrice Philippot. A l’arrivée, les deux hommes de tête conservent une avance dérisoire mais suffisante. Stefan Morjean s’impose, au sprint, devant Fabrice Philippot. Luc Leblanc prend la 3ème place, à 16 secondes, Martial Gayant la 4ème.  C’est la déception pour l’équipe Toshiba même si Luc Leblanc se montre, quant à lui, plutôt satisfait. :Je n’ai repris la compétition que depuis trois semaines en raison d’une tendinite au genou. Ma condition est donc satisfaisante mais, c’est dommage pour l’équipe de prendre les 2ème, 3ème et 4ème places et de laisser échapper la victoire. Mais, les grandes courses par étapes arrivent maintenant  et notre équipe pourra se présenter enfin au complet. Nous avons un moral d’enfer. 

La 1er mai, Luc Leblanc retrouve les routes Limousines en disputant Châteauroux – Limoges. Pascal Simon lance véritablement la course dans la montée du Bois des Echelles. Seul Luc Leblanc parvient à prendre la roue. Pedro Delgado, un instant distancé, revient sur les hommes de tête, dans la descente sur  Saint Léger La Montagne. Il est, à nouveau, distancé dans la plongée vers La Jonchère mais, il parvient à rentrer de nouveau. Le peloton accuse alors un retard de 35 secondes. A Saint Martin Terressus, les trois hommes de tête possèdent une minute d’avance.  Dans la côte qui suit, Pascal Simon prend une dizaine de mètres d’avance. C’est suffisant pour plonger sur Saint Priest Taurion.  Au courage, Luc Leblanc parvient à recoller. Les deux hommes se présentent ensemble au pied du mur du Palais sur Vienne. Sur la ligne d’arrivée, les spectateurs se prennent à espérer d’une victoire du  coureur Limousin.  Au sommet de la côte, les deux hommes sont toujours ensemble. Luc Leblanc tente le tout pour le tout dans le faux plat, en descendant de l’avenue de Beaubreuil mais, Pascal Simon place un contre qui laisse Luc Leblanc à 32 secondes sur la ligne d’arrivée.

Le 21 mai, Luc Leblanc termine 5ème à Calais. Claude Criquiélion remporte l’épreuve.

Du 26 au 28 mai, Luc Leblanc dispute le Tour d’Armorique.  Lors de la 2ème étape entre Lorient et Quimper, quatre hommes se disputent la victoire au sprint.  Luc Leblanc se montre le meilleur en devançant Joël Pélier, Soren Lilholt, et Gilbert Duclos Lassalle. Au classement général final, Luc Leblanc termine en 5ème position, à 10 secondes, du Danois Soren Lilholt.

Du 5 au 10 juin, Luc Leblanc participe au Critérium du Dauphiné Libéré. Sur cette 40ème édition, il obtient trois top 10. 10ème de la 4ème étape, La Roche sur Foron – Chambéry, à 59 secondes du Portugais, Acacio Da Silva. 6ème de la 5ème étape Chambéry – Le Fontanil, à 57 secondes du Suisse Niki Ruttiman. 9ème de la 6ème étape Grenoble – Saint Pierre de Chartreuse disputée sur 26,7 kilomètres, en contre la montre. Il termine à 3′ 24″ du vainqueur Luis Herrera. Au classement général final, Luc Leblanc échoue au pied du podium, à 3′ 54″ de Luis Herrera.

Du 14 au 19 juin, Luc Leblanc dispute le 39ème Grand Prix du Midi Libre.  Lors du prologue, disputé à Montpellier sur 5,6 kilomètres, il termine à la 8ème place, à 8 secondes de Joël Pélier. Par la suite, il prend la 10ème place de la 5ème étape Quillan – Céret remportée par le Britannique Sean Yates. Au classement général final, Claude Criquiélion s’impose, Luc Leblanc termine 9ème à 9′ 36″.

Du 21 au 24 juillet, il participe à l’épreuve open, Tour du Lyonnais et des Monts du Pilat. Il remporte la 2ème étape disputée en contre la montre sur 14 kilomètres entre Saint Triviers sur Moignans et Châtillon sur Chalaronne.

Le 31 juillet, les passionnés Limousins de cyclisme  se déplacent à Oradour sur Glane pour assister au Critérium de la Renaissance d’Oradour sur Glane. Après neuf ans d’interruption le critérium revoit le jour, à l’initiative d’un nouveau club,  le Vélo Club Limousin. Ce club composé de nostalgiques du passé, avec à sa tête, Jacques Guillot. a rassemblé 25 coureurs au départ ainsi que quelques amateurs. Gilbert Duclos Lassalle lance la bonne échappée en compagnie de Patrice Esnault et du champion de France, Eric Caritoux. Les deux pros Limousins, Frédéric Brun et Luc Leblanc reviennent sur la tête de course, bientôt imités par Dominique Arnaud et Gilles Sanders. Le peloton à 40 secondes semble battu. A 13 tours de la fin, Gilbert  Duclos Lassalle relance l’allure et seul Luc Leblanc peut accrocher sa roue. Dans la dernière ascension du bourg, Gilbert Duclos Lassalle parvient à décramponner Luc Leblanc qui doit se contenter de la 2ème place. Il n’y aura pas, malheureusement de nouvelle édition du critérium d’Oradour sur Glane, le Vélo Club Limousin s’est éteint aussi rapidement qu’il avait été créé.

Le 13 août, Luc Leblanc termine 21ème de la  classique San Sébastien, à 37 secondes du Hollandais,  Gert Jan Theunisse.

Du 19 au 21 août, Luc  Leblanc dispute le Tour du Limousin mais l’ambiance n’est pas au top au sein de son équipe. Ce sont certainement les signes précurseurs d’un divorce annoncé.  Si le meilleur représentant de l’équipe Toshiba est Dominique Arnould lequel échoue au pied du podium, Luc Leblanc  termine le Tour du Limousin dans l’anonymat.

Le 23 août, Luc Leblanc renoue avec la victoire en remportant le Grand Prix de Plouay, en devançant, au sprint, Charly Mottet. avec lequel il était échappé.

Du 2 au 7 septembre, Luc Leblanc dispute le Tour de Catalogne.  Il termine 7ème de la 5ème étape Baga – Super Espot remportée par l’Espagnol Arsenio Gonzales. Au classement général final, il termine au 13ème rang, à 6′ 19″ de Miguel Indurain.

Fin 1988, Luc Leblanc annonce qu’il quitte Toshiba pour signer chez Sigma. Le coureur Marc Seynave, vainqueur de Paris Rouen 1987 et qui est passé pro chez Sigma en 1988, est à l’origine de ce transfert comme s’en explique Luc Leblanc dans les colonnes de Miroir du Cyclisme :  Marc et moi sommes devenus amis lorsque nous étions amateurs, à l’occasion d’une course que nous disputions dans ma région. C’est lui qui a parlé de moi à Willy Teirlinck, le directeur sportif de Sigma et au PDG de la société, Monsieur Desmet. L’affaire s’est conclue lorsque les deux hommes sont venus chez nous, dans le Limousin, au mois d’août. Nous avons discuté avec eux, mes parents et moi. J’ai été conquis par leur personnalité. Le directeur sportif et le patron savent, tous deux, écouter les coureurs et leur parler. Je crois que nous ferons de grandes choses ensemble. Ça m’a fait tout bizarre de me retrouver en position de faire venir dans l’équipe des coureurs de mon choix comme Dominique Gaigne, Philippe Chevallier et Didier Virvaleix. Je n’ai pas reçu de contre proposition de chez Toshiba et je n’ai pas vraiment reçu d’explications, ni de la part de Jean François Bernard, ni de la part d’Yves Hézard. Peut-être ne partagions nous pas la même conception du métier. De ce que je connais de Sigma, je ne vois pas vraiment de différences avec les équipes françaises. Quasiment tous les coureurs parlent le Français. Tout le monde me dit, tu verras les Flamands sont durs à vivre mais, mes premiers contacts ont été excellents. Sans doute certains regrettent-ils que je parte à l’étranger, mais, je reviendrai bien en France, un jour, peut-être dans deux ans.  Yves Hézard n’a pu que constater son impuissance à garder Luc Leblanc au sein de son équipe : Je ne pouvais pas m’aligner étant donné  ce qu’Histor Sigma offrait à Luc Leblanc. Ce n’était même pas la peine de lancer une contre proposition. 

1989 – Douleur au genou – Une saison à oublier chez Histor Sigma.

Sous son nouveau maillot Histor Sigma, Luc Leblanc participe, du 15 au 20 février, au Tour Méditerranéen. Il termine 5ème de la 4ème étape, Carqueiranne – Hyères, disputée en contre la montre sur 8,5 kilomètres. Il concède 12 secondes au vainqueur Tony Rominger. Au classement général final, Luc Leblanc prend la 13ème place à 1′ 49″ de Tony Rominger.

Le 26 février, Luc Leblanc termine 2ème du Grand Prix de Cannes, battu, au sprint, par le Breton Roland Leclerc.

Du 5 au 12 mars, LucLeblanc participe à Paris – Nice. Il termine au 29ème rang, à 7′ 48″ de Miguel Indurain.

Le 19 mars, il prend la 5ème place de Cholet – Mauléon – Moulins, dans le même temps que le vainqueur, Frank Boucanville.

Les 25 et 26 mars, Luc Leblanc dispute le Critérium International de la Route. Il termine 11ème, à 3′ 59″ de Miguel Indurain.

Le 28 mars, il prend la 4ème place de Paris – Camembert dans le même temps qu’Andréas Kappes.

Du 3 au 7 avril, Luc Leblanc participe au Tour du Pays Basque et il commence à ressentir une douleur au genou. Malgré cela, le 12 avril, il s’aligne au départ de la Flèche Wallonne mais il doit quitter la course au 220ème kilomètre, la douleur étant devenue trop importante : C’était insupportable. Décidément,  je n’arriverai pas à disputer les classiques Ardennaises dans de bonnes conditions. C’est une inflammation d’un cartilage a dit le professeur Pécout. Une question de trois à quatre jours de repos complet. C’est préjudiciable pour le Tour d’Espagne. Je pense que je vais perdre du temps dans les dix premiers jours, à commencer par l’étape contre la montre de 22 kilomètres, lundi prochain. Mais, ce n’est pas très important, dans le fond, puisqu’il s’agit de ma première grande course par étape. Je sais, que je serai bien quand la haute montagne arrivera, dans deux semaines. Mon but est de gagner une à deux étapes, en montagne. Comme le Dauphiné suit la Vuelta, quinze jours après, je vais essayer de faire mieux que la saison dernière où j’avais terminé 4ème. J’en ai marre de subir les courses maintenant, on me verra devant !

Malheureusement, le mal est plus profond et après une sortie d’entrainement la douleur est toujours là, quatre jours plus tard. Luc Leblanc doit renoncer à la Vuelta.

Cette mauvaise nouvelle a toutefois pour Luc Leblanc une conséquence inattendue, faute de Vuelta, sa participation au prochain Tour de France est maintenant fortement envisagée : Participer à Châteauroux – Limoges et au Trophée des Grimpeurs serait prendre un trop gros risque. Mon entraîneur, Joel Marteil et Willy Teurlinck, mon directeur sportif, vont établir mon programme, dès aujourd’hui, en vue de ma participation au Tour de France. Je pense effectuer ma rentrée aux Quatre Jours de Dunkerque. Quant au Tour, je n’aurai pas le statut de leader.  Ce sera, Luc Roosen. Pas de pression donc sur les épaules. Comme il s’agira de découvrir la Grande Boucle, je préfère qu’il en soit ainsi. 

Après trois semaines d’arrêt, Luc Leblanc  retrouve la compétition avec le Tour de l’Oise, le Tour d’Armorique puis le Dauphiné Libéré mais les sensations ne sont toujours pas bonnes et cela lui donne l’occasion de faire le point sur ce début de saison ratée : On fait toujours des erreurs dans la vie. Le tout est de les corriger à temps. J’ai été contraint de couper durant l’hiver alors que jusqu’à présent, je faisais du fractionné, de telle sorte que lorsque la saison débutait, sur la Côte d’Azur, en février, j’étais bien. Cela n’a pas été le cas cette année et puis, on m’a changé ma position sur le vélo. On m’a remonté et reculé ma selle. J’ai eu les jambes trop tendues et mon genou a dérouillé. Il aurait fallu recommencer un entraînement foncier et au lieu de cela, j’ai participé au Tour de l’Oise, au Tour d’Armorique et au Dauphiné où j’ai connu la galère. Dans le premier col, je prenais dix mètres et je revenais au sprint, mais, à un kilomètre et demi du sommet, j’ai sauté. J’ai donc roulé à mon rythme. Une expérience nouvelle pour moi, j’ai appris à m’économiser. Tout çà, parce que je n’ai pas pu me préparer comme il le fallait mais çà va changer désormais, je reprends mes bonnes vieilles méthodes. Quant au vélo, lui aussi, est corrigé. Il faut que je retrouve les sensations. Parfois, ça revient quand je finis de franchir une côte au sprint mais, ce n’est pas encore terrible. Dans ces conditions, je ne veux pas m’aligner au Tour de France si je ne suis pas au mieux. Je ferais le point à l’issue du Midi libre. Si je renonce au Tour, je pourrais préparer la fin de saison comme il convient.

Du 12 au 18 Juin, Luc Leblanc dispute donc le Midi Libre. Il prend la 4ème place de la 5ème étape, Bagnols sur Cèze – Nimes puis termine 11ème au classement général final, à 2′ 29″ de Jérome Simon. Sa décision est prise, il renonce à prendre le départ du Tour de France.

Le 24 juin, Luc Leblanc s’aligne au départ du Championnat de France, à Montluçon. Ce championnat est marqué par une longue échappée de Fabien Pantaglou qui va compter jusqu’à 19 minutes d’avance. Luc Leblanc fait partie  de la quarantaine de coureurs qui rattrapent le fuyard. Il prend finalement la 32ème place. Eric Caritoux remporte le titre pour la deuxième année consécutive.

Le 23 juillet, Luc Leblanc termine 11ème d’une épreuve disputée, en Belgique, entre Eupen et Saint Vith, remportée  par le Belge Rudi Verdonck.

Le 30 juillet, il est en à Newcastle, en Angleterre, pour disputer la Wincanton Classic. Il termine 67ème, dans le même temps que le Hollandais, Frans Maassen.

Le 6 août, au Grand Prix de Montréal, Luc Leblanc retrouve quelques sensations : A 16 kilomètres de l’arrivée,  j’ai monté la côte à fond et lorsque je me suis retourné il n’y avait plus que Steve Bauer et Fabian Fuchs, même Pedro Delgado avait lâché prise et puis, tout est rentré. Lorsque Charly Mottet et Sean Kelly sont partis, j’ai cru que Pedro Delgado, Miguel Indurain, Claude Criquielion et Steve Bauer allaient faire l’effort pour revenir. Ils n’ont pas bougé. J’aurais dû y aller. Dommage, je marchais bien. Il termine finalement 14ème, à 6′ 31″ du Suisse, Jorg Muller.

Le 10 août, de retour en Limousin, Luc Leblanc s’aligne au départ du  Bol d’Or des Monédières. Il passe à l’attaque,  à l’avant dernier tour, au milieu du col des Géants alors que Pascal Simon possède une minute d’avance.  Eric Caritoux, Robert Millar puis Miguel Indurain sortent, à leur tour, du peloton. Cinq hommes se retrouvent à l’avant.  Il faut attendre le dernier tour, à l’approche de la flamme rouge, pour voir se dégager, à nouveau, Luc Leblanc, cette fois-ci, accompagné seulement par Eric Caritoux. Ce dernier va finalement l’emporter  face à Luc Leblanc dépité et rageur au passage sur la ligne d’arrivée.

Le 12 août, Luc Leblanc prend la 72ème place de la  Classique San Sébastien, à 2′ 09″ de l’Autrichien, Gerhard Zadrobilek.

Du 15 au 18 août, l’équipe Histor Sigma est présente au départ de la 22ème édition du Tour du Limousin. Luc Leblanc est entouré  de Didier Virvaleix, Dominique Gaigne, Philippe Chevallier, Marc Seynaeve, Serge Seynaeve, Jean Pierre Heynderrickx et Ceci Armando. Lors de la 1ère étape, dont le départ et l’arrivée sont situés à Brive, Luc Leblanc passe à l’attaque, une première fois, à  Perpezac Le Noir puis dans la côte de Saint Antoine des Plantades. Ces deux attaques ont ruiné les espoirs des échappés du jour mais seul Thierry Claveyrolat avait anticipé le retour des poursuivants. Il franchit la ligne d’arrivée sous des trombes d’eau avec 33 secondes d’avance sur Christian Chaubet qui règle au sprint un groupe de sept coureurs où Luc Leblanc prend la 4ème place :  Je suis ravi de cette 4ème place, cela prouve que chez moi, avec le marquage dont je fais l’objet, je marche bien. Malheureusement, alors que l’on rentrait sur les échappés, Thierry Claveyrolat a flingué. Il était costaud.  Didier Virvarleix a tout fait pour m’aider mais c’était trop juste sur le final.   Par la suite, Luc Leblanc termine 6ème de la 3ème étape, Tulle – La Souterraine, remportée par Laurent Jalabert. Au classement général final, Luc Leblanc monte sur la 3ème marche du podium aux côtés de Thierry Claveyrolat et de Christian Chaubet.

Du 29 août au 3 septembre, Luc Leblanc est, de nouveau, en Angleterre, à Winsminster,  pour disputer la Tournée de Kellog. Il termine 11ème, à 5′ 08″ de Robert Millar.

Du 6 septembre au 14 septembre, il participe au Tour de la Communauté Européenne. Il prend la 9ème place de la 1ère étape disputée entre Franconville et Epernay, dans le même temps que le Belge Peter De Clercq.

Fin septembre, Luc Leblanc annonce que rien ne va plus avec son employeur. Le patron de la firme Histor Sigma l’a informé qu’il pouvait partir quand il le voulait. La nouvelle tombe quelques jours plus tard, Luc Leblanc, rejoint l’équipe de Castorama et Laurent Fignon.

1990 – Chez Castorama une belle saison avec d’excellents résultats et quelques désillusions. Des hauts et des bas au Dauphiné et un premier Tour de France dans la douleur.

Sous son nouveau maillot Castorama, Luc Leblanc débute sa saison à l’Etoile de Bessèges où le 11 février, il prend la 4ème place de la 5ème l’étape, à Molières sur Cèze, dans le même temps que le vainqueur, le Hollandais, John Van Den Akker. Au classement général final, il prend la 20ème place, à 41′ 18″ du vainqueur, le Hollandais Frans Maassen. Il remporte également le classement du meilleur grimpeur.

Le 24 février, Luc Leblanc remporte sa première victoire sous le maillot Castorama en enlevant, avec brio, le 22ème Tour du Haut Var.  Il lance la bonne échappée dans la côte de Mons, seconde difficulté de l’épreuve longue de 200 kilomètres, disputée entre Sainte Maxime et Seillans. Neuf hommes l’accompagnent. Luc Leblanc place une attaque dans le dernier kilomètre. Il passe la ligne d’arrivée avec 7 secondes d’avance sur Claude Criquiélion.

Du 4 au 11 mars, Luc Leblanc dispute Paris-Nice. A l’issue du prologue, il déclare : Je l’ai fait à fond. Comme j’ai pu. Les prologues c’est spécial, je n’aime pas trop. C’est pour les coureurs surpuissants. Mais 14ème c’est bien. D’autant que je pense avoir perdu du temps dans la seule bosse du parcours. Une côte pavée où je n’aurais jamais dû changer de plateau au pied. En gardant le grand plateau et en changeant de pignon, je serais monté en souplesse. Enfin, je suis content, Laurent Fignon est 3ème. Il va falloir compter sur lui. Je crois que nous allons faire mal lors du contre la montre par équipe de 44 kilomètres de Saint Etienne avec deux bosses de 6 kilomètres.  A Saint Etienne, l’équipe Castorama termine 2ème, à 35 secondes de l’équipe Histor Sigma. Lors de la 6ème étape, Toulon – Mandelieu La Napoule, Luc Leblanc prend la 4ème place, dans le même temps que le vainqueur, l’Italien,  Claudio Chiappucci. Sur le contre la montre de la dernière étape, Nice – Col d’Eze, Luc Leblanc va chercher une magnifique 2ème place, à 30 secondes de Jean Francois Bernard. Cette belle performance lui permet de monter sur la 3ème marche du podium du classement général final, à 42 secondes du vainqueur, Miguel Indurain.

Paris Nice 1990 : Luc Leblanc 3ème - Miguel Indurain 1er - Jean François Bernard vainqueur au Col d'Eze - Stephen Roche 2ème - Photo Miroir du cyclisme

Après avoir participé à Milan San Remo, Luc Leblanc s’aligne, le 24 mars, à Pertuis, au départ du Critérium International. Il termine 9ème du contre la montre disputé à Avignon et remporté par Viatcheslav Ekimov puis il  prend la 10ème place du classement général final remporté par son coéquipier Laurent Fignon.

Le 1er avril, Luc Leblanc termine 29ème du Grand Prix de la Ville de Rennes remporté par le Belge, Edwin Bafcop.

Du 4 au 8 avril, il participe au Tour du Vaucluse. Il termine 6ème de la 1ère étape Entraigues – Pertuis, dans le même temps que le vainqueur, Rolf Aldag. A Carprentras, il prend la 3ème place de la 2ème étape, dans le même temps que le vainqueur, Thierry Bourguignon. A Apt, il termine 6ème du contre la montre,  à 52 secondes du vainqueur, Johan Bruyneel. Enfin, lors de la  5ème étape disputée à Avignon, il prend la 9ème place à 1′ du vainqueur, Viatcheslav Ekimov. Au classement général final,  il monte sur la 3ème marche du podium, à 50 secondes du Norvégien, Atle Kvalsvoll. Malgré ce bon résultat, Luc Leblanc n’est pas au mieux de sa forme : Dans l’étape de jeudi où nous montions le Ventoux, une première fois, je n’étais qu’à 70% de mes moyens. J’avais déjà dégusté avec le sale temps. Et puis, dans le contre la montre, ce fut pire. 6ème dans ces conditions, ce n’est pas si mal. En temps normal, Johan Bruyneel, deuxième de cette étape, je le bats. Je n’avais plus de jus, vidé. Dans la dernière journée, avec l’ascension, de nouveau du Ventoux,  je n’ai pu que suivre et  j’en étais deux fois plus malade. J’aurais aimé participé aux deux classiques La Flèche Wallonne et Liège Bastogne Liège mais j’y renonce pour soigner cette rhino-pharyngite et récupérer. 

Le 24 avril, Luc Leblanc termine 9ème du Tour de Vendée, à 2′ 33″ de François Lemarchand.

Le 1er mai, il s’aligne au départ du Prix du Muguet, nouvelle formule, qui se dispute entre Clermont Ferrand et Limoges. Il a,  à ses côtés, Dominique Arnould,  Dominique Garde, Yvon Ledanois, Frédéric Montcassin, Fabrice Philippot, Eric Pichon, Gérard Rué et Pascal Simon. La bataille débute dès la sortie de Clermont Ferrand. Lors de l’ascension du col de Ceyssat, une trentaine de coureurs passent à la trappe. C’est le plus jeune de l’équipe Castorama, Yvon Ledanois qui se lance dans un long raid de 125 kilomètres. Bien protégé par ses coéquipiers, il parvient à regagner Limoges en solitaire avec 1′ 51″ d’avance. Pour la seconde place, Luc Leblanc se fait déborder à 10 mètres de la ligne par Pascal Richard.  Le sprint ce n’est pas mon fort, mais je suis heureux pour Yvon. même si décidément,  je n’arrive pas à gagner chez moi. Peut-être au Tour de France….

Du 8 au 13 mai, Luc Leblanc participe au Tour de Romandie. Il se classe 26ème à 13′ 55″ de Charly Mottet.

Toujours en mai, du 18 au 20, Luc Leblanc enchaîne avec le Tour de l’Oise. Il passe tout près de la victoire lors de la dernière étape disputée entre Noyon et Compiègne. Echappé  avec le Suisse, Othmar Hafliger depuis la côte des Beaux Monts, principale difficulté de la journée, Luc Leblanc est devancé, au sprint, par le coureur Suisse après avoir lancé le sprint aux 250 mètres. Dans cette étape, la plus dure du Tour, j’ai voulu voir où j’en étais en attaquant dans le final. J’étais sûr de gagner quand j’ai lancé le sprint à 250 mètres de la ligne. Et puis Othmar Hafliger m’a sauté. J’aurais dû le laisser attaquer. C’est toujours rageant de rater un succès ! Au classement général final, Luc Leblanc termine en 30ème position, à 23′ 29″ du Belge, Hendrik Redant.

Le 24 mai, Luc Leblanc triomphe au  Grand Prix de Wallonie disputé entre Sombreffe et Namur. Un groupe composé de Jean François Bernard, Laurent Jalabert, Johan Bruyneel, Dirk De Wolf, Claude Criquiélion, Michel Dernies et Luc Leblanc se présente au pied de la dernière ascension de la côte de la citadelle de Namur. Luc Leblanc place une violente attaque dès le pied et décramponne, un à un, ses compagnons de route. Il se débarrasse, dans les derniers mètres, des Belges, Michel Dernies et Johan Bruyneel qu’il laisse à une dizaine de secondes sur la ligne d’arrivée.

Du 28 mai au 4 juin, Luc Leblanc participe au Critérium du Dauphiné Libéré dont le départ est donné à Aix Les Bains. Au soir de la première étape, Luc Leblanc n’est pas très satisfait à cause d’un passage à niveau fermé à 3 kilomètres de l’arrivée alors qu’il se trouvait dans la bonne échappée. Nous étions onze en tête après la montée du Col du Chat et notre avance était d’une vingtaine de secondes. Robert Millar et Ronan Pensec n’étaient pas dans le groupe, c’était un bon truc. Et puis patatrac ! Ce passage à niveau a fait tout capoter. C’est rageant de perdre ainsi le prix de ses efforts. On a bossé pour des nèfles. Le lendemain  après avoir amené le sprint pour Frédéric Moncassin, qui remporte l’étape  il se classe 15ème de l’étape Aix Les Bains – L’Isle d’Abeau. On n’a pas roulé vite aujourd’hui, le vent de face  nous a beaucoup gêné et puis, les gars veulent en garder pour les difficiles journées à venir. Déjà demain, on commence par un col de 3ème catégorie pour finir par un col de 2ème catégorie à 20 bornes de l’arrivée. Même l’arrivée se situe en bosse. Je les aime bien ces arrivées. Sur la 3ème étape entre Anonnay et Aubenas, remportée par Tony Rominger, Luc Leblanc termine 11ème mais, il perd une vingtaine de seconde à la suite d’une cassure dans la descente du dernier col. Ce n’est pas bien méchant en fonction de ce qui reste samedi et dimanche. Cà m’étonnerait que Rolf Golz les passent bien quant à Tony Rominger, il pourrait bien être esseulé. Aujourd’hui, ses cinq équipiers étaient loin derrière. La 4ème étape voit une nouvelle victoire de Frédéric Moncassin. Luc Leblanc termine dans le premier peloton. Lors de la 5ème étape entre Avignon et Gap, Luc Leblanc frappe fort. Dans le col d’Espreaux, dernière difficulté du jour, il passe à l’attaque.  Il bascule au sommet  avec deux minutes d’avance et bien qu’il reste 40 kilomètres, il parvient à rallier Gap avec près de deux minutes d’avance. Du même coup, il prend le maillot jaune avec 1′ 17″ d’avance sur Tony Rominger. J’étais avec Kim Andersen, Sean Yates et un coureur de Loto, çà roulait mou alors, j’ai attaqué, au pied du col. J’ai monté les douze bornes à mon train et pourtant, au sommet, j’avais deux minutes d’avance. Il restait alors 40 kilomètres avec de longues lignes droites sur la route nationale, balayée par un vent latéral. J’ai quand même résisté à la chasse. C’est maintenant que le plus dur reste à faire, qu’il faut être costaud encore plus dans la tête que dans les jambes. Je redoute cette journée de samedi. Si je la passe bien alors ….Je sais que l’on va m’attaquer, c’est la course mais j’ai le moral et le soutien d’une excellente équipe. La suite va être plus difficile pour Luc Leblanc. Lors de l’étape de samedi, entre Gap et Allevard Les Bains il termine à 10 minutes et il perd le maillot jaune. Il y a eu des cassures dans la descente du premier col. Tout le monde m’a attaqué. Je me suis retrouvé seul et je n’ai pas pu boucher le trou. Pourtant, j’étais alors en forme. Mais, comme çà roulait vite, il n’était pas possible de supporter la course tout seul car autant mon équipe a pu m’aider sur le plat, autant, je n’avais personne dans les cols. Lors de l’avant dernière étape entre Allevard et Annecy, les choses se compliquent pour Luc Leblanc. Il ressent une vive douleur à un genou et doit discrètement quitter le Dauphiné par la petite porte. C’est probablement une déchirure de l’aileron rotulien. Rien de trop grave mais, il me faut trois jours de repos afin de ne pas hypothéquer ma saison. 

Dauphiné 1990 - Luc Leblanc triomphe à Gap. (Photo Cyclisme international).
Dauphiné 1990 - Luc Leblanc s'empare du maillot jaune.

Du 11 au 17 juin Luc Leblanc participe au 41ème Grand Prix du Midi Libre. Il se classe 7ème de la 3ème étape Lamalou – Roquefort remportée par Eric Caritoux. Au classement général final, il prend la 7ème place. Son coéquipier, Gérard Rué remporte l’épreuve. Luc Leblanc termine à 1′ 4″.

Le 23 juin, le club des supporters de Luc Leblanc fait le déplacement à Saint Saulge pour encourager son protégé au championnat de France. C’est une déception. Neuf coureurs dont le futur champion, Philippe Louviot,  s’échappent dès le début de course. Les principales équipes étant représentées, la poursuite n’est pas engagée. Luc Leblanc respecte les consignes d’équipe et s’éclipse, discrètement, à un tour de la fin.

Le 30 juin, Luc Leblanc se rend à Poitiers, pour prendre le départ de son premier Tour de France. Le prologue se dispute au Futuroscope. Autour de son leader, Laurent Fignon, l’équipe Castorama est composée de  : Vincent Barteau, Christophe Lavainne, Thierry Marie, Fabrice Philipot, Bjarn Riis, Gérard Rué, Pascal Simon et Luc Leblanc, porteur du dossard 14. Avant le départ du Tour, il s’est confié à Claude Droussent journaliste de Miroir du Cyclisme : Je vais débuter aux côtés d’un leader qui s’appelle Laurent Fignon. Il y a encore un an je n’y attendais pas. Il n’était pas question que je quitte l’équipe Histor. Avec Laurent Fignon, je suis forcément plus motivé. Je sais qu’il compte sur moi pour l’épauler en montagne. Il me faut ouvrir grand mes oreilles et mes yeux pour apprendre. J’ai une chance inouïe, celle de débuter dans le Tour, à l’âge où j’ai toujours pensé le faire, dans l’équipe d’un grand favori et avec la possibilité d’être devant. Et on ne sait jamais. Supposez que je parte un jour dans un coup et que j’endosse le maillot jaune tout en travaillant pour Laurent…. Lorsque le journaliste du Populaire du Centre, Jacques Lapellégerie, lui dit qu’il peut réussir, là où Raymond Poulidor a échoué pour le port du maillot jaune, Luc Leblanc se montre beaucoup plus prudent : Pas si vite ! Le maillot je l’ai eu au Dauphiné et on a vu ce qui est arrivé. Reste que je persiste à dire que je serais revenu avec un équipier sur Thierry Claveyrolat et Robert Millar et qu’ils ne m’auraient pas largué ensuite dans la Chartreuse. J’ai été déçu bien sûr c’est tellement grisant d’avoir le maillot jaune mais je suis quand même confiant après ce que j’ai accompli la veille pour le conquérir dans l’étape de Gap. Le Tour est une épreuve tellement longue qu’il faut être mûr physiquement pour l’affronter. Je sais que Laurent Fignon compte sur moi pour l’épauler en montagne. Je vais tâcher d’être à la hauteur. Malheureusement, dès la 5ème étape disputée entre Avranches et Rouen, c’est la catastrophe. Une chute survenue peu avant le ravitaillement de Villers Bocage, entraîne l’abandon de Laurent Fignon. Luc Leblanc termine 188ème de l’étape à 10′ 25″. Avant d’aborder les Alpes, Luc Leblanc est classé 106ème à 18′ 36″ de Steve Bauer. Lors de la 11ème étape, entre Saint Gervais et l’Alpe d’Huez, Luc Leblanc n’est pas au mieux : Dans le col de la Madeleine, j’ai sauté tout de suite. Il restait alors 100 bornes avec le Glandon et l’Alpes d’Huez. J’ai failli arrêter quand j’ai vu Guido Bontempi et Carlo Bomans, eux à qui je prends trois quarts d’heure en montagne, me passer devant. Luc Leblanc termine l’étape à la 81ème place, à 24 minutes de Gianni Bugno. Le 16 juillet, lors de l’étape Millau – Revel, Luc Leblanc retrouve quelques sensations. Il se glisse dans une échappée de 19 coureurs qui va compter près de huit minutes d’avance sur le peloton au 140ème kilomètre. C’est le moment où Charly Mottet fait exploser le groupe de tête et file seul vers l’arrivée. Luc Leblanc parvient à se glisser dans un groupe de contre. Il prend la 8ème place à 2′ 02″. La traversée des Pyrénées n’est pas non plus une sinécure pour Luc Leblanc.  Lors de la 16ème étape, entre Blagnac et Luz Ardiden, dans le col d’Aspin, j’étais content je suis passé en 35ème position avec les costauds et puis dans le Tourmalet , le trou … Les gars me passaient en paquet ou un par un. Je zigzaguais. La montée de Luz Ardiden, je l’ai faîte tout seul. A l’arrivée, Luc Leblanc se classe 82ème à 22 minutes. Lors de La 19ème étape, Castillon La Bataille – Limoges, Luc Leblanc termine à la 54ème place à 6′ 04″ du vainqueur Guido Bontempi. Il se montre relativement déçu de ce résultat : Je n’étais pas bien placé lorsque l’échappée s’est créée mais, je n’ai pas mis longtemps pour réagir dans cette longue bosse de Champs Romain. J’étais presque revenu sur la tête quand j’ai vu rappliquer le peloton amené par Gilbert Duclos Lassalle, à un train d’enfer. Je n’ai pas compris. Quel danger pouvais-je représenter pour les Z dès lors que je suis à 1h 20′. Ça m’a coupé les jambes. Greg Lemond est venu à ma hauteur pour me demander des tuyaux dans le final notamment la côte d’Aixe sur Vienne. Il est très gentil Greg, c’est un plaisir de parler avec lui. Je lui ai dit que cette bosse n’était pas assez dure pour tenter un coup. Le lendemain, Luc Leblanc fait le chrono du Lac de Vassivière à fond. Au km 27, à La Villedieu, il a, en point de mire, Roland Leclerc parti 4 minutes avant lui. A Lauzat, il est presque revenu dans la roue de Melchior Mauri parti deux minutes devant lui. Bien qu’il coince un peu sur la fin,  il réalise le meilleur temps lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée. Seuls neuf autres coureurs feront mieux que lui, dont Greg Lemond, 5ème de l’étape, qui s’empare du maillot jaune en terminant à 57 secondes du vainqueur Eric Breukink. Luc Leblanc concède, quant à lui, 2′ 27″ sur le coureur Hollandais. Au final, Luc Leblanc termine son premier Tour de France à la 73ème place, à 1h 31′ 13″ de Greg Lemond.

Le 4 août, Luc Leblanc dispute la 25ème nocturne de Dun Le Palestel et, pour la première fois, l’épreuve est open. Au départ, il s’interroge : Pour moi c’est la reprise après le Tour. Je suis venu sans mon casque, je l’ai oublié à la maison alors que c’est obligatoire sur ce circuit. Le président du Comité du Limousin, Claude Fayemendy se montre tolérant : D’accord tu pars, mais évites de prendre des risques. Tu n’as qu’à faire la course en tête, ce sera moins dangereux. C’est la consigne que Luc Leblanc va appliquer. A la mi course Luc Leblanc, Thierry  Ferrer et Laurent Eudeline ont relégué le peloton à 1′ 30″.  La victoire se joue au sprint. Luc Leblanc se montre le plus rapide mais il doit s’employer pour devancer un Thierry Ferrer accrocheur.

Le 9 août, il participe au 24ème Bol d’Or des Monédières. Tout se joue dans la dernière montée du Col des Géants. Luc Leblanc passe à l’attaque entrainant avec lui Thierry Claveyrolat et Ronan Pensec. A La croix sous l’Arbre, Luc Leblanc relance l’allure ce qui entraine la perte de Ronan Pensec. Dans la dernière montée du bourg de Chaumeil, Thierry Claveyrolat démontre, une nouvelle fois ses talents d’escaladeur en laissant Luc Leblanc à une longueur.

Le 14 août, Luc Leblanc est le grand animateur du début de course du Critérium de Meymac mais il va devoir regagner les vestiaires suite à des ennuis mécaniques.

Le lendemain 15 août, Luc Leblanc se présente au départ du Tour du Limousin. A Guéret, il termine 9ème de la 1ère étape, remportée par Christian Chaubet. Lors de la deuxième étape qui arrive chez lui à Saint Yrieix La Perche, alors qu’il entrevoit la victoire, il est devancé au sprint par son coéquipier Yves Bonnamour. Par la suite, lors de l’étape Saint Yrieix – Saint Augustin Luc Leblanc est englué dans la seconde partie du peloton qui accuse, à l’arrivée, un retard de plus de trente minutes. Il prend la 9ème place de la dernière étape Tulle – Limoges, dans le même temps que le vainqueur, l’amateur, Jean Cyril Robin. Au classement général, Luc Leblanc termine 32ème à 30′ 54″ du vainqueur, Martial Gayant.

Le 21 août, il termine 40ème du Grand Prix de Plouay, à 10′ 20″ du vainqueur, Bruno Cornillet. Durant dix tours, il a fait partie d’une échappée de sept coureurs. Repris, il est reparti avec Marc Madiot et Martial Gayant. A nouveau rejoint, il est victime d’une cassure causée par la chute de Ronan Pensec.

A l’issue du Grand Prix de Plouay, Luc Leblanc apprend sa sélection pour représenter la France, le 2 septembre, au championnat du monde à Utsonomya, au Japon. Le jour J, au Japon, en l’absence de Charly Mottet et de Laurent Fignon les deux fers de lance du cyclisme national, Luc Leblanc a pour partenaires : Thierry Claveyrolat, Jean Claude Colotti, Bruno Cornillet, Gilles Délion, Gilbert Duclos Lassalle, Gérard Rué, Martial Gayant, Laurent Jalabert, Philippe Louviot, Thierry Marie et Ronan Pensec. Luc Leblanc se fait remarquer en se glissant dans une échappée lancée au 3ème tour. 18 coureurs composent l’échappée où figurent également Gérard Rué, Gilles Delion et Martial Gayant. L’écart avec le peloton va atteindre les sept minutes. Rentré dans le rang, Luc Leblanc regagne les vestiaires. Le Belge Rudy Dhaenens  remporte le titre devant son compatriote Dirk De Wolf. Le meilleur Francais, Laurent Jalabert prend la 6ème place, à 8 secondes.

Luc Leblanc termine sa saison en participant au Tour de Catalogne du 7 au 13 septembre. Il ne figure pas au classement final remporté par l’Espagnol, Laudelino Cubino.

1991 – Le divorce avec Laurent Fignon. Un second Tour de France avec un top 5.

A l’aube de la saison 1991, les propos de Cyrille Guimard donne le ton : Si Laurent Fignon est le leader incontestable, Luc Leblanc, qui à l’âge de 24 ans attaque sa 5ème saison professionnelle, est le deuxième leader de notre formation. Il sera donc conduit à prendre des initiatives. Luc sera le joker de l’équipe. 

En stage avec l’équipe Castorama, au Château de Tournon, près d’Aix en Provence, Luc Leblanc n’a participé à aucunes épreuves méditerranéennes,  à cause d’un zona.

Le 3 février, il participe à la Ronde des Pyrénées, à Perpignan. il se classe 42ème à 6′ 35″ du Belge, Wilfried Peeters.

Le 23 février, Luc Leblanc se rend à Mondello, en Sicile, pour participer à la semaine cycliste internationale. A l’issue des 6 étapes, il prend la 8ème place du classement général final,  à 20 secondes du vainqueur, l’Australien, Phil Anderson.

Toujours en Sicile, le 3 mars, Luc Leblanc termine 3ème du Trophée Pantalica, disputé sur 187 kilomètres entre Canicattini et Floride, dans le même temps que le vainqueur, l’Australien Scott De Sunderland.

Du 13 au 20 mars, Luc Leblanc dispute Tirreno Adriatico. Il se classe 2ème de la 2ème étape Maddaloni-Frosinone, dans le même temps que le vainqueur, le Suisse Pascal Richard. 7ème de la 6ème étape Osimo – Mont Urano, à 1′ 55″ du vainqueur le Belge Dirk De Wolf. 4ème de la 7ème étape Grottamarre-Ancanaro, dans le même temps que le vainqueur, le Danois Jesper Skibby. Au classement général final, il termine à la 10ème place, à 3′ 35″ de l’Espagnol Herminio Diaz Zabala.

Le 30 mars, Luc Leblanc se rend à Bollène pour disputer le Critérium International. Après les 3 étapes, il termine 101ème. Stephen Roche remporte l’épreuve.

Le 7 avril, un groupe de quatre coureurs se dispute, au sprint, la victoire du Grand Prix de Rennes. Luc Leblanc est devancé par le Danois Kim Andersen.

Du 10 au 13 avril, il participe au Tour de la Sarthe. Il termine 18ème, à 4′ 27″ de Bruno Cornillet.

Le 21 avril, il termine à la 76ème place de Liège Bastogne Liège,  à 13′ 47″ de l’Italien Moreno Argentin.

Le 27 avril, il prend la 67ème place de l’Amstel Gold Race, à 16 secondes du Hollandais Frans Maassen.

Le 7 mai, Luc Leblanc se rend à Chiasso, en Suisse,  pour prendre le départ du Tour de Romandie. Le 11 mai, il prend la 7ème place du contre la montre individuel de 19,4 kilomètres, à 52 secondes du vainqueur Tony Rominger. Au classement général final, il se place 15ème, à 9′ 02″ de Tony Rominger.

Le 19 mai, Luc Leblanc participe à la Classique des Alpes disputée entre Chambéry et Aix Les Bains. Il prend la 3ème place, à 2′ 53″ derrière Charly Mottet et Robert Millar.

Du 24 au 26 mai, Luc Leblanc dispute le Tour de l’Oise. Il termine 30ème, à 30 secondes du Belge Wilfried Nélissen.

Le 1er juin, Luc Leblanc se rend à Plumelec pour disputer A Travers le Morbihan. Il prend la 5ème place, à 52 secondes du vainqueur Bruno Cornillet. Echappé en compagnie de Peter De Clercq, de Soren Lilholt, de Pattyn Franky et de Bruno Cornillet, Luc Leblanc doit laisser filer ce dernier vers la victoire à quatre kilomètres de la banderole.

Le 3 juin, Luc Leblanc prend,  à Chamonix,  le départ du Dauphiné Libéré. Il se classe 9ème de la 5ème étape Crête  – Villars de Lans, à 1′ 35″ de Luis Herrera, 3ème de la 6ème étape Villars de Lans – Aix Les Bains, à 2′ 22″ de Laudelino Cubino. Au classement général final, il prend la 8ème place, à 5′ 35″ de Luis Herrera.

Du 18 juin au 24 juin, Luc Leblanc dispute le 42ème Grand Prix du Midi Libre dont le départ est donné à Canet en Roussillon. Il remporte la 5ème étape La Grand’Combe – Marjevol avec 1′ 36″ d’avance sur Gilbert Duclos Lassalle. Il termine 3ème de la 4ème étape Palavas – La Grand’Combe, à 55 secondes de l’Italien Bruno Leali, 4ème de la 6ème étape disputée contre la montre sur 26 kilomètres entre La Canourgue et Decazeville, à 31 secondes de Francis Moreau.  Au classement général final, Gilbert Duclos Lassalle s’impose, Luc Leblanc prend la 4ème place à 6′ 47″.

Le 30 juin, le fan club de Luc Leblanc fait le déplacement à Saint Saulge où se déroule le Championnat de France.  Ce jour là, les quatre meilleures équipes françaises laissent échapper le titre au profit du coureur de Toshiba, Armand de Las Cuevas. Philippe Casado, après  une longue échappée, est repris à 400 mètres de la ligne d’arrivée sous l’impulsion des coureurs de Toshiba qui oeuvrent pour Laurent Jalabert. 31 coureurs se présentent ensemble au pied de la dernière côte. Laurent Jalabert et Luc Leblanc sont idéalement placés mais, c’est Armand de Las Cuevas  qui s’impose après avoir lancé un sprint long   qui a ramené à la raison Laurent Jalabert, Thierry Claveyrolat et Luc Leblanc. Luc Leblanc prend la 5ème place après une course remarquable en ayant notamment tenté un rapproché sur Philippe Casado avec Gilbert Duclos Lassalle collé à ses basques.  A l’issue du championnat, le directeur sportif de Luc Leblanc, Cyrille Guimard, pas tout du tout satisfait de l’attitude de son leader, Laurent Fignon, qui n’a pas vraiment fait la course d’équipe, ne manque pas de lui faire fermement savoir. Le divorce entre les deux hommes qui couvait depuis plusieurs semaines est consommé. Laurent Fignon annonce, dès le lundi suivant le championnat, sa volonté de quitter l’équipe en fin de saison. Luc Leblanc voit alors, son statut modifié, de coureur protégé, il devient co-leader.

C’est dans cette ambiance particulière que Luc Leblanc se présente, le 6 juillet,  à Lyon pour prendre le départ de son 2ème Tour de France. L’annonce du divorce Guimard- Fignon ne change guère ses objectifs du moins d’après ses dires, recueillis par Jacques Lapellegrie, journaliste du Populaire du Centre  : En fait, jusqu’alors j’étais leader de la seconde équipe. Mon statut est juste renforcé. Je voudrais gagner une étape de montagne si possible. Ça marque, à jamais, la carrière d’un coureur, une étape de montagne. Et finir à une bonne place aussi. Je suis en pleine forme physique et le moral est au beau. La rupture entre Laurent Fignon qui est tout de même notre leader et Cyrille Guimard n’a nullement altéré le climat de l’équipe. Nous sommes vraiment des copains, çà compte beaucoup. 

Au départ du Tour, à Lyon, Luc Leblanc porte le dossard 95 et il est entouré de Laurent Fignon, Dominique Arnould, Jean Claude Bagot, Christophe Lavainne, Thierry Marie, Bjarne Riis, Pascal Simon et Frédéric Vichot. Luc Leblanc termine 18ème du prologue de 5,4 kilomètres,  à 14 secondes, de son coéquipier Thierry Marie. Lors du contre la montre par équipe, disputé sur 36 kilomètres, entre Bron et Chassieu, l’équipe Castorama termine 2ème, à 8 secondes, de l’équipe Ariostea. Lors du chrono de la 8ème étape, long de 73 kilomètres, entre Argentan et Alençon, Luc Leblanc réalise le 11ème temps, à 2′ 55″ de Miguel Indurain. Il précède Laurent Fignon de 46 secondes. Le jeudi 18 juillet, lors de l’étape Pau – Jaca, Luc Leblanc crève l’écran. Au km 66, on retrouve 22 coureurs en tête, dont Luc Leblanc,  avec une avance de 3′ 20″ sur le peloton. Le maillot vert, Djamolidine Abdoujaparov figure également dans le groupe de tête. Au sommet du Col du Soudet, quatre hommes ouvrent la route : Pascal Richard, Andrew Hampsten, Luc Leblanc et  Jan Nevens. Maurizio Fondriest est à 13″, Gilbert Duclos-Lassalle à 1’35″. Charly Mottet qui est sorti du peloton est pointé 9ème, à 2’13″, Sergei Ouslamine, à 2’40″, Gianni Bugno et Pedro Delgado, à 3’50″, le peloton est à 3’55″. Au sommet  du col d’Ichère(km 125), on retrouve 6 hommes en tête : Pascal Richard, Andrew Hampsten, Luc Leblanc, Maurizio Fondriest, Charly Mottet et Jan Nevens. Le peloton « maillot jaune »  de Greg Lemond et les principaux favoris pointent à 2’05″. Au km 136, l’écart est monté à 3’30″. Au pied du Somport, km 140, les six fuyards comptent maintenant 4’20″. A mi-col, Jan Nevens est lâché du groupe, le peloton est à 5’35″. Luc Leblanc se détache et passe le Somport en tête avec Pascal Richard et Charly Mottet à 15″, Andrew Hampsten à 1’37″, Maurizio Fondriest à 5’24″ etc. Le peloton est à 7’15″. Charly Mottet et Pascal Richard reprennent Luc Leblanc dans la descente du col. Les trois hommes se départagent au sprint. Charly Mottet règle ses compagnons de route.  Luc Leblanc s’empare du maillot jaune avec un avantage de 2′ 35″ sur Greg Lemond. C’est un Luc Leblanc tout sourire qui livre ses impressions dès la ligne d’arrivée franchie : Trente kilomètres avant le premier col, j’ai vu que les gros se regardaient. J’ai attaqué, la sélection s’est faite, au fur et à mesure des kilomètres. Lorsque Charly Mottet est revenu, j’ai su que l’on pouvait travailler tous les deux et creuser l’écart. Je voulais tenter quelque chose depuis plusieurs jours. Mon contre la montre  satisfaisant a été ma première surprise sur ce Tour. Quand j’ai attaqué, je ne savais pas comment l’aventure se terminerait mais, j’ai bénéficié de l’énorme travail de Pascal Simon. Si j’ai le maillot jaune, c’est beaucoup grâce à lui. J’ai été régulièrement informé de mon avance par Bernard Quilfen, l’adjoint de Cyrille Guimard. Je n’en revenais pas. Sur les derniers kilomètres, j’ai tout donné afin de conserver mon avance sur Greg Lemond. Je voulais plus, le maillot jaune que la victoire d’étape. C’est vrai, je suis le premier Limousin à prendre le maillot jaune. Raymond Poulidor n’a pas pu le porter. Aujourd’hui, je l’ai vengé. On va attendre beaucoup de moi. Je ne sais pas si mes jambes tiendront. Ce sera très dur. Mais tous les autres ont souffert aussi. Vendredi, il y a cinq cols à monter. Je ne pense pas être fatigué. Je ne pense pas non plus que mon maillot jaune puisse gêné Laurent Fignon. Je suis prêt à jouer la carte d’équipe. Le lendemain, Luc Leblanc connait une de ses plus dures journée. L’étape conduit les coureurs de Jaca à Val Louron. Le peloton reste groupé jusqu’au premier col escaladé à faible allure. La course se lance dans l’Aubisque. Patrice Esnault, Yvon Madiot, Guido Winterberg se dégagent dans la première partie du col et sont repris en vue du sommet où Gianni Bugno a accéléré. Au sommet de l’Aubisque (km 100) Guido Winterberg passe en tête. Le peloton maillot jaune est à 14″. Le regroupement s’opère dans la descente, sur le palier de Soulor où Roman Pensec tente sa chance avec Eduardo Chozas. Au bas de la descente, à Argelès-Gazost (km 129) Ronan Pensec et Edouardo Chozas possèdent 1’25″ d’avance sur six contre attaquants : Alvaro Mejia, Gilles Delion, Anselmo Fuerte, Pascal  Simon, Eric Caritoux et Fernando Quevedo qui seront repris au bas du Tourmalet où Roberto Conti se lance à la poursuite d’Eduardo Chozas et de Ronan Pensec. Il les rejoint au km 156. Greg LeMond attaque à la sortie de Barrèges, au plus dur de l’ascension. Claudio Chiappucci revient puis Miguel Indurain. Un groupe de huit coureurs se forment avec aussi Luc Leblanc, Andrew Hampsten, Gérard Rué, Giani Bugno et Charly Mottet. Roberto Conti est rejoint par ce groupe à 3 kilomètres du sommet. Greg LeMond faiblit dans le dernier kilomètre du Tourmalet. Au sommet : Claudio Chiappucci, Miguel Indurain, Andrew Hampsten, Charly Mottet, Gianni Bugno, Luc Leblanc et Gérard Rué passent en tête. Roberto Conti et Greg LeMond,  en grande difficulté, sont à 17″. Dès la bascule dans la descente, Miguel Indurain s’en va seul. Greg LeMond rejoint le groupe « maillot jaune » mais l’Espagnol creuse l’écart et possède 55″ au bas de la descente (Ste-Marie de Campan – km 183). Claudio Chiappucci se lance alors à la poursuite de Miguel Indurain et le rejoint au pied d’Aspin (km 188). Luc Leblanc est lâché dans la montée d’Aspin sur une attaque de Gianni Bugno qui emmène avec lui, Laurent Fignon et Charly Mottet. Au sommet d’Aspin (km 196) les passages sont les suivants : en tête,  Claudio Chiappucci et Miguel Indurain, à 2’15″ Gianni Bugno, Charly Mottet et Laurent  Fignon, à 3’34″ Andrew Hampsten, Greg LeMond, Eduardo Chozas, Gérard Rué, à 6 minutes  Jean François Bernard, à 6’45″ Luc Leblanc. Dans la montée finale vers Val Louron, Miguel Indurain et Claudio Chiappucci maintiennent leur avance. Gianni Bugno lâche Laurent Fignon, lequel distance, à son tour, Charly Mottet. Pour la victoire d’étape, Claudio Chiappucci devance Miguel Indurain lequel endosse le maillot jaune. Luc Leblanc 16ème de l’étape concède 12′ 36″. Au général, il se retrouve 8ème à 7′ 51″ de Miguel Indurain. : Je crois que je n’aurais, peut-être, pas dû aller chercher Claudio Chiappucci. Et puis non, si  ! Si c’était à refaire, je recommencerais. Je me suis battu, il ne m’a pas manqué grand chose. J’ai dû faire une petite hypoglycémie. Pourtant, j’ai bien mangé. J’ai soudain été vidé de mes forces. Cyrille Guimard avait beau m’encourager, j’étais mal. Je ne pouvais même pas prendre les roues des coureurs qui revenaient de l’arrière. Je vais décompresser quelques jours pour recharger les accus avant les Alpes. Le 20 juillet, entre Saint Gaudens et Castres, Luc Leblanc se glisse, à nouveau à l’avant de la course, dans un groupe de 22 coureurs qui porte son avance à 3’15″ au km 120 mais les Gatorade et les Lotto organisent la poursuite. Bruno Cenghialta sort seul du groupe de tête au km 146. Après 172 km de course, il l’emporte, en solitaire à Castres. Luc Leblanc prend la 7ème place de l’étape,  à 37 secondes et reprend 42 secondes à Miguel Indurain. Il gagne une place au classement général,  7ème à 6′ 52″. A vélo, à chaque jour sa vérité, Je me suis senti bien aussi quand j’ai vu Jean François Bernard démarrer, j’y suis allé. J’ai bien récupéré de mes efforts de jeudi et de vendredi. Ceci m’a permis d’évacuér ma déception d’avoir perdu le maillot. Le 23 juillet, une courte étape conduit les coureurs de Gap à l’Alpe d’Huez. Dans la montée de l’Alpe, sur une accélération de Gianni Bugno, Laurent Fignon, Pedro Delgado et Greg Lemond sont décrochés.  A 9 kilomètres du sommet, Gianni Bugno emmène Miguel Indurain et Claudio Chiappucci. Luc Leblanc et Jean François Bernard les rejoignent un peu plus haut. A 5 km du sommet, la situation est la suivante : Gianni Bugno, Miguel Indurain, Jean François Bernard et Luc Leblanc, à 25″ Claudio Chiappucci, à 30″ Thierry Claveyrolat, à 36″ Steven Rooks, à 55″ Laurent Fignon, Pedro Delgado, Alvaro Mejia, à 1’25″ Greg LeMond, Charly Mottet, Gert Jan Theunisse. Jean François Bernard fournit un gros travail pour Miguel Indurain puis cède à 3 kilomètres du sommet. Luc Leblanc est victime d’un accrochage avec un spectateur mais revient. Au sommet, Gianni Bugno règle facilement Miguel Indurain et Luc Leblanc pour le gain de l’étape. Miguel Indurain conserve son maillot jaune. Luc Leblanc est désormais 6ème au général à 6′ 53″. Cyrille Guimard m’avait dit dans la montée de l’Alpe d’Huez : Lucho tu ne réponds pas aux accélérations de Claudio Chiappucci  et de Gianni Bugno dans la montée. Tu verras, tu reviendras sur eux. Ça a bien marché même si Jean François Bernard m’a donné un sacré coup de main. Putain, je me sentais si bien et ce spectateur a pris mon guidon sans doute pour m’encourager et ce fut la chute. Vraiment con quand même.  Je pense que j’aurais gagné car sur la gamelle, j’ai perdu 100 mètres  et  j’ai dû faire un violent effort pour revenir. En plus, j’avais du mal à serrer le guidon  pour le sprint avec mon coude endolori . Lors de l’étape Bourg d’Oisans – Morzine, Luc Leblanc prend la 12ème place, il gagne une place au général  en passant Greg Lemond. Il occupe désormais la 5ème place qu’il va conserver jusqu’à Paris.

Les performances de Luc Leblanc sur ce Tour  ont attiré l’attention des journalistes sportifs ainsi, Eddy Gershel, lui consacre plusieurs colonnes dans Miroir du Cyclisme d’août 1991. MC : Etes vous préparé à ce grand mouvement de popularité. ? Je préfère que ce soit comme cela plutôt que de courir dans ‘anonymat. Les autographes, la foule, les sollicitations, çà ne me dérange pas. Il va seulement falloir que je contrôle tout cela.  MC : Vous attendiez vous à réaliser un Tour de Fance comme celui là : J’avais bien marché au Midi Libre et au championnat de France mais, de là à réaliser ces performances, je ne m’y attendais pas du tout. MC : Comment avez vous vécu cette journée en jaune : Les sollicitations au soir de l’étape de Jaca, combinées à mon manque d’expérience, ont fait que j’ai commis quelques erreurs de jeunesse. Par exemple, je me suis mis dans le rouge dans le Tourmalet pour suivre les meilleurs. Si j’étais resté, à l’arrière, en compagnie de Laurent Fignon, je serais, sans doute, revenu avec lui dans Aspin. MC :  Ce tour vous permet il de mieux situer vos possibilités au plus haut niveau : Je sais que j’ai encore beaucoup à progresser. Par rapport à certains coureurs du même âge, je considère que je suis encore un gamin. Je me pose trop de questions. J’ai trop envie de bien faire. Ce Tour m’a mis en confiance. Maintenant, je sais que j’ai des qualités que je peux exploiter. MC  : Combien de temps vous donnez vous pour parvenir à votre meilleur niveau : Le niveau augmente constamment. Maintenant, les Espoirs ont 26, 27 ans, les jeunes de 22, 23 ans ne peuvent plus postuler à une victoire dans le Tour comme le fit Bernard Hinault. Je serais en pleine possession de mes moyens dans deux ans. MC :  Pensez vous, à postériori, d’avoir signé chez Histor, en 1989, était une erreur : Ce ne fut pas une expérience agréable mais, çà non plus, je ne le regrette pas. Ça m’a permis de découvrir beaucoup de choses. MC : Avez vous accepté une importante réduction de salaire en  rejoignant Castorama  : Oui, mon salaire a été, grosso modo, divisé par deux. MC : comment avez vous vécu le contexte agité de l’équipe Castorama durant ce Tour :  L’annonce de la séparation de Cyrille et de Laurent, juste avant le Tour, a été une libération pour tout le monde. Là au moins, on ne tournait pas autour du pot, on savait où l’on allait. Après le championnat de France, Cyrille a rassemblé tout le monde et a déclaré que je serais protégé durant le Tour. Ça peut être un peu tendu les relations avec Laurent. MC : Vous êtes vous adressé la parole durant le Tour : Peut être que Laurent a été gêné que je sois devant lui au classement. De son côté, il avait visiblement du mal à venir me parler et moi, je n’osais pas aller le voir  car je ne savais pas quelles étaient ses pensées. Les grands champions n’aiment pas en général que leurs équipiers soient devant eux. Ça m’a déçu.  Luc Leblanc précisera plus tard au journaliste du Populaire du Centre, Jacques Lappellègerie  : Sur l’étape de Val Louron, lorsque Fignon est revenu sur moi, au pied de l’Aubisque, il est passé à côté de moi sans un regard et il a flingué. 

Tour de France 1991 - 12ème étape Pau - Jaca : Luc Leblanc et Charly Mottet
Luc Leblanc au Critérium du Dauphiné Libéré 1991 (Photo Cyclisme International).

Le 4 août, Luc Leblanc termine  8ème de la Wincanton Classique, à Brighton, à 44 secondes du Belge Eric Van Lancker

Le 8 août, sous la pluie, Luc Leblanc remporte le Bol d’Or des Monédières. Il passe à l’attaque en entraînant avec lui Stephen Roche et Didier Virvaleix.  Stephen Roche est le premier à fléchir alors que Eric Caritoux et Denis Roux sont pointés à 17 secondes. Voyant cela Luc Leblanc accélère.  Didier Viravaleix décroche. Au sommet du col des Géant, l’écart est de 20 secondes. Il sera de 37 secondes sur la ligne d’arrivée où Eric Caritoux règle, au sprint, Denis Roux et Didier Virvaleix.

Le 10 août, Luc Leblanc termine 103ème de la Classique San Sébastien, à 5′ 06″ de Gianni Bugno.

Le 12 août, il dispute le Critérium de Meymac, il termine 4ème, à 18 secondes de Thierry Claveyrolat.

Le 14 août, il s’aligne au départ du Tour du Limousin. Il termine 8ème de la 1ère étape, Limoges – Saint Junien, remportée par le Belge Michel Vermotte, 4ème de la 3ème étape Tulle – Aubusson, à 44 secondes de son coéquipier Pascal Simon, 2ème de la 4ème étape Aubusson – Limoges dans le même temps que Jean Claude Colotti.  Toutes ces places d’honneur lui permettent d’occuper la 5ème place de cette 24ème édition du Tour du Limousin, à 38 secondes par Michel Vermotte.

Le 20 août, Luc Leblanc termine 34ème du Grand Prix de Plouay, à 11′ 21″ du nouveau champion de France, Armand de Las Cuevas.

Le 25 août, Luc Leblanc représente la France au Championnat du Monde, à Stuttgart. Il est entouré de Laurent Fignon, Gérard Rué, Marc Madiot, Charly Mottet, Bruno Cornillet, Jean François Bernard, Jean Claude Colotti, Gilles Delion, Laurent Jalabert, Armand De Las Cuevas et Thierry Claveyrolat. 34 coureurs abordent le dernier tour ensemble. Gianni Bugno place une attaque entrainant avec lui Miguel Indurain, Steven  Rooks et Alvaro Mejia. Le groupe possède 10 secondes d’avance à la flamme rouge. Gianni Bugno s’impose devant Steven Rooks, Miguel Indurain et Alvaro Mejia. Le premier Français, Laurent Fignon prend la 16ème place, à 11 secondes. Luc Leblanc termine 47ème à 7′ 18″.

Le 2 septembre, Luc Leblanc dispute le Circuit de l’Aulne, à Chateaulin. Il termine à la 8ème place, à 15 secondes de Jean François Bernard.

1992 – Un titre de champion de France acquis de haute lutte suivi d’une polémique pas vraiment justifiée.  Un 3ème Tour de France qui s’achève dans la douleur.

Le début de saison de Luc Leblanc est perturbé. Il est contraint de déclarer forfait pour le Tour Méditerranéen où il devait faire sa rentrée. Un genou douloureux l’oblige à observer quelques journées de repos :  Pour pallier l’insuffisance musculaire de ma jambe gauche, j’ai fait un travail de musculation considérable. Trop. Avec cette tendinite, j’ai dû couper totalement,  mais çà va mieux, je ne ressens presque plus rien à l’entraînement. Il n’empêche que je serais en retard physiquement par rapport à la saison dernière. Mais, Cyrille Guimard m’a dit que, dans le fond, c’était peut être mieux ainsi. Au moins, je ne laisserai pas trop de jus au début. L’objectif numéro un, c’est le Tour de France. Je voudrais faire au moins aussi bien cette année. Pour le reste des objectifs, je ne sais pas encore. Cyrille Guimard n’ a rien fixé. Je serai à Paris – Nice mais, en fonction du retard accumulé dans ma préparation, il ne faut pas s’attendre à des merveilles. Paris – Nice n’aura d’autre but que de me remettre en condition. 

Le 8 mars, Luc Leblanc est donc à Fontenay sous Bois, au départ du 50ème Paris Nice. Il termine 11ème de la dernière étape, contre la montre Nice – col d’Eze, à 1′ 51″, du vainqueur Jean François Bernard. Au classement général final,  il se classe à la 20ème place, à 6′ 12″ de Jean François Bernard.

Le 22 mars, Luc Leblanc termine 10ème de Cholet – Pays de Loire, à 2′ 25″, du vainqueur Laurent Desbiens.

Le 29 mars, il prend la 88ème place du Critérium International, à 8′ 14 ″de Jean François Bernard.

Le 5 avril, Luc Leblanc termine 32ème du Grand Prix de Rennes, à 32 secondes de Jean Cyril Robin.

Le 19 avril, il prend la 58ème place de Liège Bastogne Liège, à 19 minutes de Dirk De Wolf.

Le 21 avril, Luc Leblanc monte sur la 3ème marche du podium de Paris – Camembert. Patrice Esnault remporte l’épreuve. Luc Leblanc termine à 1′ 17″.

Le 25 avril, il se classe 52ème de l’Amstel Gold Race, dans le même temps que le vainqueur Olaf Ludwig.

Le 3 mai, en Suisse, il prend la 11ème place du Grand Prix Gippingen, à 1′ 11″ de l’Allemand Uwe Ampler.

Le 5 mai, Luc Leblanc s’aligne au départ du Tour de Romandie dont le prologue se déroule à Fribourg.  Il termine 4ème de la 3ème étape Romont – Ovronnaz, à 51 secondes d’ Andrew Hampsten. Au classement général final, il prend la 5ème place à 1′ 13″ d’Andrew Hampsten.

Du 15 au 17 mai, Luc Leblanc participe au Tour de l’Oise.  Après avoir terminé 2ème de la 1ère étape entre Beauvais et Creil,  dans le même temps que le vainqueur Ad Wyjnands et 8ème du chrono disputé entre Chantilly et Senlis, à 36 secondes de son coéquipier Thierry Marie, Luc Leblanc termine 2ème du classement génaral final, à 19 secondes de Thierry Marie. Il remporte également le classement du meilleur grimpeur.

Le 23 mai, Luc Leblanc monte sur la 2ème marche du podium de la Classique des Alpes qui s’est disputée entre Chambéry et Aix Les Bains. Gilles Delion remporte l’épreuve avec 3′ 20″ secondes d’avance sur Luc Leblanc qui termine aussi en solitaire. La sélection s’est opérée dans la montée du Col du Coq. Gilles Delion, Danté Rezze,  Christophe Mannin et le Colombien Luis Moreno,  se portent à l’avant. Ils possèdent 5′ d’avance à l’approche du Granier. Au sommet du Revard, Gilles Delion est seul en tête suivi, à 1′ 35″, par Luc Leblanc qui, à son tour, est sorti du peloton.  Victime d’un coup de fringale  mémorable dans la descente vers Aix Les Bains, Luc Leblanc  va tout de même conserver sa 2ème place.

Le 1er juin, Luc Leblanc se rend à Charbonnières Les Bains pour prendre le départ du 44ème Critérium du Dauphiné Libéré. Il remporte la 2ème étape Villeurbanne – Privas en démarrant à la flamme rouge, en devançant le Belge Jan Nevens et le Colombien José Martin Farfan, de 12 secondes et Charly Mottet, de 15 secondes. Luc Leblanc s’empare du maillot jaune de leader. Durant 6 jours, les positions au classement général vont rester figées. Luc Leblanc se classe 4ème de la 5ème étape Annecy – Cluses, à 48 secondes de Laudelino Cubino.  Poursuivant sur sa lancée, il prend la 2ème place de l’étape Cluzes – Le Collet d’Allevard, dans le même temps que le Colombien José Martins Farfan. Puis, il prend  la 5ème place de la 7ème étape Allevard  -Villar de Lans, à 2′ 16″ du Colombien William Palacio Navarro. Tout se joue  lors du chrono de la dernière étape à Villar de Lans. Luc Leblanc termine 3ème du chrono mais, il concède 57 secondes à Charles Mottet qui lui ravit le maillot de leader pour 14 petites secondes.  C’est une énorme déception pour  Luc Leblanc qui monte sur la 2ème marche du podium en pleurs. La 3ème marche du podium est occupée par Gianni Bugno.

Le 12 juin, Luc Leblanc remporte le critérium de Calais en devançant Tony Rominger et Jean François Bernard.

Dauphiné Libéré 1992 - Luc Leblanc perd son maillot de leader après le chrono de la dernière étape. (Photo Miroir du Cyclisme)

Du 16 au 22 juin, poursuivant sa préparation pour le Tour de France, Luc Leblanc enchaîne avec le Midi Libre.  Il se montre au dessus du lot. D’entrée, il s’impose lors du prologue de 3,2 kilomètres disputé à Sète. Il devance de trois secondes le Hollandais Frans Maassen. Il termine 8ème de la 1ère étape Sète – Uzès. Il gagne la 7ème étape Carcassonne – Font Romeu, avec 39 secondes d’avance  sur le Tchèque, Jan Svorada. En terminant 7ème de la dernière étape,  un chrono disputé à Barcelone, Luc Leblanc remporte le classement général final en précédant  de 12 secondes, Jan Svorada et de 1′ 25″ Viatcheslaw Ekimov.

Compte tenu de cette brillante performance, Luc Leblanc est l’un des grans favoris du Championnat de France qui se dispute le 28 juin, à Avize, en Champagne.  Le circuit difficile est tracé dans le vignoble champenois.  Il fait une canicule d’enfer.  Luc Leblanc se montre discret en début de course mais,  à deux tours de la fin, il fait un retour, en solitaire, sur le groupe de tête qui comprend quatre Castorama :  Thierry Bourguignon, Thierry Marie, Gérard Rué et Yvon Ledanois.  Luc Leblanc passe à l’attaque  dans la côte du Mesnil sur Oger. Il entraine avec lui Gérard Rué, François Lemarchand, Richard Virenque et Thierry Bourguignon. Sur une nouvelle attaque de Luc Leblanc, Richard Virenque décroche. Un peu plus haut Luc Leblanc place une nouvelle attaque et, à nouveau,  Gérard Rué puis François Lemarchand reviennent.  Gérard Rué place un contre et s’en va seul.  Visiblement les deux hommes forts de ce championnat sont Gérard Rué et Luc Leblanc et tous les deux veulent gagner. Luc Leblanc comprend alors qu’il ne pourra pas décramponner François Lemarchand et décide d’attendre les poursuivants que sont : Gilbert Duclos Lassalle, Jean Claude Colotti, Richard Virenque, Laurent Fignon, Jean Philippe Dojwa, Eric Pichon, Thierry  Marie et Thierry Bourguignon.  A la cloche, Gérard Rué possède 55 secondes d’avance mais, il n’en a plus que 29 au moment d’aborder la dernière côte située à 9 kilomètres de l’arrivée. Luc Leblanc joue alors son va tout au risque de ramener sur son équipier le reste de la troupe. Les chances de Gérard Rué  de l’emporter, s’envolent. Dans un ultime effort, Luc Leblanc relance l’allure et parvient à décrocher Jean Philippe Dojwa, le dernier à lui avoir résisté.  Il revient seul sur Gérard Rué et le dépose. La polémique démarre. Dépité Gérard Rué dira à l’arrivée :  Je ne comprends pas, aujourd’hui c’est la victoire de Leblanc, pas celle de l’équipe.  Luc Leblanc, de son côté, déclare qu’il n’a fait qu’obéir aux ordres de Cyrille Guimard  : A l’amorce du dernier tour Cyrille Guimard est venu me dire de mettre le paquet dans la bosse du Mesnil. Ensuite, je crois avoir assuré le coup, je ne me suis pas affolé quand le groupe  des Z et Laurent Fignon sont revenus tout près de moi. Il restait deux faux plats et j’étais costaud. Cyrille Guimard confirme les propos de Luc Leblanc : Gérard Rué n’aurait pas pu finir seul. Il coinçait dans la dernière bosse. Si Luc ne fait pas péter ce paquet, il y aurait eu 3 Z derrière Gérard et c’était fini. Il lui aurait fallu une minute au sommet de la bosse pour s’imposer. Mais les propos de Cyrille Guimard  ne vont pas arrêter la polémique d’autant plus que Laurent Fignon oubliant, peut être un peu vite, son attitude vis à vis de Luc Leblanc lors du dernier Tour de France dans les Pyrénées, donne, lui aussi, son avis sur le sujet : Si Leblanc n’attaque pas, Rué gagne. Tu ne fais pas çà quand tu as un mec de ton équipe devant, c’est un peu dégueulasse. Laurent Jalabert qui porte le maillot de l’équipe Espagnole Once  en rajoute une couche en disant :  Dans une équipe Espagnole l’attitude de Leblanc n’est pas envisageable.

Championnat de France 1992 - Avize - Luc Leblanc en plein effort. (Photo Vélo Sprint 2000)
1992 -Luc Leblanc Champion de France (Photo Vélo Sprint 2000)
Championnat de France 1992 - Luc Leblanc

C’est dans cette ambiance déplorable que Luc Leblanc s’apprête à prendre le départ de son 3ème Tour de France. Il se confie à Jacques Lapellègerie, journaliste du Populaire du Centre : Cette polémique, j’en ai un peu marre et puis je vais dire ce que j’en pense une bonne fois. A l’amorce du dernier tour, Cyrille Guimard m’a donné la consigne d’attaquer dans la dernière bosse. Il fallait avoir le mental pour l’appliquer. Gérard Rué était un peu juste à telle enseigne que lorsque je l’ai rejoint, il n’a pas pu prendre le moindre relais. Or, nous aurions pu aller au bout tous les deux. Au lendemain du championnat de France, seul Thierry Bourguignon a pris la peine d’appeler Luc Leblanc qui s’est senti rejeté par ses pairs.

Le Tour de France 1992, débute en Espagne, le 4 juillet, à Saint Sébastien. Luc Leblanc porte le dossard 41 et  il a autour de lui, Dominique Arnould, Jean Claude Bagot, Thierry Bourguignon, Jacky Durand, Yvon Ledanois, Thierry Marie, Jean Cyril Robin et Gérard Rué.  A l’issue du prologue, long de 8 kilomètres, il prend la 36ème place, à 24 secondes de Miguel Indurain.  C’était un prologue pour rouleur et j’ai souffert. J’avais un braquet 54-13, 54-12 et j’avais du mal à l’amener sur le plat. De plus, il y avait un vent violent qui soufflait par rafales. J’ai fais des progrès en contre la montre mais pas sur d’aussi petites distances. C’est un exercice que je n’aime vraiment pas. La première étape est une longue boucle de 195 kilomètres autour de Saint Sébastien. La bagarre éclate au pied de l’Alto de Jaizkibel (km 143). L’Italien Franco Chioccioli attaque. Il est rejoint par Luc Leblanc, puis par Gianni Bugno et, avec un temps de retard, par Miguel Indurain et Claudio Chiappucci. Au sommet du col, on retrouve en tête : Franco Chioccioli, Claudio Chiappucci, Andrew Hampsten, Massimiliano Lelli, Miguel Indurain, Gianni Bugno, Erik Breukink et  Luc Leblanc. Dans la descente une soixantaine de coureurs se regroupent. Tous les favoris sont là, sauf Jean François Bernard et Gert Jan Theunisse. Au sprint, Luc Leblanc prend la 30ème place dans le même temps que le vainqueur son coéquipier Dominique Arnould. La 2ème étape conduit les coureurs de Saint Sébastien à Pau, soit 255 kilomètres de course avec l’ascension du col de Marie Blanque. Cette étape est marquée par la longue chevauchée de Richard Virenque qui endosse  tous les maillots, jaune, vert et à pois. Pour Luc Leblanc l’étape a été plus difficile. Après un retard de près d’une minute au sommet de Marie Blanque sur les principaux favoris, il parvient à regagner Pau avec une vingtaine de secondes de retard seulement. Dès le début du Col de Marie Blanque je n’étais pas bien puis, j’ai eu les grosses cuisses à trois kilomètres du sommet, j’ai craqué. Je ne sais pas à quoi attribuer cette défaillance peut être le mauvais temps qui sévit dans les Pyrénées. Quand on est pas bien, on descend mal surtout pour moi qui ne suis pas super dans ce domaine. J’ai mal pris les virages. Obligé de relancer tout le temps. Bref la galère ! Ce qui me console, c’est qu’il y avait tout de même du beau monde derrière moi dans Marie Blanque. Au contre la montre par équipes, disputé à Libourne, sur 64 kilomètres, l’équipe Castorama doit se contenter de la 12ème place à 1′ 26″ de l’équipe Panasonic. Luc Leblanc se veut toutefois rassurant : On a loupé notre contre la montre par équipe sans doute parce que le circuit n’était pas assez dur. C’est selon moi la seule explication possible, mais le moral de l’équipe n’est pas touché pour l’instant. C’est l’essentiel ! Lors de la 6ème étape de Roubaix à Bruxelles, les coureurs font connaissance avec les routes pavées de Belgique ce qui n’est pas du goût de Luc Leblanc qui termine toutefois dans le même temps que les leaders : C’est le bordel ! Je trouve que c’est inadmissible que l’on nous fasse passer sur ces routes pavées que l’on appelle, à juste titre des boyaux.  Dangereuses en temps normal, cela devient casse-gueule quand il tombe des cordes. Résultat, mon rhume contracté dans les Pyrénées, avec un temps de chien, s’est aggravé. Je fonctionne aux antibiotiques et on ne peut pas dire que tout va pour le mieux, à deux jours du contre la montre de Luxembourg. Au contre la montre de  Luxembourg, long de 65 kilomètres, Luc Leblanc prend la 21ème place et concède 5′ 59″ supplémentaires sur Miguel Indurain. Il est désormais 18ème au classement général, à 8′ 44″ du leader Pascal Lino. Luc Leblanc retrouve un peu d’espoir après la 11ème étape Strasbourg – Mulhouse. Laurent Fignon bascule en tête au sommet du Grand Ballon avec près de deux minutes d’avance sur le peloton. Derrière lui 40 coureurs se regroupent. L’écart fond dans les derniers kilomètres : 55″ aux 4 km, 26″ aux 2 km, mais Laurent Fignon résiste à une contre-attaque animée par Luc Leblanc, Laurent Dufaux et Per Pedersen. Laurent Fignon s’impose à Mulhouse. Luc Leblanc prend la 7ème à 12 secondes : Ce n’est pas encore la forme que j’avais au Dauphiné, au Midi Libre et au championnat de France mais, çà va mieux. Cyrille Guimard nous avait dit d’attaquer dans le final avec Dominique Arnould et Yvon Ledanois, nous l’avons fait et tant mieux si j’ai repris 10 secondes. Cette journée de repos devrait me permettre de totalement récupérer.  Malheureusement pour Luc Leblanc, la 12ème étape qui conduit les coureurs de Dôle à Saint Gervais avec l’ascension du Salève, jette un nouveau doute. Luc  Leblanc bascule au sommet du Salève avec une minute de retard sur les leaders. Il se ressaisi et parvient  à regagner Saint Gervais dans le même temps que les leaders mais l’alerte a été chaude : Dans le col de Salève, Pascal Lino et Jean François Bernard m’ont passé. J’étais en panne de jambes. Même, Richard Virenque et Eddy Bowmans sont revenus sur moi. Peut être que j’en ai trop fait avant le Tour et je le paie actuellement. L’année prochaine, je reconsidérerai mon programme. Mais, je ne regrette rien. Quand on a les moyens de s’imposer, il ne faut pas les gâcher. Le métier de coureur pro est trop ingrat pour négliger pareil bonheur comme celui du championnat de France. Ce col de Salève est sournois. Quels moments difficiles j’ai connu ! Trois fois, je me suis arrêté de pédaler, j’étais en danseuse, je me suis assis, j’avais mal partout. Et puis, je me suis dit : t’en baves mais, les autres aussi et j’ai remis çà. La 13ème étape, dantesque, de Saint Gervais à Sestrières avec les ascensions des Saisies, du Cormet de Roselend, de l’Iseran, de la Madeleine, du Mont Cenis et de la montée à Sestrières va vite s’avérée beaucoup trop difficile pour Luc Leblanc. Il est décroché dans la montée du Cormet de Roselend. Il passe le sommet avec 3′ de retard sur le peloton. Il ne reverra jamais la tête de course et il passe la ligne d’arrivée en 134ème position à 49 minutes de Claudio Chiappucci : C’est la journée la plus atroce que j’ai passé dans ma carrière. Même dans le Tour 1990 où pourtant, je n’avais pas de force,  je n’ai jamais été aussi mal. Çà a commencé dans le col des Saisies, dès les premières rampes. J’ai bien vu que cela aller me lâcher à un moment. Douleurs très aigües dans le dos et sur le genou droit, à tel point qu’on a dû m’appliquer, en roulant, de la percutalgine. Tous les symptômes de la méforme totale. Quand on est comme çà, on a mal partout. Bien sûr, je mentirais si je ne disais pas que j’ai eu envie d’arrêter mais, je suis un leader et j’ai le maillot de champion de France sur les épaules. Autant de responsabilités qu’il faut assumer. Demain, à l’Alpe d’Huez, je n’ai pas assez de jus pour me mêler à la bataille. Faut pas rêver ! La 14ème étape, entre Sestrières et l’Alpe d’Huez est un véritable chemin de croix pour Luc Leblanc. Il est lâché dans la montée du Galibier et c’est devant le camion balai qu’il parvient, au courage, à franchir la ligne d’arrivée au sommet de l’Alpe d’Huez. Malheureusement, il arrive 20 minutes après la limite des délais d’élimination. Son directeur sportif dira de lui  : Je ne connais pas un seul coureur, je n’en ai d’ailleurs jamais connu, capable d’aller au bout de pareille souffrance. Il en sort grandi, il en récoltera le bénéfice l’an prochain.

Tour de France 1992 - Luc LEBLANC à la dérive avant son élimination. (Photo Miroir du Cyclisme)

Le 6 août, Luc Leblanc se présente au départ du Bol d’Or des Monédières. Dès le 2ème tour, il passe en tête au col des Géants. Ce 2ème tour est bouclé à 40 de moyenne. Le peloton accuse 30 secondes de retard au passage sur la ligne. Laurent Fignon mène la chasse, Luc Leblanc est repris. Philippe Louviot, Jacky Durand et Thierry Laurent prennent le relais en tête de course, sans succès. La bonne échappée  prend forme peu après. Thierry Claveyrolat, Laurent Fignon, Stephen  Roche, Thierry Bourguignon, Gérard Guazzini et Richard Virenque se font la malle.  Dans le final, Laurent Fignon relance l’allure escorté par Stephen Roche mais les deux hommes ne peuvent empêcher le retour de Richard Virenque et de Thierry Claveyrolat. Richard Virenque s’impose.  Luc Leblanc prend la 7ème place à  3′ 02″.

Le 8 août, Luc Leblanc s’aligne au départ de la classique Saint Sébastien.  Après avoir effectué 70 kilomètres en tête de course, il met la flèche, découragé par les mauvaises conditions atmosphériques.  La polémique du Championnat de France n’est pas terminée. Au départ, Gérard Rué à refuser de lui serrer la main. Luc Leblanc ne cache pas qu’il a reçu des propositions de l’équipe ONCE : Je gagne bien ma vie chez casto, pas de problèmes mais, quand on voit la différence existant au niveau  encadrement des équipes Françaises et Espagnoles, çà fait réfléchir. Le fait que Gérard Rué soit encore chez Casto la saison suivante pourrait donner à Luc Leblanc un argument supplémentaire pour changer d’air.

Le 15 août, Luc Leblanc remporte le critérium de Quillan en devançant Pello Ruiz Cabestany et Philippe Casado.

Au départ du Tour du Limousin, le 18 août, Luc Leblanc fait le point sur sa condition physique : Après le Tour de France, j’ai disputé pas mal de critérium  Callac, Chateau Chinon, Quillan, le Bol d’Or des Monédières, je suis sûr que j’en oublie. Difficile d’évaluer ma condition. A la Classique San Sébastien, j’ai fait soixante dix bornes devant mais il faisait un temps épouvantable, pluie, vent, peu de visibilité. Je me suis arrêté vers le 180ème kilomètre. Le Tour du Limousin part de chez moi, à Saint Yrieix La Perche. Mais, tous les supporters doivent savoir que le Tour du Limousin est une épreuve de préparation pour la fin de saison. Luc Leblanc termine 4ème de la 2ème étape Limoges – Sous Parsat, dans le même temps que le vainqueur, Serge Baguet.  Au classement général final, il prend la 13ème place, à 2′ 40″ d’Eric Boyer.

Le 30 août, Luc Leblanc termine  30ème du Grand Prix de Plouay, à 1′ 24″ de Ronan Pensec.

Le 6 septembre, il se rend à Benidorm pour représenter la France aux championnats du Monde. Il a auprès de lui : Laurent Jalabert, Jean François Bernard, Thierry Claveyrolat, Gérard Rué, Charly Mottet, Ronan Pensec, Laurent Fignon, Eric Boyer, Jean Claude Colotti, Gilbert Duclos Lassalle et Marc Madiot. L’équipe de France va réaliser un de ses plus beaux championnats. Bernard Hinault, promu directeur sportif d’un jour, peut se montrer satisfait. Face à lui, il a eu douze mercenaires prêts à jouer la carte de Laurent Jalabert sur un circuit plutôt roulant. Jusqu’à la mi course les bleus vont se faire oublier. Au 8ème tour, Tony Rominger Stephen Roche,  Fabian Jeker et Franco Chiociolli se portent à l’avant. La chasse est menée par les coureurs de l’équipe de France. Les échappés sont repris au 9ème tour. Sur une attaque de Miguel Indurain, au km 226,  le premier peloton ne comprend plus que quarante trois coureurs et il y a neuf français :  Laurent Jalabert, Charly Mottet, Jean François Bernard, Gérard Rué, Thierry Claveyrolat, Luc Leblanc, Ronan Pensec , Eric Boyer et Laurent Fignon. Charly Mottet, Thierry Claveyrolat et Gérard Rué se sacrifient, en premiers, pour contrôler toutes les attaques. Eric Boyer tente sa chance à l’avant dernier tour avec Massimo Ghirotto et Alex Zulle. Dans le final, ils ne sont plus que 17 ensemble et il y a cinq français  : Laurent Jalabert, Jean François Bernard, Gérard Rué, Luc Leblanc et Thierry Claveyrolat. A 8 kilomètres de l’arrivée Luc Leblanc tente, lui aussi, sa chance mais l’Italien Giancarlo Perini  va ramener tout le peloton. Malheureusement pour Luc Leblanc, son attaque va  provoquer, une nouvelle fois, une polémique dans le clan Français. Il est accusé d’avoir mis en péril tout le dispositif mit en place pour favoriser le sprint de Laurent Jalabert. Dans les derniers mètres, Jean François Bernard amène le sprint pour Laurent Jalabert  qui va malheureusement être devancé par l’Italien Gianni Bugno. Luc Leblanc prend la 8ème place dans le même temps. Laurent Jalabert dira après l’arrivée : Ils se sont sacrifiés pour moi. On a eu une petite réunion après le championnat pour analyser notre course d’équipe. Effectivement l’attaque de Leblanc a été évoquée. Certains lui ont fait remarquer. L’incident est clos. Pour ma part, je pense qu’il ne l’a pas fait avec une arrière pensée ou un mauvais sentiment. Cela aurait pu avoir des conséquences plus graves mais cela n’a pas été le cas car les trois autres ont bossé pour moi.

Du 23 au 27 septembre, Luc Leblanc participe au Tour d’Irlande. Il prend la 5ème place de la 4ème étape Limerick – Cork, à 3 secondes du vainqueur Phil Anderson. Au classement général final il se classe 6ème, à 19 secondes de Phil Anderson.

Le 4 octobre, au Grand Prix des Amériques à Montréal, Luc Leblanc passe tout près de la victoire. Quatre coureurs s’extirpent du peloton dans l’ultime montée de la colline du parc du Mont Royal : Thomas Wegmuller, Luc Leblanc, Davide Cassani et Federico Echavé. Luc Leblanc décide de ne pas attendre le sprint . Peu avant la flamme rouge, il possède une centaine de mètres d’avance sur Federico Echavé et Davide Cassani.  Luc Leblanc est finalement repris  et doit se contenter de la 3ème place.

Le 17 octobre, au Tour de Lombardie alors qu’il est échappé en compagnie de Claudio Chiappucci et de Tony Rominger, Luc Leblanc ressent une douleur au dos, la pluie et le froid font qu’il préfère renoncer vers le 100ème kilomètre, mettant ainsi un terme à sa saison.

1993 – Dernière saison chez Casto – Abandon au Tour d’Italie – Une saison à oublier. Rupture avec Cyrille Guimard et avec le Limousin.

Gérard Rué ayant quitté Castorama, Luc Leblanc est resté fidèle à Cyrille Guimard.

Son début de saison est, de nouveau, contrarié par une tendinite qui serait due, à de mauvaises chaussures, utilisées,  en course à pied, durant l’hiver.

Il effectue sa première course de la saison au Tour de Sicile qui se dispute du 20 au 25 février.   Sans grande ambition pour cette reprise, il compte se mettre au service de ses équipiers. Le temps sibérien l’oblige à quitter la course avec, en prime, un refroidissement qui entraîne sa non participation à Paris – Nice : Mon petit problème à un genou m’a retardé dans ma préparation. J’ai donc commencé ma saison au Tour de Sicile où on pouvait, quand même, s’attendre à de meilleures conditions météo. L’avant dernier jour, j’ai choppé la crève, un gros rhume. Du coup, Cyrille Guimard a insisté pour que je ne prenne pas le départ de Paris – Nice, dimanche, afin d’évacuer ce coup de froid. Je rentrerai à Tirreno – Adriatico, du 10 au 17 mars. La saison dernière, j’avais été stoppé du 1er décembre au 20 janvier et, en mai, je suis bien revenu. Cet abandon, en Sicile, ne me tracasse donc pas trop. Je vais faire le Giro et je vais être devant. Après, j’effectuerai un stage en montagne puis je participerai à la Route du Sud et, le 3 juillet, je serai, au départ du Tour, au Puy du Fou. 

Du 7 au 10 avril, Luc Leblanc participe au Circuit de la Sarthe. Il termine 9ème de la 4ème étape, un chrono disputé sur 13,8 kilomètres, à Allonnes. Il termine à 53 secondes du vainqueur, Jean François Bernard. Au classement général final, il termine à la 23ème place, à 9′ 58″ de Jean François Bernard.

Du 14 au 18 avril, Luc Leblanc dispute le Tour du Vaucluse. Il remporte son premier succès de la saison à Carprentras lors de la 1ère étape disputée entre Cairanne et Carprentras. Ce n’est qu’au 120ème kilomètre, dans la côte de Senaque, que l’échappée décisive prend forme. Luc Leblanc, Eric Caritoux, Thierry Bourguignon et l’amateur Pascal Hervé sortent du peloton. Au sprint, Luc Leblanc est le plus rapide. Je ne suis pas encore en super condition mais, dans ces cols de moyenne montagne d’aujourd’hui, j’ai retrouvé de bonnes sensations. Luc Leblanc termine également 5ème de la 3ème étape remportée par Emmanuel Magnien. Son équipier Thierry Bourguignon remporte le classement général final. Luc Leblanc prend la 7ème place.

Le 25 avril, Luc Leblanc termine 13ème du Tour de Vendée, à 48 secondes du Russe, Dimitri Zdhanov.

Le 1er mai, il termine 63ème du Grand Prix de Francfort, à 53 secondes de Rolf Sorensen.

Du 4 au 9 mai, Luc Leblanc participe au Tour de Romandie. Il termine 4ème de la 1ère étape Courfaivre – Le Locle, dans le même temps que le vainqueur, Rolf Sorensen.  Deux jours plus tard, Luc Leblanc prend la 7ème place de la 3ème étape, Sion – Champéry, à 13 secondes de Pascal Richard. Ce dernier remporte le classement général final. Luc Leblanc se classe 6ème.

Du 14 au 16 mai Luc Leblanc dispute le Tour de l’Oise. Il se classe 7ème de la 3ème et dernière étape, disputée en contre la montre, sur 5,7 kilomètres, entre Nogent sur Oise et Creil. Eddy Seigneur se montre le plus performant. Luc Leblanc termine à 17 secondes. Frédéric Mocassin s’impose au classement général final où l’on retrouve à la 25ème place, Luc Leblanc, à 1′ 01″.

Le 23 mai, Luc Leblanc est à Porto Azzuro pour prendre le départ de son premier Tour d’Italie. L’équipe Castorama est composée de Laurent Madouas, Thierry Bourguignon, Laurent Brochard, Laurent Desbiens, Emmanuel Magnien, Bruno Thibout, Philippe Bouvatier et Danté Rezze. Luc Leblanc commence très bien ce Tour d’Italie en prenant la 3ème place de la 3ème étape Rieti – Scanno, à 5 secondes du vainqueur Piotr Ugrumov et en terminant 5ème de la 5ème étape, Paestum – Terme Luigiane, à 4 secondes de Dmitri Konyshev. Alors qu’il fait un temps de chien dans les Dolomites, il se laisse glisser, à l’arrière, pour récupérer un imper, auprès de la voiture de Cyrille Guimard. C’est l’accrochage et il tombe sur son genou droit. Coup de gueule  de Cyrille Guimard qui ne conçoit pas qu’un leader redescende à la voiture pour récupérer un imper.  Il y a des équipiers pour çà.  Malheureusement, pour Luc Leblanc,  son genou va lui causer des ennuis et il va renoncer au cours de la 17ème étape disputée entre Varazze et Chianale.

Le 27 juin, à Châtellerault,  sur un parcours qu’il considère comme trop roulant, Luc Leblanc doit se contenter de la 45ème place, à 18′ 10″ de ses deux coéquipiers, Jacky Durand et Laurent Brochard qui montent sur les deux plus hautes marches du podium du championnat de France.

Luc Leblanc n’est pas retenu pour le Tour  de France et c’est, pour lui une grosse déception  comme en témoigne l’article paru dans Miroir du Cyclisme de septembre 1992 :  Ça a été un choc très rude. Je ne m’y attendais absolument pas. Ce n’est que quelques heures après l’arrivée du championnat de France, lors de la conférence de presse, donnée par Cyrille Guimard que j’ai su que je ne serai pas au départ du Tour. J’ai préféré me taire et rentrer chez moi. Je me sentais en mesure de courir le Tour. Ayant été arrêté après le Tour d’Italie, et n’ayant repris la compétition qu’à l’occasion de la Route du Sud, j’aurais, sans doute, été un peu juste lors des premières étapes. Mais, elles ne présentaient pas de réelles difficultés et elles m’auraient permis de me mettre dans le rythme. Je suis sûr que j’aurais été dans le coup.  Manifestement, on ne me fait plus confiance et c’est ce qui fait le plus mal. Pour justifier ma non-sélection, il m’a été dit que mes tests médicaux étaient insuffisants. Au soir, de la Route du Sud, j’ai pris l’avion pour Paris où j’ai passé les tests.  Le médecin m’a dit qu’ils étaient bons, compte tenu du fait, que je n’avais pas pu me reposer au moins trois jours avant pour les passer. Par rapport à ceux de l’an dernier, à la même époque, mon coeur battait 10 pulsations de plus. Etant donné les circonstances : sortie d’une course, nuit écourtée à Paris, il n’y avait pas de quoi s’alarmer. Ce n’est pas non plus à cause de mon abandon au Tour d’Italie. En 92, en terminant, à l’Alpe d’Huez, au bout de mes forces, j’ai prouvé que j’avais du courage. Mais, une tendinite, c’est une tendinite. Point Final.  Lorsqu’on lui demande où en sont ses rapport avec Cyrille Guimard :  Quand vous avez des problèmes avec votre chef de service, on n’en parle pas dans la presse. Ils sont ce qu’ils sont et cela ne regarde que lui et moi.  Depuis que Cyrille Guimard a annoncé mon remplacement comme chef de file par Armand De Las Cuevas, je ne sais pas encore dans quelle équipe je serai en 1994.  Je suis sûr de trouver un emploi.  Mes ambitions demeurent intactes. Rater une partie de sa saison après sept ans chez les pros cela s’appelle un accident. Il faut passer à autre chose et à la réussite en particulier.  

Début août, après un séjour en Espagne, Luc Leblanc parle de son avenir dans les colonnes du Populaire du Centre : J’ai des contacts avec Amaya, Lotus-Festina et Clas, des contacts appuyés même. J’ai reçu aussi des appels de Gan et de GB-MG mais, depuis trois semaines, je n’ai plus rien. Le DTN, Lucien Bailly, m’a fait savoir que je fais partie des trois chefs de file potentiels de l’équipe de France, pour le championnat du monde. Après ma déception de n’avoir pas fait le tour, çà remet du baume au coeur. Après les critériums de Callac, de Château Chinon et du Bol d’Or des Monédières, je compte sur la Mi-Août Bretonne  pour être à un bon niveau au Tour du Limousin.

Le 5 août, Luc Leblanc dispute le Bol d’Or des Monédières. Lors du 6ème tour, il porte une violente attaque, dans le col des Géants afin de revenir sur Claudio Chiapucci et Jean Claude Colotti qui avaient pris les devants. Les deux fuyards sont repris dans les longs faux plats qui suivent le sommet du col mais, tout le monde n’a pas suivi. Seuls, Jacky Durand, Gérard Rué Thierry Claveyrolat, Jean Pierre Bourgeot et Philippe Louviot ont pu accrocher la roue de Luc Leblanc.  Jacky Durand place un contre, sous l’oeil bienveillant de Luc Leblanc, qui ne peut cependant éviter que Gérard Rué se sauve à son tour. Au sprint, Jacky Durand s’impose. Luc Leblanc termine en 6ème position, à 31 secondes.

Du 6 au 16 août, Luc Leblanc participe à la Mi-Août Bretonne qui comprend 10 épreuves.  Il remporte la première épreuve, à Plovenez du Faou. La première partie de l’épreuve comportait 50 kilomètres truffés de côtes puis, un final avec une sévère bosse à gravir à vingt reprises. Luc Leblanc, face au vent, réalise seul la jonction avec les échappés.  Mais tout est à refaire au moment d’aborder le circuit final. Luc Leblanc, profitant de la côte, décroche, un à un, ses adversaires. Il devance, sur la ligne d’arrivée, le Lituanien Arturas Kasputis, de 7 secondes et Jimmy Delbove de 11 secondes.

Du 17 au 20 août, Luc Leblanc dispute le Tour du Limousin. Il se classe 3ème de la 2ème étape, disputée entre Guéret et Tulle, dans le même temps que Jean François Bernard. Luc Leblanc a été le grand animateur de cette étape. Il passe à l’attaque peu avant Sauviat, en entrainant avec lui, Laurent Brochard, Jean François Bernard, Pascal Lino, François Lemarchand. Ils se retrouvent à 12 en tête après le retour de Stéphane Heulot, Jean Claude Colotti, Laurent Roux, Fabrice  Philippot, Stéphane Heulot, Bruno Cornillet, Jean Philippe Dojwa, et Michel Vanhaecke. L’écart est de 5 minutes à Treignac. Luc Leblanc démarre dans le col de Lestard et seuls Jean François Bernard et François Lemarchand parviennent à tenir sa roue. Une ultime attaque de Luc Leblanc, à Vimbelle, ne peut empêcher Jean François Bernard de s’imposer au sprint. Après avoir terminé 8ème du contre la montre disputé à Limoges, à 45 secondes du vainqueur Charly Mottet, au classement général final, Luc Leblanc prend la 7ème place, à 12′ 20″ de Charly Mottet.

Le lendemain 21 août, Luc Leblanc remporte le Critérium de Vayrac, en devançant Gilbert Duclos Lassalle et Sylvain Bolay.

Le 24 août, il termine 28ème du Grand Prix de Plouay, à 35 secondes du vainqueur, Thierry Claveyrolat.

A l’issue du Grand Prix de Plouay, Lucien Bailly délivre la liste des 13 coureurs Français sélectionnés pour le championnat du monde, à Oslo : Charly Mottet, Bruno Cornillet, Jean François Bernard, Gérard Rué, Gilles Delion, Luc Leblanc,  Jacky Durand, Thierry Claveyrolat, Jean Claude Colotti, Richard Virenque, Jean Philippe Dojwa, Philippe Louviot et Laurent Jalabert. Marqué par de très nombreuses chutes en raison des routes glissantes, ce championnat voit la victoire de Lance Amstrong. Luc Leblanc, complètement frigorifié regagne les vestiaires.

Au mois d’octobre, Luc Leblanc, à la surprise générale, annonce qu’il quitte le Limousin pour s’installer à Aix en Provence.

Au mois de novembre, il subit une intervention chirurgicale, à Bordeaux, pour une petite calcification tendineuse, à la jonction interne de la rotule droite. C’est l’occasion pour lui de tirer le bilan d’une saison ratée :  C’est la conséquence d’une chute, il y a deux ans, en début de saison, sur la côte d’Azur, à l’Etoile de Bessèges. Depuis, je n’y coupais pas. Ce genou coinçait à un moment de la saison. En plus de la douleur insupportable,  j’ai fini par gamberger. Sur le Tour d’Italie, alors que je rivalisais avec Claudio Chiapucci  en montagne, le mauvais sort s’en est mêlé. 

1994 – Sa plus belle saison marquée par une 6ème place à la Vuelta, une magnifique  4ème place au Tour de France et couronnée par le titre mondial acquis à Agrigente.

Débarrassé d’un cartilage au genou qui l’a empoisonné la saison précédente, Luc Leblanc multiplie les entrainements pour être prêt pour les classiques Liège Bastogne Liège et la Flèche wallonne. Bien qu’exilé en Provence, ses supporters Limousin lui sont restés fidèles.

Le 17 février, sous les couleurs de sa nouvelle équipe Festina Lotus, Luc Leblanc  participe à la première classique Haribo, disputée  entre Marseille et Uzès. Il se classe 92ème, dans le même temps qu’Erik Zabel.

Le 19 mars, Luc Leblanc dispute Milan San Remo remporté par Giorgio Furlan.

Du 23 mars au 25 mars, il participe à la Semaine Catalane. Il termine à la 64ème place, à 11′ 59″ de l’Italien, Stefano Della Santa.

Du 4 au 8 avril, Luc Leblanc dispute le Tour du Pays Basque. Il prend la 58ème place, à 40′ 51″ de Tony Rominger.

Le 25 avril Luc Leblanc se rend à Valladolid pour prendre le départ de la 49ème Vuelta. L’équipe est composée de Stephen Hodge, Pascal Lino, Roberto Lezaun, Pascal Hervé, Luc Leblanc, Michel Vermotte, Arunas Cepele, Jean Claude Bagot, Jean Paul Van Poppel, et Roberto Torres. Luc Leblanc termine 6ème de la 6ème étape Grenade – Sierra Nevada, à 1′ 27 ″de Tony Rominger.  Il s’empare du maillot du meilleur grimpeur. Lors de la 8ème étape disputée, en contre la montre de 39 kilomètres, à Benidorn, il termine à la 10ème place, à 3′ 09″ de Tony Rominger. L’équipier de Luc Leblanc, Jean Paul Van Poppel. remporte la 9ème étape Benidorm – Valence. Luc Leblanc prend la 7ème place de la 10ème étape Igualada – Ordino Arcalis, à 29 secondes du Colombien, Angel Camargo. Le lendemain, Luc Leblanc termine 8ème de l’étape Andorre – Cerler, à 26 secondes de Tony Rominger. Le 8 mai, Luc Leblanc termine, à nouveau, 8ème de la 14ème étape Pampelune – Alto Cruz de la Demanda, à 1′ 17″ de Tony Rominger. Il se classe également 5ème de la 17ème étape Cangas de Onis – Alto del Naranco, à 38 secondes du Hollandais Bart Voskamp. Au classement général final, Luc Leblanc termine son Tour d’Espagne en 6ème position, à 15′ 27″ de Tony Rominger, il remporte également le classement de la montagne.

Vuelta 1994 Luc Leblanc avec le maillot de meilleur grimpeur devant Alex Zulle et Tony Rominger (Photo Vélo Magazine)

Le 17 juin, Luc Leblanc participe à la Bicyclette Basque. Il remporte la 1ère étape, Eibar – Zondika. Il conserve le maillot de leader durant les deux étapes suivantes  puis rétrograde en 7ème position après la 4ème étape et il abandonne lors de la 5ème et dernière étape.

Le 26 juin, Jacky Durand remporte, à Fontenay le Comte, un deuxième titre consécutif de champion de France. Luc Leblanc termine dans le même temps à la 44ème place.

Le 2 juillet, Luc Leblanc se déplace à Lille pour prendre le départ du 81ème Tour de France. L’équipe Festina est composée de Stephen Hodge, Pascal Lino, Pascal Hervé, Luc Leblanc  (dossard 91), Michel Vermotte,  Jean Claude Bagot, Jean Paul Van Poppel, Richard Virenque et Roberto Torres. Lors de la 8ème étape conduisant les coureurs de Poitiers à Trélissac, au km 106, Luc Leblanc parvient à sortir du peloton en compagnie du Colombien Angel Camargo, du Danois Bo Hamburger et de l’Allemand Rolf Aldag. Luc Leblanc et Rolf Aldag sont les mieux placés au classement  général. Luc Leblanc est à 3′ 20″ du maillot jaune, Johan Museeuw.  Rolf Aldag est à 3′ 26″. Johan Museeuw et Djamolidine Abdoujaparov partent en contre-attaque mais Johan Museeuw ne relaie pas et ils sont repris par le peloton. Les échappés ont alors le champ libre. Au km 128, Luc Leblanc passe en tête au sprint intermédiaire. L’écart grandit jusqu’à 8’10″ au km 155, favorisé aussi par une chute dans le peloton qui met à terre le maillot jaune. Luc Leblanc est alors virtuel maillot jaune. Ce sont les Mapei de Tony Rominger qui prennent les choses en main. A partir de Brantôme (km 160), d’autres équipes prennent la place des Mapei comme les Wordperfect ou les Banesto. A 25 kilomètres du but, l’avance des échappés est encore de 5’25″ puis 5’17″ aux 20 kilomètres. Ce n’est que lorsque les GB-MG s’y mettent enfin que l’écart diminue plus sérieusement et que le maillot jaune de Johan  Museeuw est sauvé. Rolf Aldag passe en tête au sprint du km 206, situé à 12,5 bornes de l’arrivée. Bo Hamburger démarre en vue de la banderole d’arrivée et gagne l’étape. Ni Rolf Aldag, ni Luc Leblanc ne pourront prendre le maillot jaune puisque le peloton qui est  réglé par Emmanuel  Magnien termine à 2’16″. Luc Leblanc prend la 4ème place, à 5 secondes de Bo Hamburger. Le mercredi 13 juillet, lors de la 11ème étape menant les coureurs de Lourdes à Hautacam, les échappés sont repris dès le pied de la montée inédite d’Hautacam. Le changement de braquet indispose pas mal de coureurs dont Gianni Bugno. A 11 kilomètres du sommet, Marco Pantani attaque. Il parvient à prendre 24″ mais derrière Jean François Bernard emmène les rescapés à vive allure pour le compte de l’équipe Banesto tandis que Laudelino Cubino part à la poursuite de Marco Pantani. A 7 kilomètres du but, le maillot jaune, Miguel Indurain accélère et seul un trio Français reste dans sa roue : Richard Virenque, Armand De las Cuevas et Luc Leblanc. A 4 kilomètres du sommet, Armand De las Cuevas renonce puis un peu plus haut, Richard Virenque laisse filer. Il ne reste que Luc Leblanc qui semble à l’aise. Devant, Marco Pantani plafonne alors que le rythme de Miguel Indurain est impressionnant. Au moment de la jonction avec l’Italien, à 2100 mètres du but, Luc Leblanc démarre mais Miguel Indurain réagit immédiatement et Marco Pantani décroche, payant ses efforts. Miguel Indurain lance le sprint mais, Luc Leblanc le déborde et remporte facilement l’étape. Miguel Indurain reste maillot jaune. Luc Leblanc remonte à la 5ème place du classement général, à 8’35″.

Tour de France 1994. Luc Leblanc vainqueur à Hautacam (Photo Cyclisme international).

Après la journée de repos, une rude journée attend les coureurs de Lourdes à Luz Ardiden. Richard Virenque est l’homme fort du jour. Dès les premières pentes du Tourmalet, il place une accélération qui décroche  un à un ses compagnons d’échappée. Il passe le sommet en tête avec 2’09″ sur Laudelino Cubino, 2’57″ sur Oscar Pellicioli, 3’28″ sur Nelson Rodriguez, 4’15″ Sur Laurent Dufaux, 5’29″ sur Udo Bolts, 5’46″ sur Marco Pantani, 8’30″ sur le groupe Miguel Indurain, Luc Leblanc et Tony Rominger.  Richard Virenque ne faiblit pas dans la montée de Luz Ardiden alors que derrière, Miguel Indurain fait le ménage. Il ne reste bientôt plus avec lui que Luc Leblanc et Vladimir Poulnikov. Tony Rominger est lâché définitivement. Richard Virenque s’impose après une course grandiose pour la plus belle victoire de sa jeune carrière. Il précède Marco Pantani de 4’34″, Oscar Pellicioli de 5′ 52″, Nelson Rodriguez de 7′ 02″, Vladimir Poulnikov, Miguel Indurain  et Luc Leblanc qui prend la 7ème place de l’étape à 7′ 22″ de son coéquipier Richard Virenque. Le lendemain avec l’abandon de Tony Rominger, Luc Leblanc remonte à la 4ème place du général. Lors de la 15ème étape en Montpellier et Carpentras, les coureurs doivent escalader le Ventoux. Au pied du Ventoux, Eros Poli passe 16’10″ avant Mario Mantovan et plus de 23′ sur le peloton. Après 6 kilomètres d’ascension, Marco Pantani attaque suivi par Luc Leblanc lequel préfère finalement attendre le groupe maillot jaune qui s’est restreint à Richard Virenque, Pascal Lino, Armand De las Cuevas et Roberto Conti. Miguel Indurain, après le Chalet Reynard, mène un train soutenu. La situation au sommet du Ventoux est la suivante : Eros Poli, à 4’35″ Marco Pantani, à 6’03″ le groupe maillot jaune avec dans l’ordre : Richard Virenque, Armand De las Cuevas, Luc Leblanc, Miguel Indurain, Roberto Conti et Pascal Lino. Dans la descente vers Carpentras par Malaucène, le groupe Miguel Indurain revient sur Marco Pantani. Eros Poli conserve  plus de 3′ d’avance sur le groupe Indurain – Leblanc où Luc Leblanc prend la 12ème place. Le mardi 19 juillet, les coureurs partent de Valréas et arrivent au sommet de l’Alpe d’Huez. Dès les premiers kilomètres, 14 coureurs s’enfuient. Les rescapés de l’échappée matinale abordent les premières pentes de l’Alpe d’Huez avec 9 minutes d’avance sur le peloton. Roberto Conti attaque brutalement, très tôt, et file seul vers le sommet. Dans le peloton, les lâchés sont nombreux d’autant que Marco Pantani attaque. Seul Richard Virenque essaye de le poursuivre. Miguel Indurain ne bouge pas. Marco Pantani prend du temps à Richard Virenque lequel prend du temps au peloton. Un peu plus haut, Miguel Indurain accélère subitement. Seuls restent dans sa roue : Alex Zulle, Luc Leblanc et Vladimir Poulnikov. Roberto Conti gagne l’étape tranquillement avec plus de 2′ d’avance sur ses poursuivants. Marco Pantani reprend plus de 2′ à Miguel Indurain alors que Richard Virenque doit se contenter d’un trentaine de secondes. Luc Leblanc termine dans le même temps que Miguel Indurain, 13ème de l’étape, à 7′ 56″ de Roberto Conti. Au classement général il occupe la 3ème place derrière Miguel Indurain et Richard Virenque. Le lendemain, lors de l’étape Bourg d’Oisans – Val Thorens, la bataille fait rage dès les premières pentes du col de la Madeleine.  Bjarn Riis et Piotr Ugrumov attaquent avec Nelson Rodriguez, dans leur sillage. Derrière, Luc Leblanc semble vouloir se lancer à leur poursuite mais se relève. Au sommet (km 78.5), Piotr Ugrumov, Bjarn Riis et Nelson Rodriguez précèdent le groupe maillot jaune de 1’10″. Au pied de l’ascension finale de Val-Thorens (km 113), le trio de tête passe avec 3’45″ sur le peloton. Le groupe maillot jaune monte vers l’arrivée à petit train et les fuyards creusent un écart qui dépasse bientôt les 5′. A l’avant, Bjarn Riis est lâché. Au sein du peloton, Marco Pantani démarre brutalement, à 5,5 kilomètres du but et part seul mais, trop tard pour revenir sur les deux échappés. Nelson Rodriguez, plus frais, gagne l’étape devant Piotr Ugrumov. Marco Pantani termine à un peu plus d’une minute mais reprend encore 1’30″ à Miguel Indurain et à Luc Leblanc. Ce dernier bien que terminant 7ème de l’étape perd une place au classement général. Marco Pantani occupe désormais  la 3ème place du classement général devant Luc Leblanc qui a terminé l’étape très épuisé. Le lendemain de Moutiers à Cluses, Piotr Ugrumov passe à l’attaque. Au sommet du col de la Croix-Fry (km 129.5), Piotr Ugrumov et Arturas Kasputis comptent  3’30″ d’avance sur le peloton. En haut de la montée au Grand Bornand, Piotr Ugrumov, désormais seul, compte encore 3′ 40″ sur le peloton. Dans la descente vers Cluses, Miguel Indurain fonce et seul Richard Virenque peut prendre sa roue. Luc Leblanc victime d’un ennui mécanique dans la montée, crève dans la descente. Piotr Ugrumov remporte avec panache cette étape. Luc Leblanc termine 8ème de l’étape, à 3′ 30″ de Piotr Ugrumov qui remonte à la 3ème place du classement général. Luc Leblanc est désormais 5ème. L’étape contre la montre Cluses – Morzine/Avoriaz fixe définitivement  les positions entre les leaders. C’est, à nouveau, le Russe Piotr Ugrumov qui se montre le plus performant sur les 47,5 kilomètres. Il précède Marco Pantani de 1′ 38″, Miguel Indurain de 3′ 16″ et Luc Leblanc de 3′ 50″. Richard Virenque accuse un retard de plus de 6 minutes et perd ainsi la seconde place du classement général. Il n’y a plus de Français sur le podium. Luc Leblanc est au pied du podium, il occupe la 4ème place qu’il conservera jusqu’à Paris.

Après le Tour, Luc Leblanc coupe une petite semaine suite à une petite inflammation tendineuse.

Du 8 au 12 août, il participe au Tour de Galice. Il remporte la 4ème étape avec 13 secondes d’avance sur Michele Bartoli. Au classement général final, il se classe en 6ème position, à 1′ 01″ de Laudelino Cubino : Je suis arrivé au Tour de Galice, sans but défini, pour voir où j’en étais. Le jeudi, dans l’étape la plus dure qui comportait 100 kilomètres de montagne sur 190 au total, j’avais de bonnes jambes et je suis passé à l’attaque à un peu plus de 7 kilomètres de l’arrivée. 

Le 16 août, Luc Leblanc est au départ à Limoges de la 1ère étape du Tour du Limousin. Il est accompagné de Richard Virenque, Pascal Lino, Pascal Hervé, Jean Claude Bagot, Stéphane Goubert,  Francisque Teyssier et Michel Vermotte. Comme c’est souvent le cas, la victoire est en partie jouée à l’issue de la première étape. Luc Leblanc termine au sein du peloton qui franchit la ligne d’arrivée avec 17 minutes de retard sur une douzaine de coureurs échappés. Luc Leblanc abandonne sur le circuit final lors de la dernière étape arrivant à Limoges.

Le 20 août, Luc Leblanc termine 29ème du Grand Prix de Zurich, à 17 secondes de l’Italien Gianluca Bortolami.

Le 28 août, Luc Leblanc représente la France au championnat du Monde, à Agrigente, en Sicile. Avec lui ont été sélectionnés : Jacky Durand, Ronan Pensec, Didier Rous, Pascal Lino, Laurent Roux, Pascal Hervé, Laurent Brochard, Stéphane Heulot, Laurent Madouas, Armand de Las Cuevas et Richard Virenque. Sur la ligne de départ, c’est sous un soleil de plomb que les 172 coureurs s’apprêtent à boucler les 19 tours de circuit, soit 251 kilomètres.  Du 1er au 9ème tour, le Colombien, Raoul Montana, ouvre la route en portant son avance à plus de quatre minutes.  Au 12ème tour (km 145) l’Italien Bruno Cienghialta étire le peloton.  Au 13ème tour, (km 159) Gianluca Bortolami attaque et  il est suivi par Pascal Hervé et par l’Espagnol Francisco Cabello.  Un groupe se dégage avec Claudio Chiapucci, Luc Leblanc, Laurent Dufaux et Richard Virenque. Ils sont repris quelques kilomètres plus loin. Au 14ème tour,  le Russe Vladislav Bobrik accélère.  Il est suivi par Piotr Ugrumov et Giorgio Furlan. Au 15ème tour (km 185) un groupe de 23 unités se forme avec sept italiens Massimo Ghirotto, Giorgio Furlan, Claudio Chiapucci,  Maurizio Fondriest, Francesco Casagrande, Bruno Cienghialta et Davide Cassani. Cinq Francais ont pris le bon wagon :  Armand De Las Cuevas, Luc Leblanc,  Richard Virenque, Laurent Madouas et Stéphane Heulot. Figurent également dans l’échappée Piotr Ugrumov, Lance Amstrong, Laurent Dufaux, Felice Puttini, Scott Sunderland, Bjarne Riis,  Rolf Sorensen, Dmitry Konyshev, Laudelino Cubino et Udo Bolts. Au 16ème tour (km 198) Stéphane Heulot tente, en vain, de s’échapper. Au 17ème tour (km 212) Rolf Sorensen attaque suivi par Massimo Ghirotto et Laurent Madouas. Ce dernier est arrêté sur incident mécanique. Luc Leblanc revient seul sur les deux échappés. Au passage sur la ligne Luc Leblanc, Massimo Ghirotto et Rolf Sorensen précèdent de 15 secondes quatre  contre attaquants : Lance Amstrong, Richard Virenque, Claudio Chiappucci et Dmitry Konishev. Au 19ème tour, la jonction des quatre contre attaquants avec les trois échappés se fait à 5 kilomètres de l’arrivée, au pied de la dernière montée. Claudio Chiappucci est le premier à démarrer sans réussite. Rolf Sorensen tente à son tour. Luc Leblanc suivi de Massimo Ghirotto le rejoignent et le dépasse aux 1500 mètres. Luc Leblanc,  sur une rampe à plus de 11%, distance Massimo Ghirotto et passe la ligne nettement devant les poursuivants. Claudio Chiappucci prend la 2ème place et Richard Virenque la 3ème. Luc Leblanc, en pleurs, exulte à l’arrivée : C’est un couronnement et aussi un aboutissement. L’an dernier, j’ai failli arrêter ma carrière. J’ai vécu des moments difficiles. D’habitude, ma nature me porte à attaquer. Mais, sur ce circuit, je savais qu’il fallait attendre la dernière montée. Je me suis retenu. Pendant toute la première moitié de la course, je suis resté à l’abri dans le peloton. J’ai seulement suivi. Dans la dernière côte, je ne me suis pas affolé quand Sorensen a attaqué. Le tour précédent, il était un peu juste. J’ai attendu la partie la plus dure pour attaquer.  Ghirotto est revenu et je me suis dis que le plus dur restait à faire. Maintenant, je vais garder la tête sur les épaules. J’espère rester le même homme. J’aime donner des conseils aux jeunes et je souhaite que le titre donne l’élan au cyclisme Français qui en a besoin. 

Le 22 septembre, revêtu du maillot arc en ciel, Luc Leblanc termine 31ème de Milan – Vignola, à 25′ 53″ de l’Italien Angelo Lecchi.

Le 24 septembre, il termine 29ème du Tour d’Emilie remporté par Francesco Casagrande.

Quelques semaines auparavant, durant le Tour du Limousin, Luc Leblanc avait décidé de quitter Festina. Son directeur sportif, Bruno Roussel,  témoigne dans Vélo Magazine : En plein Tour du Limousin, à une heure du matin, par l’intermédiaire de son conseiller financier, j’avais la parole de Luc qu’il restait chez nous. Le matin, tout était changé. J’en ai pris un gros coup derrière la tête même si,  avec un tel personnage, il faut s’attendre à tout.

C’est l’équipe du Groupement, mise sur pied par Jean Godzich,  homme d’affaires plutôt controversé qui va finalement séduire Luc Leblanc. Quelques mois plus tard, il fournira  des explications sur ses motivations qui l’ont pousse à prendre cette décision mais, pour l’heure, lorsque Jacques Lapellegerie, journaliste du Populaire du Centre lui demande s’il ne va pas regretter Festina, il se contente de déclarer : Dans l’équipe Festina, j’ai trouvé une écoute et un encadrement super. Cà m’a beaucoup aidé et c’est vrai, que j’ai eu mal au coeur de la quitter. Mais, le Groupement m’offrait un contrat de trois ans alors que je n’avais pas les mêmes garanties chez Festina. 

Mi octobre, Luc Leblanc informe  Michel Reix, président de son club de supporters qu’il souhaite la dissolution de l’association. C’est une immense déception pour les 500 supporters répartis sur 50 départements qui ne comprennent absolument pas cette décision. Luc Leblanc s’en explique, toujours dans les colonnes du Populaire du Centre : Les problèmes qui m’ont amené à quitter le Limousin ne regarde que moi.  Mais, j’ai été amené à prendre des décisions que beaucoup peuvent juger, à priori, comme brutales et dures. Je le comprends. Ce n’est pas par caprice que j’ai mis fin à mon club de supporters. Penser çà, c’est mal me connaître. Aurais-je changé comme çà depuis que je suis devenu champion du Monde. L’amitié restera toujours pour moi un principe de vie. Je fonctionne comme çà, même si j’ai trouvé et glissé sur beaucoup de peaux de bananes ces deux dernières années. Tout chat échaudé craint l’eau froide. Je n’ai fait qu’appliquer cet adage en émigrant en Provence. Est ce que cela m’a si mal réussi ? Il faut que l’on sache que je ne veux pas rompre les ponts avec ma région.  Je suis toujours Limousin. 

Championnat du Monde 1994 - Agrigente - Démarrage de Luc LeblancPhoto Vélo Magazine
Championnat du Monde 1994 - Agrigente - Claudio Chiappucci - Luc Leblanc - Richard Virenque
Championnat du Monde 1994 - Luc Leblanc

1995 – Le désastre du Groupement  et encore des problèmes de santé.

L’arrivée de Bernard Tapie dans le monde du vélo, quelques années auparavant, avait fait grand bruit mais, ce n’est rien par rapport à l’arrivée du Groupement. Vélo Magazine, du mois de février 1995, en retrace l’historique.

Avril 1994 : Guy Mollet,  ancien patron du club amateur de Waquehal et personnage incontournable du cyclisme Nordique est originaire d’Isbergues. Le maire de la localité lui offre une concession, dans la zone industrielle. C’est ici que le futur manager de l’équipe du Groupement va construire son service course. Les meilleurs mécanos sont approchés. On leur propose un salaire deux fois plus élevés que leurs revenus du moment.

Le 8 mai, lors des Quatre Jours de Dunkerque, le secret commence à percer.  Guy Mollet annonce qu’une nouvelle équipe verra le jour. C’est Eric Masson, ancien bon coureur amateur, qui a  présenté Jean Godzich à Guy Mollet. Le Groupement est une société de vente pyramidale dirigée par Jean Goszich, un richissime homme d’affaire d’origine Polonaise. Le nom de Greg Lemond circule. Il souhaite que Johan Lammerts soit directeur sportif. Une seule certitude pour le moment, le gendre de Guy Mollet,  l’ancien pro, Vincent Lacressonnière, sera directeur sportif adjoint.

Le 1er juin, au cours du Dauphiné Libéré, Guy Mollet fait son marché. Il approche les coureurs des équipes Gan et Castorama, dans leurs chambres d’hôtel, sous les yeux de leurs directeurs sportifs. Emmanuel Magnien est l’objet d’une proposition mirobolante. Cyrille Guimard, depuis l’Italie, menace Guy Mollet d’un procès.

Le 26 juin, lors du championnat de France, Guy Mollet parvient  à convaincre Dominique Arnould et Thierry Bourguignon, déçus de ne pas être retenus pour le Tour.

Le 1er juillet, lors de la Foire de Lille, Jean Godzich annonce, officiellement, le lancement de son équipe. Avec Guy Mollet et Eric Masson, Patrick Valcke, l’ancien complice de Stephen Roche, est également présent.  La piste Greg Lemond a été abandonnée.

La première semaine du Tour de France,  Claudio Chiappucci reçoit une offre de 5 millions de francs pour un an. Il refuse. Ronan Pensec se laisse tenter, à la sortie des Pyrénées.

Le 24 juillet, à l’arrivée du Tour, sur le plateau de France 2, Bruno Roussel prend une première claque. Pascal Lino annonce, en direct, qu’il rejoint, lui aussi, le Groupement. Festina perd aussi Jean Paul Van Poppel et Michel Vermotte.  Richard Virenque et Luc Leblanc ont été, eux aussi, approchés.

Le 18 août, Bruno Roussel prend une deuxième claque en plein Tour du Limousin. Tard dans la soirée, Bruno Roussel et Luc Leblanc sont tombés d’accord. Luc Leblanc restera chez Festina. Pourtant à l’aube, Luc Leblanc annonce qu’il vient de signer un contrat de 12 millions de francs qui le lie pour 3 ans au Groupement. C’est le plus gros contrat jamais signé par un coureur Français et Luc Leblanc n’est pas encore champion du monde.  Que s’est il passé pendant la nuit ? C’est Frédéric Moncassin, ami de Luc Leblanc qui en donnera l’explication. Bruno Roussel a dit à Luc Leblanc que Frédéric Moncassin rejoignait Festina hors, dans la nuit,  Luc Leblanc  a découvert que Frédéric Moncassin avait déjà signé au Groupement.

Le 28 août, à Agrigente, le Groupement compte désormais dans ses rangs un champion du monde, en la personne de Luc Leblanc. Son salaire n’est pas revu à la hausse mais, on met à sa disposition un coupé Mercedes, dernier cri, d’une valeur de 600000 francs, la carte grise restant, toutefois, au nom du Groupement.

Le 29 août,  à Brest, Guy Mollet accueille Luc Leblanc, de retour d’Agrigente, comme son poulain. Il propose même à Bruno Roussel de racheter le bus de l’équipe.

Le 18 septembre, à Isbergues, c’est le premier vrai contact de Jean Godzich avec le vélo.  A la fin de l’épreuve, c’est le grand show. Jean Godzich, Luc Leblanc, Guy Mollet et Patrick Valcke se présentent main dans la main. Philippe Bouvatier qui a réalisé une longue échappée durant l’épreuve est le premier surpris lorsqu’au pied du podium, Guy Mollet lui tend un contrat. Il n’y avait pas de Normand dans l’équipe et lorsque le speaker, Daniel Mangeas, saluait la performance de Philippe Bouvatier, Jean Godzich  a demandé à Guy Mollet de proposer immédiatement un contrat à Philippe Bouvatier.

Fin octobre, les coureurs sont conviés à une semaine, en Floride, avec leurs épouses.  Accueillis dans un hôtel somptueux, ils sont, en fait, intégrés au voyage qui est la suprême récompense des deux milles vendeurs les plus méritants du Groupement.  On leur remet les clés d’une suite et celle d’une Buick de location. Dans leur chambre, il trouve également une enveloppe d’argent de poche, un smoking et 350 dollars pour que leurs épouses achètent une tenue de soirée. Le coût de ce séjour en Floride est estimé à 60 millions de francs.

Début décembre, Patrick Valcke souhaite que Didier Auriol, champion du monde de rallye, devienne le parrain de l’équipe mais, celui ci hésite.  L’image du Groupement et ses méthodes de ventes pyramidales commencent  ,en effet, à faire scandale.

Le scandale a commencé au cours du mois d’août précédent. Un reportage télévisé d’Envoyé Spécial met en avant les dérives de la vente pyramidale et le principe de fonctionnement du Groupement qui est comparé à une secte. Un livre sur le sujet va même sortir et circuler de main en main, y compris,  à Agrigente, le jour du championnat du monde.  Les politiques et le Sénat  s’en mêlent aussi.

Malgré cela, le 9 décembre, à Rosny sous Bois, Guy Mollet vient déposer, au siège de la FFC, la caution bancaire réglementaire qui correspond au quart de la masse salariale. Sur un immense chèque, en carton, la somme de 3 137 500 francs est inscrite, pour la photo. Daniel Baal, président de la FFC, refuse de se prêter à ce manège.

Le 15 décembre, à Rouen, Jérome Chiotti vient à peine de prendre la 2ème place de l’épreuve de Coupe du Monde de cyclo-cross à Igorre, en Espagne, qu’il est contacté. Un jet privé le ramène à Rouen, pour les photos, puis à Lille, pour signer le contrat. Il rentre à Nantes en TGV 1ère classe avec sa nouvelle tenue complète.

Le 8 janvier, à Cublize, lors du championnat de France de cyclo-cross, 4000 vendeurs supporters sont invités à ce premier rendez vous avec l’équipe. La veille, on a appris que Dominique Arnould s’est vu proposer  la même Mercedes que Luc Leblanc s’il conservait son titre,  mais c’est Jérome Chiotti qui remporte le titre. Ce dernier deviendra champion du monde, l’année suivante, puis il perdra ce titre en avouant s’être dopé.

Du 13 au 17 février, Luc Leblanc débute la saison sous son nouveau maillot à la Ruta del Sol : Débuter à la Ruta del Sol est une très bonne chose, même si les étapes sont un peu longues. Je trouverai, en Espagne, des conditions atmosphériques favorables et ce n’est pas pour me déplaire car j’aime la chaleur. Il est sûr que je m’attends à éprouver quelques difficultés en fin de course mais cela s’arrangera au fil des jours. Actuellement,  je souhaite avant tout bien me préparer et ne ressentir aucune pression. Il faut me laisser faire comme bon me semble et avec Patrick Valcke, j’ai trouvé le bon interlocuteur, nous parlons le même langage. J’entends faire mon métier de la meilleure façon possible et honorer mon maillot arc en ciel. Je n’écoute plus les critiques, je n’écoute que ma conscience. 

Le 2 mars, Luc Leblanc dispute, en Sicile, le Trophée Pantalica puis le Tour de l’Etna qu’il termine en 30ème position.

En annonçant sa participation au Tour de Colombie, Luc Leblanc en profite pour régler quelques comptes et pour dévoiler ses ambitions pour la saison 1995, malgré les polémiques sur le Groupement qui continuent de prendre  de l’ampleur : Je vais en Colombie pour disputer le Tour de Colombie. Le but est de me réhabituer à la haute montagne. Bien sûr que le prochain championnat du monde qui doit se dérouler là bas n’est pas étranger à ce choix.  Mais, je le répète, c’est avant tout, pour la montagne. Je sais que çà fait grincer des dents en France chez certains organisateurs mais que ces gens là pensent à ce que j’ai fait l’année dernière. Ma préparation Espagnole n’était pas si mauvaise que cela. En Colombie, mi avril, je serai entouré de six néo pros. Ils sont tous très prometteurs. J’ai pu en juger par leur palmarès mais aussi lors de la semaine de stage que nous venons de passer ensemble. Nous comptons beaucoup sur les qualités de rouleur de Dominique Bozzi, pour le contre la montre notamment. Quand j’ai signé au Groupement, j’ai pris la peine de demander qui avait signé avant moi. Quand j’ai vu que Pascal Lino, Dominique Arnould,  Thierry Bourguignon, Jean Paul Van Poppel et Ronan Pensec m’avaient précédé, çà m’a convaincu. Sur le plan de l’organisation et du travail, Patrick Valcke ne diffère pas de Cyrille Guimard ou de Bruno Roussel.  Je sais ce qu’il a fait avec Stephen Roche au  Tour d’Italie, au  Tour de France et au championnat du monde 1987. C’est une belle carte de visite. Au niveau relationnel, Patrick Valcke est très agréable et c’est important de trouver un bon interlocuteur comme directeur sportif. Je rêve depuis toujours de remporter une classique. On verra bien. Je rêve de monter sur le podium, au Tour de Romandie, au Dauphiné, à la Classique des Alpes. Ce sera une bonne préparation pour le Tour de France puisqu’il y a des grands cols à escalader. J’aurais aimé faire le Tour d’Espagne comme l’an passé mais, il a été déplacé au mois de septembre. 

La polémique sur le Groupement commence a avoir une conséquence sur le chiffre d’affaire de l’entreprise tant et si bien que,  le 7 mars, la presse annonce que le Groupement envisage de se retirer. Luc Leblanc est outré ! Quand Patrick Valcke et Guy Mollet m’ont téléphoné, je n’en suis pas revenu. Je ne comprends pas cet acharnement depuis mon titre de champion du monde. On s’est déchaîné contre nous. Moi, je ne suis pas un juriste. L’image que j’ai de l’entreprise du Groupement ne m’a pas choqué. Çà fait beaucoup de mal à toute l’équipe et d’autant plus maintenant. Avant de penser à trouver une place dans une autre équipe, je pense surtout à tous mes camarades, Pascal Lino, Robert Millar, Ronan Pensec,  Jean Paul Van Poppel et tous les autres. Je ne les laisserai jamais tomber. Si d’aventure il y avait un autre sponsor, la reprise se fera avec eux. 

C’est dans cette ambiance que Luc Leblanc se rend,  le 12 mars, à Medellin, en Colombie, pour prendre le départ de la Classico RCN qui se dispute sur 9 étapes. Il va abandonner 3 kilomètres après le départ de la 7ème étape, sur la route de Duitama, la ville où doivent se dérouler les prochains championnats du monde.  La veille, il était arrivé avec une heure de retard sur son coéquipier, Marcel Wust, vainqueur de l’étape. Malgré cette déconvenue, Luc Leblanc conserve le moral, Jean Godzich lui ayant assuré qu’il ne laisserai pas tomber l’équipe :  J’ai dû arrêter parce que j’étais à bout de forces, pas parce que j’étais malade. Avec le recul, je me rends compte que je n’étais pas suffisamment préparé pour une épreuve aussi dure que la Classico RCN. En octobre, au mondial, avec cette horrible montée pendant 17 tours à 2900 mètres d’altitude, les Colombiens vont nous hacher menu si on ne s’entraîne pas tout spécialement.  Rien ne sert de se mettre la pression dès le mois de mars. Avec mon maillot arc en ciel, certains voudraient me voir partout. A ceux là, je réponds que je suis coureur professionnel, pas en campagne publicitaire. 

Du 3 au 7 avril, Luc Leblanc participe au Tour du Pays Basque. Il prend la 73ème place, à 37′ 39″ d’Alex Zulle.

Le 12 avril, il termine 27ème de la Flèche Wallonne, à 4′ 39″ de Laurent Jalabert.

Après avoir disputé Paris – Camembert, le 18 avril, le 23 avril, Luc Leblanc termine 97ème du Tour de Vendée remporté par le Belge Mario De Clercq.

Le 30 avril, il prend la 31ème place du Trophée des Grimpeurs, à Chanteloup Les Vignes. Il termine à 12′ 23″ d’Armand de Las Cuevas.

Du 2 au 7 mai, Luc Leblanc dispute le Tour de Romandie. Il se classe 27ème, à 14′ 59″ de Tony Rominger.

Du 12 au 14 mai, il dispute le Tour de l’Oise. Il se classe 21ème, à 2′ 02″ du Hollandais Jelle Nijdam.

Du 24 au 29 mai, Luc Leblanc enchaine avec le Grand Prix du Midi Libre. Il termine 9ème de la 1ère étape Beaucaire –  La Canourgue remportée par le Russe, Zbigniew Spruch. Il prend également la 4ème place de la 3ème étape Rodez – Carcassonne, à 2 secondes de Laurent Jalabert. Au classement général final, il se classe 9ème, à 3 ’42″ de Miguel Indurain.

Le 4 juin, Luc Leblanc se rend à Evian pour prendre le départ du 47ème Critérium du Dauphiné Libéré. Il termine 10ème du prologue de 6,5 kilomètres, à 35 secondes de Chris Boardman. Mais, lors de la 5ème étape, en traversant la Drôme, il met pied à terre  dans le col de Perty, première montée sérieuse du jour. Le soir de l’étape, il donne ses impressions à Jacques Lapellegerie : Ma jambe était raide comme un morceau de bois. Tout juste si je la sentais. En fait, je paie l’addition des années qui passent et de l’accumulation des courses dures. Quand j’étais jeune, ce problème de jambe, je ne m’en apercevais pas. Je fonçais. J’ai vraiment commencé à souffrir, il y a trois ans. Et plus les années passent, moins çà s’arrange. Je suis allé consulter, à Marseille, le professeur Bricot. Il a poussé des hauts cris lorsqu’il  a vu que ma jambe gauche était plus courte de deux centimètres par rapport à la droite. Il s’est demandé comment j’avais pu obtenir de tels résultats dans ces conditions. Çà m’a contraint de pédaler de travers et peu à peu, mon bassin s’est transformé. Il a essayé de parer au plus pressé en modifiant mes semelles orthopédiques de plus de deux millimètres mais, çà n’a rien arrangé. Jeudi, je vais passer un scanner pour voir si je n’ai pas une hernie discale. Après, je ferais le point avec Patrick Valcke mais, franchement, même si je n’ai pas une hernie, je ne mettrai pas un pied devant l’autre pour autant. Porter un maillot de champion du monde implique de ne pas faire la course derrière. Je renonce donc au Tour de France. Une équipe sur le Tour sans leader, on a déjà vu çà mais, il faut reconnaître que l’équipe n’a pas bien tournée jusque là. Je pense que le climat d’incertitude du début de saison n’est pas étranger. Certains de mes adversaires m’ont traité de pleureuse. Ils n’ont rien compris. Comme au Midi Libre lors de la 3ème étape, où je n’ai pas pris de relais dans le groupe de chasse. Laurent Jalabert a dit qu’il n’y en avait qu’un qui avait foutu le bordel, en ne prenant pas de relais, c’est Luc Leblanc. C’est que je ne pouvais pas, tout simplement. Bien sûr que çà m’enchante pas de ne pas être au départ du Tour mais, je ne veux pas connaître la galère, comme en 1992.

Fin juin, le Groupement est à l’agonie financière. Quatre jours avant le départ du Tour, l’équipe déclare forfait. Le manager Guy Mollet a informé Daniel Baal, le président de la FFC,  que le dépôt de bilan viendrait rapidement. Grâce à la caution bancaire déposée par l’équipe, les salaires des coureurs seront payés durant trois mois. Luc Leblanc se retrouve chômeur avec un maillot de champion du monde sur le dos : Tout ce qui arrive est lamentable et morbide. Dans l’immédiat, je vais m’occuper de ma jambe gauche. La semaine prochaine, je vais passer toutes une série d’examens, à Paris, avec les professeurs Saillant et Couroy. C’est après que je dois me faire opérer de cette compression du nerf sciatique, sous le genou, qui m’a pourri tant de fois l’existence. Cela suppose, au bas mot, trois à quatre semaines de rééducation. Ce qui fait que je ne reviendrai pas à la compétition avant fin août. Je ne pourrai pas participer, bien sûr, au Tour du Limousin mais, serais-je revenu à mon meilleur niveau pour le championnat du monde, pas sûr. J’ai des contacts personnels mais aussi pour l’équipe dans sa totalité. Deux managers d’équipe m’ont appelé. L’une est française, l’autre étrangère. Quant à l’équipe, un repreneur est sur les rangs. De toute façon, nous nous sommes engagés à rester solidaires jusqu’à fin août. A ceux qui disent que j’aurais dû rester chez Festina, c’est facile après coup. Mais savent-ils que l’on ne pouvait pas s’entendre avec Richard Virenque ? Il y en avait un de trop.

Fin Juillet, Luc Leblanc est opéré à La Pitié Salpétrière, à Paris. Malgré les sédatifs, il souffre et il ne pourra pas répondre à l’invitation d’Alain Ségurel pour le Bol d’Or des Monédières. Mais son principal souci est la reprise de son équipe. S’il a reçu de nombreuses sollicitations ce n’est pas le cas de tous ses coéquipiers : Pour moi, les offres de manquent pas. Les Japonais sont sur les rangs. Leur siège est à 9 kilomètres de chez moi, en Provence. Mais, il n’est pas question que çà capote comme avec le Groupement. La FFC a mis sur pied une structure nous permettant de courir sous un maillot neutre bleu et blanc. C’est une bouée de sauvetage. Pour ma part après cette opération, je ne pense pas revenir avant la fin septembre.

Fin août, Luc Leblanc annonce qu’il a signé pour deux ans chez Polti, une société italienne de produits d’entretien.

Il fait sa rentrée, fin septembre, au critérium de Saran près d’Orléans.

FN

Dauphiné Libéré 1995 (Photo Getty Images)

1996 – Un très beau retour au premier plan avec une 6ème place au Tour de France.

Sous son nouveau maillot de la Polti, du 7 au 11 février, Luc Leblanc dispute l’Etoile de Bessèges. Il termine à la 48ème place, à une minute de Jan Svorada.

Le 24 février, Luc Leblanc prend la 56ème place du Tour du Haut Var, dans le même temps que l’Italien Bruno Boscardin.

Le 10 mars, Luc Leblanc retrouve ses équipiers, Frédéric Guesdon, Dirk Baldinger, Davide Rebellin, Mauro Gianetti, Georg Totschnig, Gerrit De Vries et Giuseppe Guérini, à Châteauroux, au départ de Paris – Nice. Il termine 5ème de la 3ème étape qui s’est disputée sur les terres Limousines entre Vassivière et Chalvignac. Laurent Jalabert remporte l’étape. Luc Leblanc termine à 18 secondes. Il est, lui même, agréablement surpris par ce résultat : C’est bon de se retrouver avec les meilleurs. Depuis le temps que cela ne m’étais pas arrivé ! Je ne m’attendais pas à çà, surtout après la galère de lundi où je suis arrivé exténué. Çà me rappelle 1994, avec des journées mauvaises et d’autres super. Dans la dernière ascension, à Chalvignac, c’est Lance Amstrong qui a démarré sous le nez de Laurent Jalabert qui l’a remonté immédiatement puis l’a lâché. Jaja, il accélère en bosse et il tient l’allure. Il est impressionnant ! Quel bel exemple pour le cyclisme Français. Je suis très heureux pour lui et pour moi naturellement. J’ai essayé de suivre mais, je suis encore un peu juste. Mais, en tout cas, les bonnes sensations reviennent comme en 1994. Bon, demain, çà risque de coincer mais, çà ne fait rien, je suis très content pour mon encadrement et notamment mon entraîneur Zenoni. Il croit dur comme fer que je  suis encore loin de mon maximum, qu’il me faut travailler, travailler. Cette course est donc un bel encouragement. Il me suffit de revenir en Limousin pour retrouver le coups de pédale. Le lendemain, Luc Leblanc termine 8ème de l’étape Maurs – Millau, à 36 secondes de Laurent Jalabert. Il termine également 10ème de la 6ème étape, Vitrolles – Saint Tropez dans le même temps qu’Andrei Tchmil. Au classement général final, il prend la 7ème place, à 2′ 18″ de Laurent Jalabert.

Le 29 mars, Luc Leblanc dispute Milan san Remo. L’Italien, Gabriele Colombo remporte l’épreuve.

Le 30 mars, il se rend à Gaillac pour prendre le départ du Critérium International. Il termine 5ème de la 2ème étape, disputée à Mazamet, à 57 secondes de son coéquipier Mauro Gianetti. Au classement général final, il prend la 12ème place, à 1′ 51″ de Chris Boardman.

Du 8 au 12 avril, Luc Leblanc dispute le Tour du Pays Basque. Il se classe  8ème de la 5ème étape disputée en contre la montre sur 6,5 kilomètres, à Orio. L’étape est remportée par l’Italien Francesco Casagrande. Au classement général final, il occupe le 16ème rang, à 2′ 11″ de Francesco Casagrande.

Le 14 avril, il dispute la Klazsika Primavera, dans le nord de l’Espagne. Il termine 35ème, à 3′ 58″ de son équipier Mauro Gianetti.

Le 17 avril, Luc Leblanc enchaîne avec la Flèche Wallonne. Il prend la 18ème place, en haut du mur de Huy, à 1′ 53″ de Lance Amstrong.

Le 16 mai, il termine 11ème du Grand Prix de Wallonie, à 7′ 8″ de l’Italien, Franco Ballerini.

Du 22 mai au 26 mai, Luc Leblanc dispute la Bicyclette Basque. Il se classe 5ème de la 2ème étape Elgoibar – Etxarri Aranatz, remportée par l’Italien Simone Biasci. Il prend la 4ème place de la 4ème étape Ondarroa – Abadino, remportée par l’Italien Alberto Elli. Au classement général final, il termine 13ème. Miguel Indurain remporte l’épreuve.

Le 1er juin, entre Chambéry et Aix Les Bains, Luc Leblanc termine 2ème de la Classique des Alpes, à une seconde de Laurent Jalabert.

Du 2 au 9 juin, il dispute le 48ème Critérium du Dauphiné Libéré. Il se distingue en terminant 6ème de la 6ème étape, Digne – Briançon que remporte Miguel Indurain mais,  il retrouve le chemin de la victoire, lors de la 7ème étape Briançon – Grenoble  dont l’arrivée est située au sommet de La Bastille. Il devance Tomy Rominger et Fernando Escartin. Au classement général final, il se classe 12ème, à 13′ 50″ de Miguel Indurain.

Dauphiné Libéré 7ème étape. Briançon - Grenoble - La Bastille 1996 . Luc Leblanc devance Tony Rominger et Fernando Escartin

Du 15 au 18 juin, Luc Leblanc participe à la Route du Sud. Il termine 6ème de la 3ème étape qui se termine en haut du Plateau de Beille. C’est son équipier, l’Italien Guiseppe Guerini qui remporte l’étape.  Au classement général final, Luc Leblanc termine 5ème, à 5′ 01″ de Laurent Jalabert.

Le 29 juin, Luc Leblanc  se rend à Bois le Duc, en Hollande, pour prendre le départ du 83ème Tour de France. C’est sa 5ème participation. Porteur du dossard 111, il est entouré  par Dirk Baldinger, Rossano Brasi, Gerrit De Vries, Mirko Gualdi, Giuseppe Guérini, Frédéric Guesdon, Daisuke Imanaka et Serguei Outschakov. Lors de la 6ème étape, entre Arc et Senans et Aix Les Bains, Luc Leblanc est victime d’un accrochage dans la montée de Senoy. Il est attardé et ne reviendra pas car l’équipe Once, au complet dans le premier peloton, mène grand train. Il perd 3′ 47″ au classement général. Le lendemain, il prend sa revanche lors de la 7ème étape Chambéry – Les Arcs. Dès la sortie de Chambéry, le peloton est déjà étiré par le rythme élevé. Les attaques sont nombreuses. Le calme revient dans la course jusqu’au pied de la Madeleine où le peloton est groupé. Après 8 kilomètres d’ascension, Laurent Jalabert est pointé à 45″ d’un groupe de 31 coureurs qui comprend tous les grands favoris y compris Stéphane Heulot, le maillot jaune, qui finit par décrocher à 7 kilomètres du sommet. Passages au sommet : Richard Virenque, Miguel Indurain, Alex Zülle, Tomy Rominger, Evguéni Berzin, Peter Luttenberger, Luc Leblanc, Laurent Dufaux, Bjarn Riis, Abraham Olano et le reste du groupe d’une trentaine de coureurs. Dans la montée du Cormet de Roselend, la course bouge. Le groupe « maillot jaune » reste groupé mais Stéphane Heulot est brusquement décramponné à mi-col. Il met deux fois le pied à terre en se plaignant du genou et abandonne, à 2 kilomètres du sommet au km 161. La montée des Arcs s’effectue sur un rythme soutenu et régulier. A un peu plus de 6 kilomètres du sommet, Luc Leblanc démarre violemment et se lance à la poursuite d’Udo Bolts et de Laurent Dufaux qui avaient pris les devants. Il déborde facilement Udo Bölts, puis il revient sur Laurent Dufaux, à moins de 3 kilomètres du sommet. Il le lâche immédiatement.  Luc Leblanc gagne l’étape en solitaire. Evguéni Berzin prend le maillot jaune, à égalité de temps avec Abraham Olano. Luc Leblanc occupe la 16ème place du classement général, à 4′ 18″ d’Evguéni Berzin. Lors de la 8ème étape disputée en contre la montre sur 30,5 kilomètres  entre Bourg Saint Maurice et Val d’Isère, Luc Leblanc prend la 11ème place, à 3′ 09″ d’Evgueni Berzin. La 9ème étape,  entre Val d’Isère et Sestrière, est neutralisée de 143.5 kilomètres en raison des mauvaises conditions atmosphériques en montagne. Départ donné au Monêtier-les-Bains, à 46 kilomètres de l’arrivée. Deux cols hors-catégorie (Iseran et Galibier) sont neutralisés. Deux cols restent à gravir : Montgenèvre et l’arrivée à Sestrières. Le départ est rapide et l’ascension du col de Montgenèvre très violente. Bjarne Riis attaque à plusieurs reprises et réussit à partir seul. Il franchit le sommet avec 20″ d’avance sur Luc Leblanc, 24″ sur Richard Virenque (ils seront tous deux repris après le sommet), 55″ sur le groupe « maillot jaune ». La descente du col de Montgenèvre est extrêmement rapide mais Bjarn Riis creuse l’écart : 34″ au sprint intermédiaire de Cesana Torinese, au pied de la montée vers Sestrières. Comme la veille, Abraham Olano effectue un gros travail pour Tomy Rominger jusqu’aux premières pentes de l’ascension finale. Bjarn Riis enlève l’étape avec 24″ d’avance sur Luc Leblanc, sorti seul à sa poursuite, 26″ sur Richard Virenque, 28″ sur Tony Rominger et Indurain, et 1’23″ sur Evguéni Berzin. Luc Leblanc remonte à la 12ème place du général à 7′ 08″ de Bjarn Riis qui s’est emparé du maillot jaune. Dans les 80 derniers kilomètres de la 10ème étape, entre Turin et Gap, les attaques sont innombrables mais rien n’aboutit jusqu’à Savines-le-Lac, à 44 kilomètres du but. Un groupe de 15 coureurs se détache dont Luc Leblanc, Laurent Dufaux, Rolf Sørensen et Michael Boogerd. L’entente n’est pas très bonne, et rapidement le groupe se scinde. Parmi les 7 coureurs qui restent en tête, figurent Luc Leblanc et Laurent Dufaux mais c’est Rolf Sørensen qui parvient finalement à sortir seul à 27 kilomètres de Gap. Il sera repris par le peloton à la flamme rouge. Luc Leblanc a été lui aussi repris quelques kilomètres plus tôt. Luc Leblanc est, à nouveau, à la pointe du combat lors de la 13ème étape entre Le Puy en Velay et Superbesse. Dans le final, au bas de la dure côte de Saint-Anastaise, les Banesto impriment, en tête du peloton, un rythme rapide. Devant, l’échappée  matinale se disloque et perd du terrain sur le peloton. Djamolidine Abdoujaparov  parti seul en tête a été repris dans cette côte et débordé, et c’est Paolo Savoldelli qui passe en tête détaché. Dans le peloton, Luc Leblanc et Richard Virenque ont attaqué et se sont extraits du groupe des favoris où TonyRominger a été une première fois en difficulté mais revient dans la descente. Dans la côte suivante, celle du Faux, qui succède immédiatement, Tony Rominger disparaît définitivement du groupe maillot jaune où restent entre autres Bjarn Riis, Miguel Indurain, Evguéni Berzin, Abraham Olano. Après le sommet, Bjarn Riis produit lui-même l’effort pour limiter l’écart (30″ environ) avec le groupe précédent où Luc Leblanc et Richard Virenque reprennent les uns après les autres les fuyards. Dans la montée de Superbesse, dont le sommet est situé à 2 kilomètres du but, c’est au tour d’Evguéni Berzin de céder dans le groupe maillot jaune. Pendant ce temps, Luc Leblanc et Richard Virenque reviennent sur les trois derniers survivants de l’échappée : Paolo Savoldelli, Rolf Sørensen et Orlando Sergio Rodrigues. Paolo Savoldelli tente sa chance à la flamme rouge mais échoue. L’explication finale se joue à quatre et Rolf Sørensen prend soin de négocier, en tête, le dernier virage serré et gagne l’étape.  Luc Leblanc prend la 4ème place. Bjarn Riis conserve son maillot jaune. Luc Leblanc est 12ème, à 6′ 47″. Luc Leblanc se distingue, une nouvelle fois, lors de 16ème étape entre Agen et Hautacam. La décision se fait sur les 7 derniers kilomètres,  de la montée d’Hautacam. Bjarn Riis s’est enfuit et creuse régulièrement l’écart sur un groupe de quatre poursuivants : Richard Virenque, Laurent Dufaux, Luc Leblanc et  Leonardo Piepoli. A 2 km du but, ils sont à 55″ du maillot jaune. Sur la ligne où Richard Virenque bat Laurent Dufaux, Luc Leblanc et Léonardo Piepoli pour la deuxième place, il sera de 49″. La 17ème étape entre Argelès Gazost et Pampelune  permet à Luc Leblanc de faire une belle remontée au classement général. Au pied du Soulor, Pascal Hervé lance les hostilités. Au sommet : Pascal Hervé, à 18″ Richard Virenque, Laurent Brochard, Bjarn Riis, Laurent Dufaux et le peloton encore compact. Dans le col d’Aubisque, Neil Stephens et Michele Bartoli se joignent à Pascal Hervé. Au sommet de l’Aubisque : Neil Stephens, à 10″ Pascal Hervé, Michele Bartoli, à 2’15″, le peloton. L’échappée des trois passe dans cet ordre, Neil Stephens, Michele Bartoli, Pascal Hervé, au col de Marie-Blanque où Maurizio Fondriest est à 1’20″, le peloton à 4′. C’est le dur col du Soudet qui provoque des dégâts considérables. Au sommet du Soudet : Neil Stephens seul en tête, à 12″ Richard Virenque, Bjarn Riis, Piotr Ugrumov, Laurent Dufaux, Pascal Hervé, Udo Bölts, Jan Ullrich, Fernando Escartin, Luc Leblanc, Peter Luttenberger. Le Port de Larrau, encore plus dur, ne laisse que huit coureurs en tête. Au sommet : Richard Virenque, Bjarn Riis, Piotr Ugrumov, Laurent Dufaux, Jan Ullrich, Luc Leblanc, Fernando Escartin et Luttenberger. Les écarts se creusent. A 20 kilomètres du but, l’écart est de 6′ et sera de 8’30″ à l’arrivée. A 1500 mètres de l’arrivée, Bjarn Riis attaque et seul Laurent Dufaux parvient à le suivre. Le maillot jaune emmène le sprint de très loin mais le Suisse, au dernier moment, le remonte et l’emporte dans cette étape-marathon. Luc Leblanc prend la 5ème place et remonte à la 8ème place du général. Lors du contre la montre de 63,5 kilomètres, disputé entre Bordeaux et Saint Emilion, Luc Leblanc termine 14ème à 4′ 20″ de Jan Ullrich. Il termine son 5ème  Tour à la 6ème place, à 10′ 40″ de Bjarn Riis. Dans les colonnes de  Vélo Magazine d’août 1996, Luc Leblanc revient sur sa prestation. Comme beaucoup je crois avoir connu une journée un peu folle entre Chambéry et Les Arcs.  Il y a eu toutes ces chutes et des rebondissements impressionnants.  Mais, je la voulais tellement cette étape. J’y pensais depuis la veille où j’avais connu quelques ennuis. Ma femme a su me remonter le moral. Elle m’a dit de songer à notre fils et de faire un grand truc pour lui.  J’ai connu énormément de malheurs ces derniers temps mais je savais, qu’un jour, la forme reviendrait.  Je voulais aussi montrer aux gens de quoi j’étais capable.  Je suis revenu à un très bon niveau et je l’ai prouvé dans ce Tour.  Dans cette étape, je n’ai pensé qu’à la victoire. Je savais que derrière le peloton était en train d’exploser mais, je n’ai su que sur la fin que Miguel Indurain avait connu quelques ennuis. Moi aussi, j’ai connu la poisse et des jours sans.  Cela arrive à tout le monde. Désormais, je sais que je suis revenu de l’enfer.  J’avais, sans doute, la possibilité de terminer sur le podium, à Paris, cette année  mais j’avais perdu beaucoup trop de temps avant cette étape des Arcs. Ce qui m’a fait plaisir, après ma victoire, c’est entendre dire qu’il fallait énormément de caractère pour revenir à ce niveau. Pourtant, j’aurais dû partir beaucoup plus tôt dans cette étape. Les dégâts auraient été  beaucoup plus importants derrière. Je n’ai jamais baissé les bras dans ma vie et je le prouve encore aujourd’hui. 

Le 22 juillet, Luc Leblanc remporte le Critérium de Lisieux en devançant François Lemarchand et Thierry Laurent.

Le 23 août, il termine 28ème des Trois Vallées Varésines, à 4′ 58″ de l’Italien Fabrizio Guidi.

Le 14 septembre, il prend la 117ème place de Paris – Bruxelles après avoir mené la course durant de longs kilomètres. Terrassé par une fringale, il termine à 11′ 07″ d’Andréa Tafi.

Le 28 septembre, Luc Leblanc monte sur la 2ème marche du podium du Tour d’Emilie, à 26 secondes de Michele Bartoli.

Le lendemain, il termine à nouveau 2ème de la Coppa Placci, battu, au sprint, par Andrea Tafi.

Le 1er octobre, à Piecciomi, il prend la 15ème place de la Coppa Sabatini, à 11′ 45″ de Bjarne Riis.

Il enchaine ensuite par le Tour des Pouilles où, à l’issue des quatre étapes, il prend la 15ème place dans le même temps que l’Italien Fabrizio Guidi.

En participant à ces nombreuses courses en Italie, Luc Leblanc a mis toutes les chances de son côté pour représenter, au mieux, la France au championnat du monde, prévu le 10 octobre à Lugano. Avec lui, le directeur sportif de l’équipe de France, Bernard Thévenet, et le directeur technique national, Patrick Cluzaud, ont retenu : Richard Virenque, Laurent Jalabert, Pascal Hervé, Lylian Lebreton, Laurent Brochard, Stéphane Heulot, Laurent Roux, Benoit Salmon, Emmanuel Hubert, Cédric Vasseur et Pascal Chanteur. Sur le papier, l’équipe de France fait belle figure. Avec trois leaders, Laurent Jalabert, Richard Virenque et Luc Leblanc, tous les trois capables d’être champions du monde, les Français sont les grands favoris. Bernard Thévenet a cependant un principal souci, pour le bien de la nation, il ne doit pas y avoir de friction entre les trois leaders et, il annonce qu’il fera en sorte que tous les trois puissent rouler les uns pour les autres, ceci sans désigner qui que ce soit, les coureurs sont assez grands pour prendre des initiatives. Le mardi 8 octobre, Laurent Jalabert est le premier à débarquer à Lugano. La majorité de l’équipe arrive le lendemain. Richard Virenque arrivera le jeudi. Le mercredi, Laurent Jalabert part faire une longue sortie d’entrainement. En partant, il croise le Belge,  Johan Museeuw qui, lui aussi, souhaite rouler. Johan Museeuw dira plus tard que près de Saint Moritz, soit à trois heures de Lugano, Laurent Jalabert ne parle toujours pas de faire demi tour. Il vont finalement faire une sortie de 7 heures. Johan Musseuw dira qu’il a passé 4 heures dans la roue du Français qui était une jambe au dessus. Le jeudi,  dans le hall de l’hôtel,  Guy Roger, journaliste du journal l’Equipe tend le journal à Luc Leblanc qui peut y lire ses propres paroles : Pour que je roule pour Richard Virenque, il faudra qu’il soit beaucoup plus fort que moi. S’il n’est pas plus fort que moi, je ne brulerai pas une calorie pour lui. En découvrant les propos de Luc leblanc , Richard Virenque très énervé décide de faire une sortie de 5 heures au lieu des 3 prévues. L’ambiance au sein de l’équipe ne s’arrange pas lorsque tout le monde découvre, le lendemain, dans l’Equipe les propos de Richard Virenque qui déclare vouloir que Luc Leblanc se rappelle comment il s’est comporté en Sicile, qu’il ait juste un peu de mémoire et si, un jour, il doit renvoyer l’ascenseur c’est peut être dimanche qu’il doit le faire.  Voyant cela, Bernard Thevenet  convoque individuellement Laurent Jalabert, Richard Virenque et Luc Leblanc. Il voit ensuite les trois ensemble  puis toute l’équipe pour recoller les morceaux. Le jour J,  les consignes sont appliquées. Benoit Salmon est le premier à se porter à l’avant pour un raid de 105 kilomètres. A 84 kilomètres de l’arrivée, Pascal Hervé lance la grande offensive et il entraine avec lui 11 coureurs. L’avance des 12 hommes de tête monte à  deux minutes. Bernard Thevenet annonce sur la radio de l’équipe de France : Je viens de monter au peloton, Laurent Jalabert et Luc Leblanc m’ont dit qu’ils n’étaient pas au mieux. Seul Richard Virenque peut tenter quelque chose.  Laurent Jalabert dira plus tard qu’il n’a jamais informé Bernard Thévenet sur son état de forme à ce moment de la course.  Aucune consigne n’est donnée aux coureurs Français et seuls les Italiens lancent la poursuite mais, à l’avant, Johan Musseuw et Mauro Gianetti, l’équipier de Luc Leblanc, sont partis. Ils ne seront pas revus.  Richard Virenque termine 5ème, à 30 secondes de Johan Musseeuw. Laurent Jalabert est 7ème, à 1′ 26″ et Luc Leblanc 18ème, à 1′ 29″. A ne pas vouloir désigner de leader unique la France est passée à côté.

Le 17 octobre, Luc Leblanc termine 5ème du Tour du Piémont, à 31 secondes de Richard Virenque.

Il termine sa saison en prenant la 41ème place du Tour de Lombardie, à 12′ 06″ d’Andrea Tafi.

Tour de France 1996 - Etape Le Puy En Velay - Superbesse - Luc Leblanc et Richard Virenque (Photo Getty Images)
Tour de France 1996 - Luc Leblanc vainqueur aux Arcs

1997 – De belles places sur les classiques. Un beau début de Tour d’Italie brutalement stoppé sur chute. Un Tour de France, à nouveau,  dans la galère suite à de nouveaux problèmes physiques.

Luc Leblanc débute la saison 1997 avec, toujours le maillot Polti sur les épaules. Le 4 février, il prend la 59ème place du Grand Prix de la Marseillaise, à 18′ 53″ de Richard Virenque.

Le 18 février, il dispute le Trophée Laigueglia qu’il termine à la 69ème place, à 2′ 49″ de Michele Bartoli.

Le 19 février, il termine 20ème de la Coupe Alassio, à 12 secondes de l’Italien Gabriele Balducci.

Le 23 février, il prend la 126ème place de la Classique Haribo, à 2′ 10″ de Frédéric Guesdon.

Le 12 mars, il est présent, à Sorrente, au départ de Tirreno Adriatico. Il se classe 8ème de la 2ème étape Venafro – Pescasseroli, dans le même temps que le vainqueur, l’Italien Davide Casarotto.

Le 22 mars, Luc Leblanc termine 107ème de Milan San Remo, à 3′ 07″ d’Erik Zabel.

Du 29 au 31 mars, il dispute le Critérium International. Il termine 10ème de la 2ème étape Mazamet – Pic de Nore, à 2′ 06″ de l’Espagnol, Marcelino Garcia. A l’issue des trois étapes, il se classe 9ème. Marcelino Garcia remporte la 66ème édition.

Du 7 au 11 avril, Luc Leblanc dispute le Tour du Pays Basque. Il se classe 8ème du contre la montre de 12,5 kilomètres disputé entre Mondragon et Salinas, remporté par Alex Zullé. Au classement général final, il prend la 7ème place, à 1′ 33″ d’Alex Zullé.

Le 13 avril, il termine 17ème de la Klasika Primavera de Amorebieta, remportée par l’Espagnol Mikel Zarrabeitia.

Le 16 avril, les Français se distinguent à la Flèche Wallonne. Laurent Jalabert triomphe en haut du Mur de Huy. Luc Leblanc prend la 2ème place, à 19 secondes.

Le 20 avril, Luc Leblanc termine 4ème de Liège Bastogne Liège, à 22 secondes de l’Italien Michele Bartoli.

Flèche Wallonne 1997 - Laurent Jalabert et Luc Leblanc

Du 28 avril au 1er mai, Luc Leblanc dispute le Tour du Trentin. Il remporte la 2ème étape Arco – Passo San Pelligrino devant Pavel Tonkov. Il remporte également le classement général devant le Russe Pavel Tonkov.

Du 6 au 11 mai, Luc Leblanc participe au Tour de Romandie.

Le 17 mai, il se rend à Venise pour prendre le départ du 80ème Tour d’Italie. Il a comme équipiers : Mirco Crepaldi, Fabio Sacchi, Enrico Cassani, Giuseppe Guerini, Axel Merckx, Rossano Brasi, Mirko Celestino, Mirko Gualdi. Serguei Outchakov. Le 19 mai, il termine 4ème du chrono de 18 kilomètres, disputé entre Santarcangelo de Romagna et Saint Marin. Il concède 37 secondes à Pavel Tonkov et se retrouve à la 4ème place du classement général.  Il prend la 2ème place de la 5ème étape Arezzo – Mont Terminello dans le même temps que Pavel Tonkov. Il occupe désormais la 2ème place du classement général derrière Pavel Tonkov. Par la suite, il prend la 8ème place de la 12ème étape La Spezia – Varazze, à 12 secondes de l’Italien Giuseppe Di Grande. L’Italien Ivan Gotti en remportant la 14ème étape s’empare du maillot rose. Luc Leblanc est alors  3ème du général, à 3′ 2″ de l’Italien. Il prend également la 10ème place de la 15ème étape Verres – Borgomanero, à 50 secondes de l’Italien Alessandro Baronti. Lors du chrono de la 18ème étape, disputé entre Baselga Di Piné et Cavalese, long de 40 kilomètres, Luc Leblanc rate un virage et percute violemment  un mur de pierre, en pleine descente. Il termine 25ème de l’étape, à 3′ 48″ du vainqueur, l’Ukrainien Serguei Gontchar. Il conserve tout de même sa 3ème place au général avec un retard de 4′ 6″ sur Ivan Gotti. Malheureusement, le lendemain, après avoir démarré l’étape avec un énorme pansement à la hanche droite, il est rapidement décroché du peloton et il préfère renoncé à 130 kilomètres de l’arrivée à Flazes. C’est son coéquipier, Giuseppe Guérini, qui le remplace alors à la 3ème place du généraL

Giro 1997 - Luc Leblanc et Pavel Tonkov (Photo Vélo Magazine).

Du 19 au 26 juin, Luc Leblanc participe au Tour de Catalogne. Il ne figure pas au classement général final.

Le 5 juillet, Il prend le départ, à Rouen, du 84ème Tour de France. Porteur du dossard 51, il a comme équipiers : Rossano Brasi,  Inigo Chaurreau, Mirco Crepaldi, Gerrit De Vries, Mirco Gualdi, Giuseppe Guérini, Serguei Outschakov et Gianluca Valoti.  Il faut attendre la 9ème étape entre Pau et Loudenvieille pour voir le nom de Luc Leblanc dans les communiqués. Soulor, Tourmalet, Aspin et Val Louron sont au programme des grimpeurs. Le peloton se dirige vers un brumeux col du Soulor à un rythme assez soutenu. Luc Leblanc est le premier attaquant dans cette ascension mais il se retrouve « dans le dur » au sommet, à 35″ d’un petit peloton de 30 coureurs mené par Laurent Brochard qui défend son maillot à pois. Il va terminer 178ème del’étape, dans le grupetto, à 33 minutes de Laurent Brochard.  Des douleurs sont apparues et la traversée des Pyrénées est pour lui, une véritable galère. Le lendemain, il est, à nouveau, dans le grupetto. Lors de la 12ème étape sur le chrono de 55 kilomètres à Saint Etienne, il semble se refaire une santé en terminant à la 24ème place, à 6′ 46″ de Jan Ulrich.  Le lendemain, sur l’étape Saint Etienne – Alpe d’Huez, il concède plus de 10 minutes à Marco Pantani. Luc Leblanc ne se présente pas au départ de l’étape suivante qui conduit les coureurs de Bourg d’Oisans à Courchevel.

Le 7 août, Luc Leblanc est présent au Bol d’Or des Monédières, non pas sur son vélo, mais sur la moto du speaker : Je retrouve le Limousin avec un immense bonheur et j’ai découvert, hier, une ville de Limoges très belle. Avec le traitement que je suis avec le professeur Couroy, à Paris, je pense reprendre la compétition vers le 20 août et peut-être postuler à une place en équipe de France pour le championnat du monde, à Saint Sébatien, en Espagne, si je m’estime en assez bonne condition. Au Tour de France, j’ai longtemps voulu croire que j’allais m’en sortir mais, c’était insupportable. Çà m’a pris dans le premier col des Pyrénées, le Soulor. J’ai attaqué au pied, je me sentais bien. C’est avant le sommet que la douleur s’est déclenchée. Cette fissure n’a rien à voir avec ma chute lors du contre la montre au Tour d’Italie en fait, c’est la conséquence de ma position sur le vélo. Je ferais un bilan, en fin d’année, avec le professeur Couroy qui envisage même une opération s’il y a lieu. De toute façon, je serais sur le prochain Tour de France pour monter sur le podium. Je ne terminerai pas ma carrière sans ce podium. 

Le 24 août, Luc Leblanc participe au Grand Prix de Suisse et il termine sa saison en disputant de nombreuses courses en Italie :  Je continue d’avoir des séances d’électro-stimulation. Tout va très bien. Je vais aborder la prochaine saison en étant débarrassé de tout souci. Ça va me changer. J’ai signé, à nouveau, pour deux ans chez Polti mais, c’est vrai que j’ai eu des contacts de la Française des Jeux, de TVM, de Kelme, de Once et de Banesto. Je suis satisfait de rester avec Gian Luigui Stanga. C’est lui qui m’a remis en selle, il y a deux ans. J’aimerais revenir sur le Giro pour ne pas rester sur un échec. Je sais que beaucoup de coureurs se sont grillés en enchainant Giro et Tour de France, mais, je n’aime pas rester sur pareille frustration. Le départ du Tour est reculé de deux semaine, à cause de la Coupe du monde, çà laisse, quand même, un sacré bout de temps de récupération. 

1998 – L’année trouble de l’affaire Festina. Luc Leblanc rate son Tour d’Italie et son Tour de France mais  il se console en étant vice champion de France.  Une maigre consolation et une brutale fin de carrière.

Toujours sous le maillot Polti, Luc Leblanc débute la saison 1998 lors de l’Etoile de Bessèges qui se dispute du 4 au 8 février. Il prend la 28ème place du classement général, à 37 secondes du Belge Jo Planckaert.

Il enchaîne avec le Tour Méditerranéen, du 11 au 15 février. Il prend la 26ème place, à 10′ 33″  de l’Italien Rodolfo Massi.

Le 28 février, il se classe 8ème au Trophée Pantalica, disputé en Italie, entre Solarino et Sortino. Il termine à 1′ 06″ de l’Italien Stefano Colagé.

Le 8 mars, Luc Leblanc se rend à Suresnes pour prendre le départ du 56ème Paris-Nice. Il est entouré de Enrico Cassani, Rossano Brasi, Axel Merckx, Fabrizio Guidi, Daniel Atienza, Jorg Jaksche, et Anthony Rokia. A l’issue des sept étapes, le meilleur représentant de l’équipe Polti est Axel Merckx qui termine 25ème, à 3′ 54″ de Frank Vandenbroucke. Luc Lebanc prend la 29ème place à 5′ 26″.

Du 28 au 29 mars, Luc Leblanc dispute le Critérium international, dans les environs de Castres et de Mazamet.  Il échoue au pied du podium en prenant la 4ème place du classement général final,  remporté par Bobby Julich, devant le coéquipier de Luc Leblanc, Davide Rebellin.

Le 3 avril, il termine 11ème du Trofeo Comunidad Foral de Navarra appelé aujourd’hui Grand Prix Miguel Indurain, dans le même temps que Francisco Mancebo.

Du 6 au 10 avril, Luc Leblanc dispute le Tour du Pays Basque. Il termine au 12ème rang, à 2′ 53″ d’Inigo Cuesta.

Le 15 avril, Il est au départ  de la 62ème édition de la Flèche Wallonne. En haut du Mur de Huy, il prend la 6ème place, à 17 secondes du Suisse Bo Hamburger.

Le 19 avril, il termine 57ème de Liège Bastogne Liège, à 5′ 31″ de Michele Bartoli.

Du 27 au 30 avril, il dispute le Tour du Trentin. Il termine 18ème, à 2′ 49″ de Paolo Savoldelli.

Le 3 mai, en Suisse, il termine 9ème du Tour du Canton d’Argovie, dans le même temps que Michele Bartoli.

Toujours en Suisse, du 5 au 10 mai, Luc Leblanc dispute le Tour de Romandie. Il se classe 8ème de la 1ère étape Rheinfelden – Saignelégier, à 4 secondes de Laurent Dufaux. Il prend la 6ème place de la 3ème étape Montreux – Veysonnaz, à 43 secondes de Laurent Dufaux. Au classement général final, il termine 7ème, à 2′ 11″ de Laurent Dufaux.

En cette saison 1998, Luc Leblanc a décidé de tout miser sur le Tour d’Italie dont le départ est donné, le 16 mai, à Nice. Dans les colonnes du Populaire du Centre, il livre ses ambitions, peu avant le départ : Pour ma 12ème saison, un podium au Giro, concrétiserait l’ensemble de ma carrière. En 97, déjà, sans ma chute, j’aurais pu terminer dans les 3 premiers. Y parvenir, cette année, serait la cerise sur le gâteau. Je ne m’emballe pas trop. Pour reprendre du temps à Alex Zulle, après les chronos, il faudrait que je fasse des supers numéros en montagne et que je le laisse, à chaque fois, à trois ou quatre minutes. J’aborde le Giro d’une manière différente cette année. Je n’ai pas reconnu les cols et je découvrirai, le livre de route, au fil des étapes. Ma démarche est totalement inverse de celle d’un Alex Zulle qui s’est astreint à reconnaitre toutes les étapes clés. Moi, cette méthode ne me réussit pas trop. Au contraire, chaque fois que je n’ai pas préparé un grand tour cela a très bien fonctionné pour moi. Avec Giuseppe Guerini nous serons deux coureurs protégés, sur le même pied d’égalité. Des rumeurs circulent comme quoi une équipe Française voudrait bien m’engager mais, je n’ai pas l’intention de quitter Polti. Il me reste deux ans de contrat. 99 sera donc ma dernière saison, à moins qu’en 2000, une équipe Française souhaite m’engager mais, je ne pense pas revenir sur ma décision. 

A Nice, Luc Leblanc retrouve ses équipiers : Giuseppe Guerini, Enrico Cassani, Mirko Gualdi, Cristian Salvato, Davide Rebellin, Fabrizio Guidi, Silvio Martinello et Gianluca Valoti. Luc Leblanc se distingue lors de la première étape de montagne entre Maddaloni et Lago di Laceno. Marco Pantani s’échappe dès les premiers kilomètres de l’ascension finale  vers le lac de Laceno. et part seul en tête. Deux coureurs sont partis à sa poursuite et semblent sur le point de le reprendre : Michele Bartoli, porteur du maillot rose et Luc Leblanc. Soudain, Alex Zülle sort du peloton, rejoint et lâche, en un clin d’œil, les trois hommes de tête. Il remporte une superbe victoire d’étape et récupère le maillot rose. Luc Leblanc prend la 3ème place de l’étape, à 24 secondes d’Alex Zulle. Il remonte à la 3ème place du classement général. Par la suite, Luc Leblanc prend la 8ème place de la 11ème étape disputée entre Macerata et Saint Marin. Il termine à 10 secondes, d’Andrea Noé et il occupe toujours la 3ème place du classement général. Deux jours plus tard, il termine 10ème de la 13ème étape disputée entre Carpi Schio, à 16 secondes de Michele Bartoli. Il occupe désormais la 8ème place du classement général à 1′ 19″, d’Andrea Noé. La 17ème étape,  entre Asiago et Seva, connait un revirement de situation. Alex Zullé, porteur du maillot rose,  perd plus de quatre minutes sur un duo composé de Marco Pantani et de l’équipier de Luc Leblanc, Giuseppe Guérini lequel remporte l’étape. Luc Leblanc termine à la 62ème place à plus de trente minutes.  Marco Pantani s’empare du maillot rose qu’il va conserver jusqu’à Milan. Luc Leblanc termine à la 34ème place, à 58′ 41″ de Marco Pantani. Giuseppe Guerini monte sur la 3ème marche du podium derrière Pavel Tonkov. Durant ce Tour d’Italie, Luc Leblanc a sans doute pensé au Tour de France 1991 et à sa rivalité avec Laurent Fignon. En 1991,  Luc Leblanc était le jeune loup face au vieux lion Laurent Fignon et leur directeur sportif, Cyrille Guimard, a sciemment utilisé l’émergence de Luc Leblanc pour bousculer un  Laurent Fignon qu’il jugeait sur le déclin et trop installé dans son confort. Sur le Tour d’Italie 1998, le jeune loup est Giuseppe Guérini et le vieux lion Luc Leblanc. Leur directeur sportif Gianluigi Stanga contrairement à Cyrille Guimard qui jouait sur le côté psychologique de ses coureurs, a appliqué une logique froide. Luc Leblanc a été rétrogradé au rôle de lieutenant dès l’instant où sur la 17ème étape, Luc Leblanc a été dans l’incapacité de suivre Marco Pantani alors que Giuseppe Guérini a été le seul coureur à pouvoir le faire.

Du 25 juin au 2 juillet Luc Leblanc dispute le  Tour de Rhénanie-Palatinat, une épreuve par étape qui se dispute en Allemagne. Il se classe 4ème de la 6ème étape  entre Simmern et Wittlich, dans le même temps que le Norvégien Steffen Kjaergaart. Au classement général final, il termine 4ème, à 54 secondes de Lance Amstrong.

Le 5 juillet, sur les hauteurs de Clermont Ferrand se déroule le championnat de France. Le circuit sélectif d’une longueur de 19,3 kilomètres se compose d’une portion globalement descendante dans sa première moitié puis d’une ascension, en deux temps, dans sa seconde moitié. La côte est longue de kilomètres, avec des portions à 15 % et 17 %, pour un dénivelé global de 475 mètres sur un tour. Les coureurs doivent boucler onze tours de circuit, soit un total de 212,3 kilomètres. La bonne échappée est lancée au sixième tour par Richard Virenque et Laurent Jalabert. Finalement, six coureurs s’accrochent : Pascal Hervé, Luc Leblanc, Stéphane Heulot, Xavier JanChristophe Rinero et Jean-Cyril Robin. Au septième tour, Xavier Jan et Christophe Rinero sont décrochés. Au neuvième tour, Pascal Hervé, sur incident mécanique et Jean Cyril Robin décrochent, à leur tour. Richard Virenque et Stéphane Heulot sont aussi lâchés mais ils reviennent dans la partie descendante. Le même scénario se reproduit dans le dixième tour, à la suite d’une accélération de Luc Leblanc. Dans le onzième tour, Laurent Jalabert attaque et cette fois-ci Richard Virenque et Stéphane Heulot sont définitivement lâchés. Le titre se joue, au sprint, entre Luc Leblanc et Laurent Jalabert. Ce dernier, nettement supérieur à son adversaire dans cet exercice, s’impose. Luc Leblanc applaudit son adversaire en franchissant la ligne d’arrivée. Richard Virenque distance Stéphane Heulot pour le gain de la médaille de bronze. Cette course ne voit que 25 coureurs atteindre l’arrivée, sur 136 au départ.

Le 11 juillet, Luc Leblanc  est à Dublin pour prendre le départ du Tour de France. Cette 85ème édition va rester dans les annales non pas pour les exploits sportifs mais par le scandale causé par l’affaire Festina. Au départ, à Dublin, Luc Leblanc, porteur du dossard 141, est accompagné de Rossano Brasi, Mirko Crepaldi, Fabrizio Guidi, Leonardo Guidi, Jorg Jaksche, Silvio Martinello, Axel Merckx et Fabio Sacchi. Le vendredi 17 juillet, à l’issue de la 6ème étape La Châtre – Brive La Gaillarde remportée par Mario Cipollini,  l’équipe Festina est exclue du Tour. Le lendemain, Luc Leblanc prend la 12ème place du chrono disputé en Corrèze entre Meyrignac l’Eglise et Corrèze. Il termine à 2′ 45″ de Jan Ullrich. Le 21 juillet, lors de l’étape Pau – Luchon, Luc Leblanc démarre dès les premières rampes de l’Aubisque  mais il est repris. Après le Tourmalet et l’Aspin, le peloton aborde le dernier col, celui de Peyresourde. A l’avant de la course, Rodolfo Massi démarre à 6 kilomètres du sommet. Dans le peloton, les Telekom prennent les choses en main et durcissent la course. Jan Ulllrich place une accélération qui fait la sélection par l’arrière. A 2 kilomètres du sommet c’est Marco Pantani qui part seul. Au col de Peyresourde les passages sont les suivants : Rodolfo Massi en tête, à 38″ Marco Pantani, à 1’02″ Fernando Escartin, à 1’20″ le groupe Jan Ullrich avec Bjarn Riis, Giuseppe Di Grande, Leonardo Piepoli, Luc Leblanc, Bobby Julich, Michael Boogerd, José Maria Jimenez et Jean Cyril Robin. A Luchon, Luc Leblanc prend la 11ème place, à 59 secondes de Rodolfo Massi ce qui lui permet de remonter à la 5ème place du classement général, à 3′ 03″ de Jan Ullrich. Le 24 juillet, les coureurs manifestent et s’arrêtent peu après le départ  pour protester contre la médiatisation des événements liés au dopage. La course va cependant reprendre. Le lendemain, au sommet du plateau de Beille, Luc Leblanc prend la 15ème place, à 2′ 53″ de Marco Pantani. Le 25 juillet, lors de l’étape Frontignan – Carpentras, au sommet du col de Murs (km 173.5), il reste 22 kilomètres à couvrir et les échappés passent 3’55″ avant le peloton duquel Luc Leblanc s’est extrait dans la montée. A un kilomètre du sommet Luc Leblanc, porté par les vivas du public, redouble d’efforts et relance en danseuse, pour franchir le col des murs, 36 secondes avant Jan Ullrich et ses équipiers. Il est repris dans la descente. Le 27 juillet,  à l’issue de l’étape Grenoble – Les Deux Alpes, Marco Pentani s’empare du maillot jaune. Luc Leblanc qui termine 17ème de l’étape à 6′ 46″ est désormais 8ème du général, à 8′ 01″ de Marco Pantani. Le 28 juillet, entre Vizille et Albertville, Luc Leblanc doit se contenter de la 66 ème place, à 25′  54″ de Jan Ullrich et il rétrograde à la 29ème place du classement général. Le 29 juillet, c’est la confusion totale, après la garde à vue des coureurs de l’équipe TVM, la tension monte au village départ.  13h15 : les coureurs se mettent en route sur l’insistance de Jean Marie Leblanc. 13h30 : le départ réel est donné sous le soleil. 14h30 : le peloton roule à 24 km/h dans la première heure. 14h51 : la tête du peloton s’arrête au km 32, avant le sprint intermédiaire. 15h07 : les coureurs repartent, la plupart sans dossard. Les Once décident d’arrêter, Jalabert en tête. 15h40 : Bjarne Riis, porte-parole du peloton, discute en roulant avec Jean Marie Leblanc pour obtenir des auditions dignes pour la suite. 15h55 : 2ème arrêt du peloton, Bjarn Riis rend compte pendant 10 minutes de sa discussion avec le directeur du Tour. 16h05 : départ en convoi pour terminer l’étape. 17h30 : au ravitaillement de Lescheraines (km 80.5) les Banesto renoncent à leur tour. 19h30 : le peloton passe la ligne, les TVM en tête se tenant la main. Les hôtels continuent à être perquisitionnés, des produits dopants trouvés etc… Rodolfo Massi est mis en garde à vue. Le lendemain, on apprend que les Kelme et les Vitalicio quittent également le Tour. Les TVM profiteront du passage en Suisse pour abandonner. Laurent Jalabert a préféré abandonner entre Albertville et Aix-les-Bains, et comme je suis solidaire de Jaja, c’est moi qui ne serais pas là au départ d´Aix », lance Luc Leblanc peu après son arrivée, au Novotel, de Chambéry. Le matin du 30 juillet 1998, à Aix-les-Bains, Luc Leblanc prend tout le monde de court. Marqué par la grève des coureurs de la veille, par les perquisitions policières à répétition et par une rumeur persistante selon laquelle il allait, lui-même, être entendu par la police en tant qu’ancien membre de Festina, il décide brusquement de ne pas signer la feuille de départ. La direction sportive de l’équipe Polti se retrouve devant le fait accompli, n’ayant pas été prévenue. Un acte que son manager, Gianluigi Stanga, ne cautionne absolument pas :  C´est un choix personnel, mais il aurait été préférable que Luc continue jusqu’à Paris, par respect pour son public et pour celui du maillot jaune Marco Pantani.

On retrouve Luc Leblanc au départ du Tour du Limousin, le 18 août, à Limoges. Il va animer la première étape Limoges – Aubusson et va prendre la 11ème place, dans le même temps, que le vainqueur Christophe Rineiro : J’ai pris le bon wagon parce que je voulais faire les grimpeurs. Pour le reste, je n’ai guère, pour ne pas dire pas roulé depuis le Tour de France, à l’exception de quelques critériums donc, je suis assez content de ma journée.  Maintenant, je risque d’être un peu juste dans deux ou trois jours. Au classement général final, Luc Leblanc termine à la 13ème place, à 58 secondes de Vincent Cali. Il remporte le classement de la montagne.

Le 24 août, Luc Leblanc termine 2ème du Circuit de l’Aulne, remporté par  Marco Pantani. A 25 kilomètres du but, Franck Vandenbrouke provoque le bon coup. Il entraine avec lui, Luc Leblanc, Marco Pantani, Stéphane Heulot, et Laurent Madouas. Michele Bartioli et Andrea Taffi parviennent à faire la jonction. Dans le final, Marco Pantani et Luc Leblanc se détachent. Marco Pantani remporte le sprint sur le fil et Luc Leblanc sort vainqueur à l’applaudimètre : Après ce que nous venons de vivre sur le Tour, la chaleur du public est le meilleur réconfort. Nous en avions vraiment besoin. 

Le 26 août, Luc Leblanc s’impose au Critérium du Journal l’Alsace  à Colmar en devançant Richard Virenque et Christophe Mengin.

Conséquence de son abandon du Tour de France, à la fin de la saison alors que Luc Leblanc est encore sous contrat, les responsables de l’équipe Polti souhaite se séparer de lui d’autant plus qu’ils recrutent Richard Virenque. Luc Leblanc se retrouve au chômage. C’est une fin de carrière brutale qu’il n’avait pas envisagé.

La suite sera pour lui parsemée d’embûches et de procédures. Plusieurs années plus tard, Luc Leblanc obtient gain de cause suite à son licenciement brutal de l’équipe Polti. Il est indemnisé mais malheureusement le fisc va tout récupérer.

 

Tour de France 1998 - Luc Leblanc à l'attaque dans le col de Murs - (Photo Vélo Magazine)

Luc Leblanc : une carrière atypique.

Luc Leblanc aura connu une carrière particulièrement atypique. Il est arrivé chez les pros avec une envie folle de tout vouloir dominer. Comme en parallèle, il s’exprimait très librement, sans pratiquer la langue de bois, les cadors de l’époque n’ont pas apprécié. Voir un petit jeune aussi ambitieux n’a pas été accepté par les anciens. En obtenant des résultats probants dès ses premières courses, Luc Leblanc s’est trouvé rapidement rejeté par le milieu pro. Il a eu la malchance de débuter sa carrière à la fin des années 80. Force est de constater que les mentalités ont beaucoup changé depuis ces années. L’arrivée de Paul Seixas est là pour en témoigner. Aujourd’hui, beaucoup de coureurs découvrent le milieu pro à un âge encore plus jeune que Luc Leblanc et il n’y a plus de réactions de rejet. On ne peut aussi que constater qu’un certain nombre de directeurs sportifs ont habilement su tirer profit de ses énormes capacités physiques tout comme ils ont joué avec  ses faiblesses lorsqu’ils ont voulu se séparer de lui.

En se replongeant dans la carrière de Luc Leblanc, on est frappé par son évolution en dents de scie. Luc Leblanc était capable des plus gros exploits comme il pouvait du jour au lendemain totalement s’effondrer. Sa sensibilité, ses trop rapides prise de décisions et son anxiété permanente relative à sa forme physique peuvent peut être l’expliquer.  Sur ce dernier point, les témoignages d’Yves Hézard et du docteur Porte sont très révélateurs. Yves Hézard : Avant de le retrouver chez Toshiba, j’ai dirigé Luc Leblanc en équipe de France amateurs. Je me souviens qu’un rien pouvait le déstabiliser. Lors d’un mondial au Colorado, sa tension artérielle avait légèrement augmenté à cause de l’altitude. Malgré l’explication rationnelle du phénomène, il passait son temps au téléphone avec sa mère ou son médecin pour être certain que tout était normal. Dans l’équipe Toshiba, il se faisait souvent charrier pour son côté fils à sa maman. Comme l’équipe était composée de fortes personnalités, il a vite manqué d’oxygène. (Vélo Magazine). Docteur Porte : Une année sur le Tour, Pierre Salviac avait suivi le service médical pour en tirer un reportage. Je lui ai dit :  tu verras, tous les jours, on aura la visite de Luc Leblanc. Et, en effet, tous les jours que Pierre Salviac nous a accompagné, Luc Leblanc est venu nous voir. Cette année, il s’est plaint d’une jambe, en Angleterre, puis d’un mal de dent. Il voulait absolument voir un dentiste. Il était au bord de l’abandon. Il a constamment besoin d’être rassuré et une explication suffit parfois à le guérir.  (Vélo Magazine).

L’accident dramatique dont il a été victime lorsqu’il avait onze ans et dans lequel son jeune frère a trouvé la mort, peut aussi expliquer cette extrême sensibilité qui le caractérise et qui lui a fait prendre des décisions hasardeuses notamment dans le choix de ses équipes.  L’entourage familial, bien évidemment, traumatisé par cet accident a également joué un rôle sur la carrière de Luc Leblanc. Aurions nous eu, une attitude différente si nous nous avions vécu une telle tragédie, personne ne peut raisonnablement affirmer le contraire.

Luc Leblanc a aussi, malheureusement, traversé de plein fouet, la période EPO et comme beaucoup d’autres coureurs de sa génération, il a subi cette période, pris dans un engrenage infernal.

Durant toute sa carrière, Luc Leblanc s’est trouvé confronté à de nombreuses polémiques, pas toujours justifiées. Celles ci ont commencé dès sa première saison pro et elles l’ont poursuivi jusqu’à la fin de sa carrière. C’était dans les années 80 – 90, à une époque, où il n’y avait pas de réseaux sociaux avec les dérives que l’on connait. Qu’en serait il aujourd’hui …..

Toutes ces remarques  ne sont toutefois que des analyses futiles, sujettes à discussion. Ce qu’il faut retenir surtout de Luc Leblanc, c’est qu’il fait partie des trois meilleurs coureurs Limousins de tous les temps avec Raymond Poulidor et André Dufraisse.  Son titre de champion du monde, son titre de champion de France, le port du maillot jaune, ses victoires d’étapes à Hautacam et aux Arcs sont là pour en témoigner.

 

Sources des données retranscrites et photos  : Archives du Populaire du Centre, Miroir du Cyclisme –  Cyclisme Magazine – Vélo Magazine – Sites : Mémoire-du-cyclisme – Pro Cycling Stat – Le Site du Cyclisme – Veloquercy – Retro Vélo Dordogne –

Maquettes des maillots : Mémoire-du-cyclisme. Jean Louis Bey.